‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 261 sur 367 · InstrncUoDS du 4 wlobre 143i. Ms.. fr · texte numérisé non relu

InstrncUoDS du 4 wlobre 143i. Ms.. fr

!. Lcltres de Charles VII données à Tours le 13 septembre 1434.— Le Roi avait stipulé que, dans le cas où Regnault Girard trouverait , en Ecosse de meilleures conditions pour le passage que celles qui avaient été convenues avec Jacques Puver, il sérail libre de résilier le marclié. — Pai' letlres en dale du !8 septembre 1434, le Roi aulonsa Re^aull Girard à passer un nouveau marché en Ecosse , s'il y avait lieu.

3. Renault Girard dit qu'il j vint « soubdainement. » Le Roi tenait i ce que les choses se ilssenl rapidemenl.

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graos pleurs d'une part et d'autre. » Rcgoaitlt monta sur UQ baleiaier du nom de MaHe, dont, dit-il, le inattre, « emprès Dieu,.» était TassinPctcl. Tant en « pens de terre que de mep„» on était au nombre de soixante-trois.

Nous ne suivrons pas les ambassadeurs dans les péripéties de la traversée, signalée par une « grande et merveilleuse tourmente M qui dura cinq jours et cinq nuits, et lança le navire en plein Océan, à plus de cent lieues des eûtes d'Irlande. C'est seulement le 8 janvier, après avoir relâché pendant six semaines en Irlande, qu'on atteignit le rivage d'Ecosse. Dès le lendemain, les ambassadeurs furent conduits par Hue Kennedy chez une de ses parentes, dont le fils avait servi dans lagarde écossaise, et qui, < pour l'honneur du Hoi, >> leur lit h très bonne chère. » lis allèrent ensuite accomplir un vceu que, dans leur détresse, ils avaient fait à saint Trignan, au pays de Galles : ils déposèrent, dans l'église où 'ce saint était vénéré , une nef d'argent aux armes de Charles VU. De là ils se rendirent à Dumbarton, où ils attendirent les ordres du roi d'Ecosse.

Pendant ce temps, Kennedy leur préparait une entrée digne du souverain qu'ils représentaient. Il convoqua le ban et l'arrière-ban de ses parents et de ses amis : de cette façon, les ambassadeurs eurent une suite d'au moins soixante chevaux. C'est le ^ janvier qu'ils tirent leur entrée dans la capitale dé l'Ecosse, accompagnés de l'évêque de Brechin et d'autres conseillers du roi Jacques, venus au devant d'eux jusqu'à Glascow. Le lendemain, ils eurent audience du roi , qui les reçut « grandement et honorablement. » Begnault Girard exposa l'objet de sa mission , en présence d'une notable assemblée de seigneurs et de gens d'église.

Les négociations furent aussitôt, ouvertes entre les ambassadeurs de Charles Vli et les conseillers de Jacques I"". Cinq à six jours s'écoulèrent, sans qu'on pût arriver à une conclusion. Le roi Jacques interrompit la conférence, et la prorc^a au 21 février à Sainl-Johnston, voulant, dit-il, s'entendre auparavant avec la reine. Les ambassi^deurs trouvèrent à Saint- Johuslon le roi et la reine d'Ecosse et la princesse Marguerite. Après la remise des lettres missives du Roi, les pourparlers

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1435 LA DIPLOMATtE DE CHARLES VII DE 143i A 1435- 499

furent repris. On tint plusieurs réunions , et enfin on arriva à HQ accord, moyennant qu'on se bornât à régler ce qui concernait le passage de la Dauphine.

LaconTontion, sîgaée de la main du roi d'Ecosse, porte la date du 26 février 1435. Il était stipulé que ta Dauphine passeraaten France avant le mois de mai suivant, et s'embarquerait à Dumbarton , accompagnée de deux mille combattants pour assurer la sécurité de sa personne; que les navires seraient fournis par le Roi , il ses frais , dans le délai voulu, et garnis de vivres ; que les deux mille hommes seraient fournis et avitaillés par le roi d'Ecosse ; que si le Roi voulait employer ces deux mille hommes, ils pourraient rester en France, et que s'il ne les gardait pas, le- roi d'Ecosse pourvoirait à leur retour'; que la Dauphine et sa suite devraient s'embarquer dans le mois qui suivrait l'arrivée des navires à Dumbarton, et qu'un dédommar gemcnt serait donné aux marchands et aux maîtres des navires si on les faisait attendre. Le roi d'Ecosse désirait savoir quelle demeure serait assignée à sa fille en France jusqu'à la consommation du mariage, et demandait qu'une résidence fût fixée, où elle serait gardée par un des siens et entourée de dames d'Ecosse et de ses serviteurs ; il consentait à ce que la Dauphine se rendît près du Roi et de la Reine toutes les fois qu'il leur plairait, et à ce qu'on lui donnât une maison française, •< pour lui apprendre son estât et les manières par delà. » Jacques demandait enfin que, pour la sécurité de sa fllle, on envoyât une galère, garnie de « vogueurs et arbalestriers, » en plus des navires nécessaires pour les deux mille hommes, s'engageant d'ailleurs, pour alléger les chaînes du Roi, à fournir les navires de ceux qui ne serviraientpasàla «défense» et à les avitailler.

