auoire de Troya, par Booliot, L D, p
5. Archites de Grenoble, Original, B 18i6 -, Ordonnoncea, t. XIU, p. ]5I.
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nx8 HISTOIRE DE OHA.RL.BS VU.
soa autorité et de sa souveraineté et m^ùesté royale; d'ordonner et instituer des monnaies en âon royaume, et que personne ne peut en établir de sa propre autorité; considérant, d'autre part, que personne ne peut s'entremettre du fait des monnaies sans avoir été institué par lui, et ce sous peine de crime de lèse-majesté-, que cependant de graves abus ont été commis sous ce rapport par plusieurs de ses siijets de divers états', dont il est résulté « plusieurs inconveniens et dommages irréparables, » au préjudice du Roi et de la chose publique, et à la « grant chaîne et oppression » du peuple; le Roi donc , ayant une grande déplaisance de ces faits et voulant porter remède au mal , après grande et mûre délibération du Conseil, déclarait abolir les « faulses monnoyes > établies dans certaines villes, et décrier toutes tes monnaies qui y avaient été fabriquées, comme « fausses, contrefaites et mauvaises; » il supprimait, en outre, les monnaies de Stûnt- André-les-Avignon, Villefranche , Loches, Melun, Sens et ChAteau-Thierry , et ne laissait subsister que les monnaies suivantes: Tours, Angers, Poitiers, Chinon, La Rochelle, Limoges, Figeac, Saiut-Pourçain , Bourges, Orléans, Tournai, Troyes, Gb&lons, Manjou (sic pour M&con] , Lyon , Toulouse, Montpellier, Pont-Saint-Esprit, Crémieu, Romans ctMontélimart'. Aucune fabrication d'e^èces ne devait être faite ea dehors de ces ateliers mojiétaires, sous peine de forfaiture, et les délinquants devaient être punis comme faux monnayeurs. Tous les ofticiers des monnaies et autres qui participeraient aux opérations des « fausses monnaies » devaient être pris et punis par les généraux réformateurs sur le fait des monnaies ; quant à ceux qui , de leur propre autorité , aur^enl établi des monnaies dans leurs terres, forteresses et autres places, ils devaient être jugés par le Parlement. Le quart des amendes et profits était attribué à ceux qui dénonceraient les « malfaiteurs. » Les généraux réformateurs et les membres du Parlement étaient
i. Charles \1l se soiivenail sans doute dts lettres d'iUralition qu'il anîl dO'iloaaer, ei mai 1423, aux coDiIes de Foin et de CoDiminges,
i. La monnaie de Uinbel avait ^té transr^rAï h UosMimart por leUfcs da 9 joillel liS6. B38Î7. r.-94.
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l'administration DU ROI. DE BOURGES. 629
chargés de publier et de faire observer partout cette ordoaoaDce*.
Par lettres du it avril suivant, le Roi, considérant que, par 80Q ordonnance du 28 mars, il avait pourvu aux a fraudes, maléfices, abus et lûauvaisetiés u qui se commettaient dans certaines « fausses monnaies » en supprimant ces monnaies, déclarait, conformément à « l'advis et délibération de plusieurs de son sang et autres gens de son grand Conseil, » qu'il étabUssait dans son royaume une nouvelle moimaie sur le pied trentedeuxième, et ordonnait la fabrication des espèces suivantes : royaux de vii^-cinq sous, grands blancs de dix deniers; petits blancs de cinq deniers; deniers noirs de deux deniers; petits deniers noirs d'un denier; petites mailles d'une maille'.
Ces deux ordonnances soulevèrent encore , dans leur application, de sérieuses difficultés. Sur certains points on ne voulut pas se soumettre à la réforme des monnaies , sous prétexte que les nouvelles espèces étaient introuvables et que les cbangeurs n'en étaient point pourvus. A Troyes, une émeute éclata au mois de mai, et l'agitation se propagea dans toute la contrée. Le Conseil de ville , afin de calmer les murmures du peuple qui avait tellement à souffrir que c'est à peine s'il pouvait avoir du pain, se vit contraint de décider que la monnaie aurait cours comme par le passé sans aucune muta^ tien. Et comme on refusa de prendre cette monnaie , il en vint à décréter le cours forcé *.
