‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 33 sur 367 · Piécei arlginatei, 3030 : Montmoh · texte numérisé non relu

Piécei arlginatei, 3030 : Montmoh

3. I Vérité est <]uc le conseil du Ruy Chai'les ne veul uncquei souflrir qu'il hisl en si

ovGoot^lc

réserve était d'ailleurs commandée par une sage prudence. Le 17 août 1424,' une briUaote année, sous les ordres du comte de Doublas et du connétable de Buchan, fut taillée en pièces à Vemeuil; avec elle s'évanouissaient les espérances de ceux qui avîùeDt cru pouvoir trionxpher par l'épée des difBcultés de ' la situation.

La défaite de Vemeuil, en privant le Roi de ces auxiliaires étrangers qu'on regardait alors comme les meilleurs soutiens du trône , rendait plus évidente la nécessité d'une réconciliatiou avec les princes que l'ambition ou les vicissitudes politiques avaient entraînés dans l'alliance anglaise. Au premier rang figurait le duc de Bretagne. — Jean VI avait bien vite oublié ses engagements de Sablé, et il n'avait point dépendu de lui qiie sou acte d'adhésion au traité de Troyes ne fût signé du vivant de Henri V. Mais ce que la mort prématurée du vainqueur d'Azincourt l'avait empêché de faire, il le réalisa quelques mois plus tard (8 octobre 1422)*. En avril 1423, non seulement il avait été de la triple alliance d'Amiens, mais il s'était lié avec le duc de Bedford par un traité spécial '. Comment, au lendemain d'un pacte si solennel, pouvait-on espérer un rapprochement avec le duc? On comptait sur sa versatilité bien connue, et ia reine de Sicile allait mettre à profit les relations qu'aussitôt après son retour de Provence elle avait renouées avec lui . Les pourparlers entre les cours de France et de Bretagne n'avaient point', d'ailleurs, été interrompus. Dès le mois de mars 142-3, Charles VII envoyait à son beau-frère un de ses écuyers d'écurie '. En juin suivant — immédiatement après le

personne en nullo bataille; et quant ili allendaienl d'aroir aucune joamie, ils envoioienl lou!<jaurs leni' Roy en aucune bonne ville. Donc i\t teirenl {ku' pluseurs fois grant scens : s^; pour ce qu'ili perdirent pluseurs jouniécs, leur Roy cusl esté mors ou prins s'il y eust esté, par quuy leiu* querelle cusl peu cstre du tuul mise au néant. • Pieire de Fcnin, p. %3S.

1. Ordinal, ArcJiiïBs, J 244>, n» M. Il y a. à ce sujet, au\ ArchiTes de Reims, une cui'ieùM lettre missive de Cbarles VI, annontanl que le scnncul a élé prtté.

2. D. Miirice, 1. H, col. 1I3S el 1136. — Sur les relations du duc de BreUgno avec les Anglais, voir plus luin, rJtapitre vu.

3. Pai'seslettresduSI mars. Charles VII ordonac de payera un de ses écuyers d'teurie. Guillaume Harcill^ , la somme de 300 I. t., pour les frais du voyage qu'il fait de Bourges «ers le duc de Bretagne, pour lui porter lettres closes et lui exposer certaines choses seciïtes de la part du Roi. Quittance du tS mars, dans Clairambault, 71, p. 5515.

ovGoot^Fc

voyage d'Amiens, — tine ambassade partait pour Ani^ers, où devaient se trouver des représentants du duc de Bretagne ', En novembre et décembre 1423, noua trouvons la reine Yolande à Nantes*; elle y retourne en mai 1424, ayant à sa suite une ambassade du Roi '. C'est k ce moment que fut signée une importante convention, portant la date du 18 mai, dont . nous parlerons plus loin. Après Vemeuil, les négociations sont poursuivies avec activité*. Dans le courant de septembre, des ambassadeurs bretons partent pour la cour de France*. De son côté, Charles VII. envoie de nouveaux ambassadeurs au duc de Bretagne et à son frère le comte de Richemont*,

I. Celle amba&sade se uiniposail de Tangnjr du Chistcl, de Robeii de Routrcs. iW^ue de Siéei, de Girard Blanchet, elc. te 15 juin, Tangu) dn Chastel et l'^fA]ue de S^i paseèrcDl par Toun, »e rendant en Bretagne; la ville leur fil un prônent rie vui el de poisson. An:liiïes de Tours, AA i, et Regiilret da Complet, vol. XX, f- 6ô- CÂ, Blanchard, la Gcnéatogiri îles maiflrei àtt requetla, p. 145. — Dans le courant de l'année, Yvou Glesquin, ^ciiyer, venu i Bourges verï le Rui, recul 200 livres en reloununl vers son mallre. Cinquième compte de Guillaume Charrier. Cabinet des tilfes. 685,

î. Archives, KX SU, f. 63 v» et M. — Le Î7 novraiilH-e, le duc ordonnance te paiement d' « un tableau d'or, i une jm^ de Noslre-Datne et des IV evangelisles, • donn^ à la reine de ^eile, ■ à la venue qu'elle flst naguères à Nantes. > D. Lobineau, t. II, Ml. 9U.