Marlineau et Kennedy, accompagnés de Joachim Girard, fils de Regnault, partirent aussitôt pour la France, afin de tout disposer. Un poursuivant du roi d'Ecosse leur fut adjoint, avec mission de rapporter la réponse de Charles VII '. Regnault de-

1. Le Roi devait aviser le roi d'Ecosse de ms ialenllons avaot le départ, et lui fïire sxvoii' quel « appolnfemeat d on fcniil ï ses troupes si eHes résistent en France, u car, ilisait-il, il ne reult poJnl envoyer gens qui plient el dérobent le ro;raiuiie de 5on dit FTère. s

3. On Iroiivc dans les Rolls (t. IV, p. 671) un paiement Tait peur l'avitaUleiuent d'un navire allant en Fraoce (compte du 11 juin U3f au 3S juillet 1435), et pour l'envoi d'un ambassadeur en France (p. G10).

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meura seul en Ecosse , « non sans grand enauy et desplaisir, » Pour mieux faire aa cour à la Dauphine, il se fixa à Stirling, lieu où résidait la princesse, et occupa ses loisirs en visitant les principales villes d'Ecosse. Partout , raconte-l-il , il fut si bien reçu, « pour honneur du Roi, » et se vit l'objet de tant de témoignages de sympathie de la part de toutes les classes de la population, qu'il lui semblait qu'il ne pouvait y avoir de meilleurs ni plus loyaux Français.

A la fin de mai 1435, n'ayant encore aucunes nouvelles de France , l'ambassadeur se rendit près du roi Jacques, et obtint que le délai fixé fût prorogé jusqu'au 20 septembre.

Enfin Martineau arriva, accompagné du poursuivant Dragance. Il était porteur d'une lettre de Charles Vil pour le roi d'Ecosse et d'Instructions adressées, ainsi qu'une lettre, à Regnault Girard, en date des 28 mai et 2 juin. Le Roi chai^cait ses ambassadeurs de faire savoir au roi d'Ecosse que ses mesures étaient prises avec Jacques Puver pgurle transport de la Dauphine avec son escorte de deux mille hommes, et que la flotte quitterait le 15 juillet le port de La Rochelle; qu'il fournirait le pain, le biscuit, le sel, le vin et autres breuvages, et que le roi d'Ecosse aurait à fournir le reste, ainsi que cela avait été convenu. Le Roi remerciait de l'offre qui avait été faite de laisser les deux mille hommes à son service, mais il déclinait cette otfre, et demandait le rembarquement immédiat des troupes aussitôt après l'arrivée de la Dauphine ; il avait d'autant moins besoin d'un secours armé qu'une « journée » était fixée au 1" juillet, à Arras, pour traiter de paix finale avec le roi d'Angleterre et le duc de Bourgogne ; le Roi devait avoir de notables représentants à cette « journée, » et il en ferait connaître le résultat au roi d'Ecosse, lui donnant l'assurance qu'il ne serait rien fait au préjudice de l'alliance existant entre la France et l'Ecosse. Le Roi envoyait en Espagne pour avoir la galère demandée, et il écrivait à ce sujet à son frère le roi d'Espagne, dont il attendait sous peu les ambassadeurs, avec lesquels il allait poursuivre la chose « à toute diligence. » Si la galère était arrivée le 15 juillet, le Roi la ferait partir avec les autres vaisseaux; et s'il ne pouvait se la procurer, il enverrait

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un aavire pouvant transporter deux mille hommes, « boi legier et le meilleur et le plus seur qu'il se pourra trouver t toute la ooste d'Espagne. » Quant à la résidence de la Dauphin , le Roi avait l'intention de faire venir immédiatement la prit cesse auprès de lui, et de procéder aussitôt in la célébration d mariage. La Dauphiae résiderait près de la Reine, comme : fille, afin de pouvoir apprendre les états et manières de Fran& il ne semblait pas au Roi u chose honneste et convenable qu'elle demeurât ailleurs qu'avec la Reine ; il n'y avait doi pas lieu de lui assigner un lieu de résidence.

