L-ADKIHISTRATION DU ROI DE BOURGES
§ Jl. '- FINANCES, UONNAIBS, AGRICULTURE, COUMERCK, INDUSTRIE, ARMÉE
TenUlirel de rèrorma en Diatitres de finances; htm personoel de l'admiaiitratioa llninclère. - Adminislration des monnaies de IV» t iWS. — TbMmu des sommes vol^s par lea ËIMi giaittia de Langnedoi) el de Linguedo^. — EipédienU euiquela on ■ rseoun pour se procurer les resvjurees nécessaires : emprunta; jayaui engagés; oliënattons du domaine. —
de capilaineries ei d'offices de chtieUin; dons de miles. — Mesures prises pour rtsgir contre celle tendance ; leur inedlcaciW. — Dépenses personnelles du Roi; luie et misère. — Ëtat de l'agriciilture et du oommem ; maiu de loul genre dont souffrent lee popalelions. — Mesures prises en faveur du commerce, de la navigation, do l'industrie. — Armée : Charles Vil ne renonfa pas, comme on l'a dit, i ae aerrirUe l'éltmenl naliqnat; appels foits k la nobleue; troupes recrutées en Ecosse, en Lombardie, en Cselille, en Aregon. — Désordres auxquels se livrent les gens de guerre; vains eflbrts du gouvernement roful pour remUier 1 cet état de choses» insuccèa de la tenleLive de réforme dn connétable do Richamont- ^ L'anarchie continue Jusqu'l ce que la paii conclue avec le duc de Bourgogne permette de
Ed considérant l'état d'anarchie où se trouvait la France dans les premières années du règne de Charles VII, en voyant l'impuissance du pouvoir, résultant, soit des variations ' survenues dans la direction gouvernementale , soit surtout des circonstances , elles-mêmes , on pourrait croire que rien ne fut tenté pour remédier au mal. Le tableau de la situation financière que le gouvernement royal ne craignit pas de tracer lui-même, dans l'ordonnauce du -25 septembre 1443, quand il
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se sentit assez fort pour réprimer les abus, atteste les profondeurs de l'ablnoe, mais laisse dans rombre les efforts poursuivis duraat ces années troublées où l'on était réduit aux expédients. It y eut pourtant un travùl lent et pénible, entrepris par les hommes qui dirigeaient les affaires. Tandis que les lluctuatlons de la politique amenaient de brusques chao^ments dans le pouvoir et que des réformes pompeusement annoncées demeuraient sans résultat, UD groupe de cooseillers intègres et dévoués travaillait avec persévérance : oo doit leur tenir compte de ces labeurs, quelque stériles qu'ils aient pu être.
La réforme monétaire opérée au mois de septembre 142*2 ', fut le signal d'autres mesures ayant pour objet d'imprimer une direction nouvelle à Tadministratioa ûnaocière. Au mois d'avril 1423, Guillaume Toreau, premier maître des requêtes de l'hôtel du Roi, et Régnier de Bouligny, général des finances, furent nommés « commissaires généraux sur le fait et gouveroement des monnaies et du revenu, émolument et profit d'tcelles, et de toutes les autres finances '. » Ces deux personnages se trouvaient par là investis de pouvoirs supérieurs à ceux des généraux des finances , mais leurs fonctions paraissent avoir été de courte durée * : par d'autres lettres en dat« du 17 août 1423, le Roi procéda à la nomination de nouveaux V généraux et commissaires sur le fait de toutes ses finances, tant en Languedoil qu'en Languedoc : u c'étaient Guillaume de Champeaux, Alexandre Le Boursier et Jean de La Barre*. — Régnier de Boul^ny resta-t-il seul en possession d'une autorité qui aurait fait de lui comme une sorte de surintendant des finances ? Nous ne savons. Ce qui n'est pas douteux, c'est qu'à
t. Voir t. I. p. 1034M.
i. C'est ce qui résulte des lettres de Gfaaries VU du 10 avril 14S3. Archives de Grenoble, B 1835, r. iBÎ. — On remarquera que l'ardomunce cabochîenne de lil3 avait remplace les Irësoriei's et tes féaénm, des Aaances par deux « commis ordoiués par le . Roi pour le gouvernement des Onances de tout le roiiaunie. • Dareste , Mitlolre de taiminiitralion, t. Il, p. 345.
3. Guillaume Toreau partit en mission pour Toulouse le 37 juillet 1433 ; il y monnl lans le couj'ant d'aoQt. Archives, KK 53, f. 168.
