LE CONGRÈS D ARRAS
considérable fut signée dans le nord de la France le 17 septembre 1434. Le connétable occupait la Picardie, et ses troupes venaient de s'emparer de Ham. Richement, après s'être assuré l'assentiment du Roi et du duc de Bourgogne', interrompit brusquement les opérations militaires, ei conclut avec le comte d'Ëtampes, lieutenant du duc, une trêve de six mois*. Ce traité était fait « pour et en entencion de parvenir à paix générale en ce royaume..., et adlin, disait le texte, de tant et sy avant que possible nous est avanchier le bien de iadicte paix générale, â quoi, par'moyen de bonnes trief^es et abstinences de guerre, -l'en porra, au plaisir de Dieu, plus toat el aisiémeot parvenir. » Il était donné « pour et au nom de monseigneur le Roy, et en cnsievant son bon vouloir, » et conformément à l'avis el délibération de phisieurs de ses officiers el conseillers, étant en la .compagnie du connétable '. ËtaienI compris dans la trêve tous les pays au nord de l'Aisne , de la Sambre et de l'Oise, c'est-à-dire le Laonnais, le Beauvoisis et la Picardie. Non-seulement toutes les possessions septentrionales du duc de Boulogne en bénéficiaient , mais encore celles des comtes de Nevers, d'Étampes, de Ligny et de Vaudemont.
Les traités du 17 septembre et du 1 décembre 1434 ouvraient la voie à une reprise des négociations. Le duc de Bourgogne
Boulogne invilail soa beau-rrère 1 Tenir i Mlcon (Archiver du livra, B IIKI, r. 5r> v). Le a DDverabre, un trailé particulier avnil r^ii''^ '^ dini<renil enlre le dacdc Bourbon ni le duc de Savoie (Canat, p. 358-361).
1. Cruel rapporte que le coaajuble cmp^rha s«i capitaines àe «'avancer en Picardie, ■ pour ce que tousjours tascboil el désirait faire la paii: entre le Roi et ntonseignour de Bourgongne , • et II aJouLe : ■ Et dc^à avoit eu nouvelles de l'un et de faulre par un poursuivant de niondit seigneur, et de uionsc^eurde Bourgongne par Pierre de Vauldrc; (fi. 375). ■ Nous trouvons, en effet, dans les eoiuples. la mention d'un voyage de Pieire de Vauldrej près de Ricliemont, à Comiiif^e. accompli du 4 au 1t aoOt 1131, «n compagnie du héraut Frani-lie-Cointë. Archivés du Nord, B 1954, T. 38 v, el 1951, f. 60 v» cl r. 70 y.
2. Doni Grenier (d'après le R^istre I, iW 1" Il iHeMe- Ville d'Amiens), vol. 100, p. 40. Ce trailé a été publié par U. de Urans-Melieocj] dans la Pieanlie. l. VU (1861), p. 563-89, d'après les Archives de l'hiltel de tille de Lille ; la pièce donn<>e ici est au nom du comte d'Etampes; le comte y appelle le Roi : •> Charles, sey disant Roy de France, advert^alre de monseigneur le Roy et de mondit seigneur et oncle. »
■ 3. Les lettres du connétable portant trêves, en date du 17 septembre 1431, sont contresignées par le bâtard d'Orléans, le maréchal de Rocherorl, les sires de Prie, de Moy, de Fontaine et de Valpergue, Poton de Saintrailles, etc., etc.
ovGoot^lc
élail en rolations asâidues avec le comte de Richemont '. Dès le courant de décembre, une ambassade française, à la tête de laquelle était Christophe d'Harcourt, partit pour aller trouver le duc de Bourgogne*. De son côtt^ Philippe, par lettres du 17 décembre, donna pouvoir à se» ambassadeurs à Bftle de traiter de la paix avec ceux du Dauphin, son adversaire ,so».s les auspices du Concile', et «écrivit à ses beaux-frères de Bourbon et de Hicliemoiit *, au comte de Nevers, et à un grand nombre.dc seigneurs bourguignons ', pour les convoquer à la « journée » qui devait se tenir à Defclze , et qui , fixée d'abord au 15 janvier, se Lint quelques jours plus tard à Nevers.
Le duc de Bourgogne quitta Dijon le 9 janvier, et s'avança par Nuits, fieauDG, Autunet Houlins-Engilbert*; il arriva à Nevers le 16 janvier, en compagnie du comte de Nevers et d'un grand nombre de seigneurs'. Bientôt vinrent successivement, à travers les neiges et les frimats d'un hiver rigoureux , la duchesse de Bourbon avec deux de ses ills, le duc de Bourbon, les ambassadeurs du Itoi, le chancelier Regnault de Chartres,
I. Le Qaclobra tiSJ, Pien« de GueDes en envoyé pu- le duo de Hlcon à Trow, vffE le coinie de Ricliemoni, ■ pour aucunes choses secrètes. * Le iO odolire, fe doc rïil paytr 60 Tr. à CtiASleauletui, (joursuivant du comte de Richemont, venu vers loi ï son siige deruit BellevUle el relourmaDt près de son inatlre. Le Si oclobre, le duc bit pa^er le prix de s,\\ lasses d'argent données 1 Gcofftvï Chausson, ikuyer et maître d'bfltel de Richemont, venu en ambassade k [^on vei^ lui. Le 1" décembre, Pîene de Vaudrej esl envoyé à Richemont, et ne revient que le SO; Fusille pourtuivanl est en SI coDipagnic. Par mandemenl du 2 janvier 1435, un paiement est Tait i Chasteaubaitlon, pouriuivanl de Richemont. Le \" janvier, Vaudrey repart |Mur aller tittiiver cclui-rl, et vicque jusqu'au 13 février. Le 16 janvier, Chasteiubehn va à Dijon vers la duchesse, que le duc mande près de lui, ei de là il Troyes vers tticliemonl, « auquel mm dil sàgneur escripvolt louchant certaines ses grans alTahvs. i Le S5 janvier, Fuiil est envoyé de Nevers à Dijon vers la duchesse cl vers Rîdiemonl. Archives du Nord , B 1951 , f. «1, 135, 2î0; 1951, f, 38 ï«, 57, 108, 59, 59 f.
8. Lettres du Roi du 12 janvier 1135, porlani paiement de 600 1. t. Ftmtanien,
tn-118.
3. Original, Archives de la dite d'Or, D 11899; Uuloirt de Bourgogne, i. IV, preuve», p. cxuii. — Ce document ne fut lu en congrégation générale que le 36 mars
i. Lettres des 13 et 16 Janvier. Canat, p. 3M.
5. Lettres des S et 9 janvier (Canal , p. 363). Une première convocaliun avait été laite par le duc le 1 janvier (id., p. 364). — Le 8 janvier, le duc envoyait son Itéraut Talant en Angleterre « pour choses secrètes (id., p. 363). d
G. Le 13 janvier, le duc envojfa de cette ville le liéniul Oiarolais, ■ liasliveniKnl , jour el nuit, ■ porter une lettre au duc de Dourbon. Archives du Nord, B 1954, f. 59.