3. Arthives, KK ÏU, f, 77.— Les 4-3 mai, le comte d'Aumale, le chancelier et le bailli de Tourainé (Guillaume d'Avaugour) passent par Tours, se rendit prts du doc. Archives de Tours, AA i, et Reglitra det Complet, \\l, p. 92.

4, Le Roi avait des intelligences i la cour de Bretagne, où la plupart des canseitler' duduci<t.iicntravoraMesà la France. On lit dus des lettres du ISd^mbre 14S3, rendue» en faveur de l'évoque de Saint-Brieuc (Charlei royaUt, XIV, n» 84) : t Noslro ani^ et féal censelller l'evesque de Saint-Bryeuc, en Brelaygne, nous a fait exposer qu'il a besiiing, lanl pour la des]>ense de son hôstel rumme pour la pruvision de ses places.,, du nombra

rie cinquante pipes de vin Nous, inclinant favoraÙeinent à sa requeste, en faveur de

idusienrs grans el bons services qu'il nous a faiz et est (uusjours presl rie lûre et pour c^taines causes » ce nous mituvaos, clc, i Cf. d'aub«s lettres du 12 février 1424, en faveur rie Jean, sire de Penhoel, amiral de Bretagne, qualiO< de ehambellan {Piècfii originaia. 2230 : Henhoet), el do 2t octobre 1424, où Guillaume Eder, dojen de Nantes, est qualifié de cotueUler (Us. fr. 20587, p. 32). C'est à tort que D. Lolnneau (1. I, p. 564) parle d'une assignation, faite alors en faveur dn duc, d'one somma de 2,032 I. de rente (Mb pièce émane évidemmeol du gouvcmemrat de Henri VI,

5. Des lettres du duc de Bretagne, du 15 octobre, font connaître qu'à cette date il avait envoyé plusieurs ambassades au Roi (Archiva da W" du Haltay-Coelquen, p. 4), Les 21 et 22 septembre, aui PonIs-de-Cé, le Roi faisait des libéralités au sjre de Chateaubriand el à Richard de Brel^e, comte d'Élampes, envojfés du duc (Catalogue des actet). Dis le 7 septembre, dans on discours prononcif à Tournai par Simon Charles, envoyé rin Roi dans celle vUle, il annontaît, ajxis réception de lettres de son maitre, que < tous les barons de Bretagne ont juré servir te Roy, el que le Roy a intencîoa de venir à Raïns à son couronnement, incontinettl api'és la journée de traiUé qui se Meni h Angiei's sera fait ou failli. > E-vIralli dt» regiiU-a da ConMu,r, t. Il, p. 106.

6, Cousinot, p. 231.

ovGoot^lc

qui montrait des dispositions favorables à la cause royale.

C'est ici le lieu de nous arrêter sur ce personnage , que les circonstances politiques appellent à jouer un rôle important dans les affaires du royaume.

Arthur de Bretagne était le deuxième fils de Jean V, duc de Bretagne et de Jeanne de Navarre, laquelle, devenue veuve (1399), avait donné sa main eal402 àHenritV, roi d'Angleterre. - En digne fille de Charles le Mauvais, cette princesse avait conçu le projet d'emmener avec elle, en Angleterre, ses trois fils, pour les élever à la cour des Lancastre ; mais elle en fut empêchée par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, nommé tuteur des petits princes '. Né en 1393, Arthur fut, à partir de 1402, élevé avec ses frères à la cour du duc de Bourçogne"; puis, après la mort de son tuteur (1404), à celle du duc de Berpy '. Ayant reçu de Henri IV le comté de Richemont, situé en Angleterre , et qui était de l'héritage de son père, il en prit le titre, et fit au roi d'Angleterre l'hommage dû en cette qualité*. C'est en Bretagne, contre des sujets rebelles de son frère, qu'il fit ses premières armes, à l'âge de seize ou dix-sept ans*. Quand, en 1410, les princes Orléanais se liguèrent contre Jean sans Peur, le jeune comte de Richemont, dont un frère, Gilles, était déjà enrôlé dans le parti bourçuignon , vint se joindre à euï , avec un corps de Bretons et d'Anglais '. Peu après , cédant à l'inQuence de Gilles, il abandonnait le parti des princes ', mais pour y revenir bientôt '. En 1412, lors de l'appel fait aux Anglais par les ducs de Berry et d'Orléans, nous voyons le comte de Richemont , qui guerroyait en basse Normandie avec son beau-frère le comte d'Alençon, se porter

Page 1