‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 334 sur 367 · L ADMINISTRATION DU BOI DE BOURGES · texte numérisé non relu

L ADMINISTRATION DU BOI DE BOURGES

de ses successeiirs , aux trêves à conclare avec les seigneurs TOisiûs, au siège du baillf^e et des autres offices royaux, à l'affranchissement de tous droits de péages, à la liberté des transactions avec la Flandre et les autres pays environnants ^ Les relations de Charles Vil avec cette ville, pendant la période critique de son règne, furent incessantes : on a de uombreusea lettres adressées par le Roi aux habitants pour les tenir au courant des événements et faire appel à leur concours*. Des commissaires royaux, envoyés à divers reprises, et les ambassadeurs qui allaient trouver le duc de Bourgt^ne prirent -en main Tes intérêts de la ville et l'assistèrent dans les difticultés que lui créait sa situation. De nombreuses ambassades vinrent exposer au Roi les besoins des habitants, et toujours elles obtinrent prompte satisfaction. Charles Vil ne laissa pas échapper une occasion de montrer l'alîection qu'il portait à la ville de Tournai et de lui témoigner sa reconnaissance * ; il alla même jusqu'il lui concéder le glorieux privilège d'ajouter en chef l'écu royal à son blason et de porter ainsi ses armes à perpétuité*. L'histoire des rapports de la royauté avec cette cité perdue au milieu du territoire ennemi, et ne cessant de montrer une inébranlable Ëdélité et un dévouement à toute épreuve, est une belle page qui mériterait de trouver un historien.

Indépendamment d^ Tournai, qui faisait partie de son domaine, Charles VU ne négligea pas certaines villes situées hors du royaume. A la date du lU janvier 1423, des lettres de

1. Lettres du 3t janvier et de janvier 1423. Originaux aux archives de Tournai ; Ordonaottca , I. Xni, p. 18; Gacliard, édition Barante, t. I, p. 43S, et ExtraiU du reglttra da Comaus, I. I), p. 31, 34, noie, et 35, note 4. — Une lettre missive de (Varies Vn aux babitants de Touinai, en date do !! janvier 14!3 . constate la réceplioD de l'ambassade envoyée au Ror et l'acceplalion des requêtes prësent^es. Archives de Toiunai. — Voir sur les dispositions où était le conseil de ville, ci-dessus, p. 9, noie 1.

3. Archives de Tournai ; Èxlrail! de» rtgittra da Cofuaux, t. n, patîim,

3. ■ Nous avons bien espéré à recevoir à temps et à beure bon remède au dit fait de Guise, de prendre boa appoiocUmenl sur tous nos aullres affaires , el de briefvemenl vous visiter en nostre pn^omie, écrivait-il le 96 novembre 14î4,car aussi est-ce l'un des plus gram detirs que nous ayons, pour cause du grand amour et recommandable loyauté que, non obslant toutes aversités, avez tousjours eue par bonne constance envers nous et noslie dicte seigneurie, ce que jamais ne sera paj' nous mis en obij. • Arclùves de Tournai.

4. Leilres du mois de septendire 14S6, aux archives de Tournai, communiquées par H. A. d'HerïKimei.

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protecUoD fureot, moyeanaat le paiement aiiDuel d'une aonmie de cinq cents livres tournois, accordées k la ville de Verdun qui, à la aouvelle de la mort de Charles VI , avait sollicité d'être mise sous la protection du Roi *. Par d'autres lettres ea date du 7 mai 1425, Charles VU, en considération de l'impossibilité où il avait été de donner un gardien aux habitants et des charges et dommages qu'ils avaient eu à supporter, leur fit remise des arrérages des cinq cents livrer tournois pour les années 1423, 1424 et 1425, et de tout ce qu'ils pouvaient devoir en raison de cette garde *,

On a vu plus haut comment le Roi récompensa la ville de Montai^is qui, au moment de la plus grande détresse du royaume, avait fait preuve d'une constante fidélité et d'un admirable patriotisme*. Orléans obtint aussi ,des privilèges exceptionnels, et en particulier l'exemption de toute imposition, de toutes fournitures pour la dépense de l'hôtel, et de tout service militaire pendant la durée du règne *.

Deux lettres d'affranchissement méritent d'attirer notre attention. L'une concerne la ville d'issoudun (juillet 1423). Le Roi y expose que, « pour occasion des grans maulx et dommaiges, piteux à oyr et lamentables à reciter, » commis par a plusieurs gens d'armes, routiers et ennemis, » la ville a été, durant les guerres, brûlée et détruite , en partie, et que, pour faciliter l'achèvement des fortifications que les habitants ont commencé à édifier, ils sollicitent l'affranchissement du droit de mortaille et l'autorisation de se mettre en boui^oisie; prenant leur demande en considération et vu le paiement par eux fait de deux mille livres tournois pour rachat du droit de mortaille, le Roi leur fait remise de ce droit et les déclare libres o de tout joug et lien de servitude , en les restituant à toute ingénuité ou natalité ^ » — L'autre lettre est donnée en faveur des habitants de Mehun-sur- Yèvre (mai 1430) :

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