Le 12 septembre 14.35, la (lotte française abordait à Duc barton, où se trouvèrent Hue Kennedy et Joacbim Girard. Li deux envoyés revinrent avec une lettre missive du Roi pour roi d'Ecosse, et des mandements et instructions pour Regnau Girard. Dans sa lettre, le Roi se déclarait très joyeux des a rangements pris avec ses ambassadeurs pour la venue de Dauphine ; il annonçait l'envoi de la flotte, garnie de tout ce q était nécessaire, et priait le roi Jacques de faire partir la prii cesse, que le Roi appelait déjà sa fille, le plus diltgemme qu'il serait possible; des ordres avaient été donnés pourqu'el fût reçue à La Rochelle ainsi qu'il appartenait à son honneur à celui du roi Jacques, tellement que celui-ci en serait bit content et joyeux, et qu'il pourrait connaître le plaisir qi le Roi prenait à la venue de la princesse, et à l'entretien accroissement des bonnes alliances, amitiés et confédératioi existant entre les deux couronnes '.

La lettre adressée à Regnault Girard portail la date d 13 juillet. Le Roi lui faisait savoir que tout ce qui avait é convenu en Ecosse était ratifié; il lui envoyait le double dt instructions remises à Aymeri Martineau , pour le cas où que que empêchement surviendrait à celui-ci; il lui adressait e outre d'autres instructions et des pouvoirs , afin qu'il pût e user si besoin était; il lui recommandail de l'aviser sans retai de l'époque où la Dauphine arriverait à La Rochelle.

Les lettres de pouvoir auxquelles le Roi faisait allusio

I. Lettre sans date, iasMa dans U RelatioD de RegoauH Girard.

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étaient datées du lH juillet. Le Roi y déclarait que, pour mettre à exécuUoii les coQveuUoDB faites avec le roi d'Ecosse et arriver à 1' « accomplissement et perfection » du mariage du Dauphin avec Marguerite, il avait fait disposer des vaisseaux , en grand nombre, et qu'il envoyait au l'ai d'Ecosse ses ambassadeurs pour ramener la princesse en la présente saison, conformément à ce qui avait été convenu ; il donnait donc pouvoir et mandement spécial à Kegnault Girard de requérir et prier 'le roi d'Ecosse d'envoyer sa fille au port de La Rochelle, aûo de faire et solemniser ledit mariage, et le consommer en temps voalu et convenable, conformément aux traités sur ce faits, et, pour cela, de régler tous les points de détail.

Dans ses nouvelles instruetionB à ses ambassadeurs, en date du 13 juillet, le Roi les chargeait d'exposer tout ce qu'il avait fait pour assui-er l'accomplissement de la convention du 26 février; il n'avait pu envoyer de galère, comme le roi d'Ecosse le lui demandait , car les rois de Castille et d'Aragon étaient toujours en guerre, et cela rendait très difficile de faire sortir des navires des ports d'Espagne ; le Roi n'avait même pas encore la réponse au message qu'il avait envoyé. Les ambassadeurs devaient insister- pour un prompt départ. Si l'on disait en Ecosse que le Roi eût dû envoyer quelques grands seigneurs pour accompagner la princesse, ils avaient chai-ge de répondre qu'après avoir eu à ce sujet plusieurs conseils et délibérations, il avait semblé que cela ne devait point se faire, aux termes du traité de mariage, et que c'eût été plus contraire à l'honneur du roi d'Éeosse que si l'on avait î^i autrement ; mais qu'une fois descendue dans son royaume, la Dauphine serait tellement reçue et accompagnée que l'honneur du Roi, aussi bien que l'honneur du roi d'Ecosse, seraient pleinement gardés. lia devaient s'employer de toutes leurs forces a empêcher que le roi d'Ecosse ne doun&t à sa fille une maison écossaise pour rester près d'elle, et devaient assurer le roi d'Ecosse que le Roi pour-" voirait à l'état de la Dauphine de façon à lui donner entière satisfaction , et,que le Roi et la Reine la traiteraient <c comme si elle estoit leur fille charnelle. » Si l'on ne pouvait faire