4. Ma. fr. 20936, f. Hl. — Leurs préd&esseurs, on Ta vu (t. I. p. 418, noie 8j, fuient en Tonctions dès les derniers mois de 1418. C'ëtaienl ftegnier de Bonlignj, Goillaume de Lucd et le même Alexandre Le Boursier.
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l'administration du roi de BOURGES. 617
celte époque il jouissait d'uce grande autorité près du Roi ', qui ne cessa d'ailleurs de lui témoigner sa confiance. Le receveur général des finances était Guillaume Charrier qui , sauf une courte intermittence, devait couse rver sçs fonctions pendant de loi^ues années. Jeao Gerbe, trésorier géoéral durant la régence, ne tarda pas à être remplacé par Macé Héron. Hemon Raguier conserva la charge de trésorier des guerres. Quant aux. généraux maîtres des monnaies, Jean et Pierre Gencien , Bernard Braque, Jean Jarze et Jean de Ponchier, ils paraissent avoir conservé leurs fonctions. Un pen plus tard, nous rencontrons, dans l'exercice de ces mêmes fonctions, Guillaume Le Marié et Jean du Moustier, puis Jean de Beaune.
A une date qui nous paratt devoir être fixée à la fin de mars 142S, le président Louvet fut investi de pouvoirs extraordinaires : il fut nommé,-aux termes de l'ordonnance, « gênerai et souverain gouverneur par dessus toutes nos finances présentes et à venir, tant de celles de nos receptes ordinaires et de nos monnoyea , que de nos aides et autres subventions octroyées ou à octroyer, de traites de vin, sel et autres denrées, et généralement de toutes nos finances quelles qu'elles soient, tant ordinaires que extraordinaires, de nos pays de Languedoc et duché de Guyenne. » Ces pouvoirs étaient suspensifs de ceux des conunisBaires des finances en Languedoc, et spécialement de ceux qui avaient été conférés à Jean Havart *. Il parait que cet acte fut rendu en dehors de toute délibération du Conseil, et que, peu après, Louvet se fit attribuer les mêmes pouvoirs pour le Dauphiné'. Mais sa disgrâce arriva avant qu'il eût eu le temps de les exercer'.
Le 18 mars 1425, au lendemain de la prise de possession de l'épée de connétable par le comte de Richemont, le Roi avait
1. Cela est attesté par les dons qui lui Turent bits. En janvier 1131, le Dauphin lui donna un cheval ; S en recul un autre le Ï5 février 14ÏÎ, et une hacquenée en septembre suivant. Archives, KK 53, f. 76. 120 et 133.
9. Cette ordiHmance, dont la date est restée en btanc. se trouve dan° ,lusieurs Tormulaires ihi temps : Mas. fr 5034, T. 1G3 V; 5053, f. 151; 60!î, T. 92 V ; U37I, r. 83 v°.
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déclaré, dans deu lettreH s'adressaQt au receveur général d'une aide imposée en Dauphiné et conformément au vote des États de cette province, qu'aucun paiement ne devait être fait sans lettres patentes émanées de lui et expédiées par son trésorier généra) Macé Héron, commis à la distribution des finances'. Quelques mois plus tard , Uacé Héron fut remplacé par Jean Taumier, qui eut des pouvoirs plus étendus*. Le nouveau receveur général prêta serment le 1" août entre les mains du chancelier, et le 9 devant la Chambre des Comptes'. Cette révolution dans l'administration financière — car la mesure avait ce caractère — fut suivie de la révocation du receveur général Guillaume Charrier'. Enfin, dans le cours de la même année , Jean de Nerly , receveur général en Languedoc , fut remplacé par Jean Seaume '.
La Cour des comptes avait été définitivement installée à Bourges et constituée par la nomination de Guillaume de Ghampeaux comme président '. Une cour des aides fut établie par lettres du 22 octobre 1425, et bientôt installée à Poitiers. Hugues Gomberel , évêque de Poitiers , Maurice Claveurier , Thibaut de Vitry, Geoffroy Vassal, Aimeri Marchand et Guillaume Le Tup furent appelés à en faire partie. Hs étaient institués « juges et généraux en souveraineté quant an fait de la justice des aides et gabelles et des circonstances et dépendances, B sans toutefois qu'aucune atteinte fut portée à l'autorité des généraux sur le fait des finances. Les nouveaux conseillers avaient des pouvoirs analogues k ceux dont jouissaient à Paris les généraux conseillers sur le fait de la justice des