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autremeot, on s'arrangerait pour que la suite de la Dauphii fût réduite k une ou deux femmes et à autant d'hommes ; ca disait le Roi , « tant qu'elle aura avec elle des gens de i nation, elle ne apprendra voluntiers françoys, ou Testât de i royaume. » Le Roi chargeait aussi ses ambassadeurs < donner au roi d'Ecosse des nouvelles de ce qui s'était pasi depuis le départ d'Aymeri Martineau : la prise de l'abbaye de la ville de Saint-Denis, de Pont-Sainte-Maxence et de Ru « à la très grande confusion et diminution des ennemis adversaires du Roi, » et la défaite du comte d'A.rundel. Le R avait grand espoir que brièvenlent, « au plaisir et aide < Dieu, » ses gens feraient contre ses ennemis de grands exploi de guerre ; il avait envoyé sur ses frontières, tant du côté ( la Normandie comme au-delà de l'Oise et de la Heine, un grai nombre de gens de guerre, qui jusque-là vivaient sur ses pa; et les pillaient, ce qui avait fort soulagé son peuple. Le R faisait ensuite donner au roi d'Ecosse des nouvelles de a l'ai semblée » d'Arras, et manifestait l'espérance qu'il en résu terait un grand fruit pottr lui et pour son royaume : « Qm que ce soit, ajoutait-il, rien au Roi ne tiendra ; car il se mi tant et si avant en son devoir, et plus que en son devoir, qt Dieu et tout le monde peuvent connaître son bon vouloir, i aucune chaîne ne pourra lut en être donnée '. »

Les trois ambassadeurs, accompagnés de Joachim Giran se rendirent à Stirling, où était le roi d'Éoosse, Us lui préser tèrent la lettre missive du Roi, et le supplièrent de faire part la Dauphine, ainsi qu'il avait été convenu. Mais quelle ne f( pas leur surprise quand le roi Jacques leur répondit que I flotte avait trop tardi' à venir ; que « l'on était sur l'heure o tout mariage entre gens de bien est défendu ; > qu'il ii pouvait envoyer la Dauphine en la saison présente, et qu pour rien au monde la reine ne le souffrirait, à cause d danger auquel oq s'exposait ; que les ambassadeurs savaîei bien eux-mêmes en quel péril ils s'étaient trouvés durant let traversée ; qu'il n'enverrait la Dauphine qu'en la saison nou

1. Tous ces docamcnU sont reproduite Jn exlemo dans la Rdolion de Regnault Cirar

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velle, et qu'il attendrait la luae de mars pour la mettre « à l'aventare de Dieu, »

Une contestation assez vive s'engagea relativement à la flotte. Le roi d'Ecosse prétendait que, puisque les navires n'étaient point arrivés dans le délai fixé par la convention, c'était au Roi qu'il appartenait de les entretenir à ses frais. Kegnault Girard invoqua la cédule, signée de la main du roi d'Ecosse , par laquelle le délai avait été prolongé jusqu'au ■20 septembre ; il déclara en outre qu'il n'avait aucune instruction pour trancher la difficulté , et fit remarquer que , pour dire la vérité, les gens qui devaient escorter la DauptûDe n'étaient pas prêts à partir. Mais le roi d'Ecosse tint bon, et insista pour que les frais fussent à la chaîne du Roi.

Regnault Girard, voyant l'attitude prise par le roi Jacques, jugea qu'il était à propos de faire usage du pouvoir que le Roi lui avait envoyé. Il se rendit doac de nouveau près de Jacques, et lui remit, « en grande humilité, » les lettres de pouvoir données par le Roi à la date du 16 juillet, en le suppliant de se les faire lire. Après que le roi d'Ecosse en eut entendu la lecture, l'ambassadeur lui fit, au nom du Roi, requête et sommation de faire partir la Dauphine, et d'observer les appointements faits sur la matière.

Le roi d'Ecosse demanda k Regnault Girard de lui laisser les lettres pour les communiquer à sa femme et à son Conseil, promettant de les lui rendre le lendemain , ce qui lui fut accordé.

Le lendemain, l'ambassadeur s'étant rendu chez le roi, celui-ci déclara qu'il consentait à payer les frais de séjour de la flotte, et qu'il s'entendrait à cet égard avec les maîtres des navires; il engagea Regnault, ainsi que ses compagnons, à prendre patience jusqu'au mois de mars, promettant qu'à cette époque il ferait partir la Dauphine, « bien et honorablement accompagnée'. »

Nous laisserons les ambassadeurs français en Ecosse, où ils devaient séjourner encore pendant six mois, et nous reviendrons en France, où les négociations pour la paix et le congrès d'Arras doivent maintenant 5xer notre attention.

t. Tons ces dJUils «ont lires de la Rdation de Regoantl Girard.

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