Ces réformes monétaires devaient être illusoires : les abus auxquels on cherchait à porter remède subsistèrent malgré tous les efforts du gouvernement royal. D'ailleurs, des mutations incessantes servaient de prétexte à des résistances qui, comme à. Troyes, trouvaient leur raison d'être dans la misère
1. ^e est donnée i Poilien, le 38 man 1430 avant Piques, el porte la soascriptîim suivante : < [^ le Roy en son Conseil, Halliëhe. • Oriioiuumtei , t. Xm. p. 161-61. Nous en avons reneonIr£ un vidimas original lui Archives de Grenoble , B iStë.
3. OrdonaoBcti, t. Xm, p. 168. L'original est i Grenoble, B 3816. — Les grands blanc^ peliU blancs et doidiles, récemment Tabriqués, devaimt avoir cours pour 8 deniers, 4 deniers, et tin denier et maille la pièce.
3. Boallol, Hiitoirede TToyt*, t. H, p. 585; Un cftopli™ de l'HMoirede Troya, P"
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populaire. Dans le cours de Tannée iUl , imhu reocootroos denz antres ordonnances, du 15 septembre ' et dn 4 décembre '. prescrivant la bbrication de nouvelles eq>èoes. Elles atteetenl le déamdre financier qui régnait : on débisait le lendemain ce qu'on avait lait la veille.
On ccmtîiraa. durant les années 1433 à 1435, la fabrication sur le pied de monnaie trente-deuxième*, mais sans émettre de nouvelles eqièces. Aucune innovation ne fut introduite; on se borna à maintenir tes choses en l'état, en réprimant les aijus partout où on le pouvaiL C'est ainsi qu'an commencement de 1432, une coounission fut donnée à trois membres du Conseil pour opérer en Auvergne une réforme snr le fait des changeurs*, et qu'à Nîmes, en 1434, les commissaires réformateurs envoyés en Languedoc condamnèrent les babitaots à une amende de 2,550 monhuis d'or : la chose fut r^lée par on accord intervenu le 10 décembre 1434 : les habi- , tants obtinrent rémission pour les contraventions aux or^ donnances dont ils s'étaient rendus coupables*.
Nous avons constaté plus haut que de 1422 à 1435, les Ëtals de Languedoil et de Languedoc tinrent périodiquement leurs
) . C«t teUra ordonneot la blricalkn de royaai ijast cours poir 30 s. t. : on émmit au rtuogeim 68 de ce) deniers valant 10Î 1. 1. ; de deniers blancs aTiol coors pour 15 d. : on doniuit 9 I. L du nurt ; de grand» Uancs ijnt oaan poor 10 i. ; ir petiU bbncs rjtni iwnrs pour 5 d. ; enSn de doubles o^i. de petits deniers el de petites DiaiDet.OD n'a puces lettns.iDais ob en connut U teneur par les lettres desgé- D^nin maîtres des ooonûes da i$ septembre 1431, pnbGfes par M. Marin, {. c, p. 313,
3. Par Ms lettres, le Roi, infonné des nombrenses fraudes dont m s'MI renda «anpable en alUranl le litre el le poids des pièces d'or et d'argent, de l'iris de plusieus princes dn sai^ et de membres dn Cans«il, ordoniu la Utrication : da rojau ijântcmrs pour 35 s. U, ■ de pareiDe rorme 1 cenli que on faisolt nagiires en vos dicte* moniiojes par annt ceni que Ton fait et qui à présent ont cours : ■ on damait ponr dMqw marc d'or fl3 rojaux valant 78 I. 15 d. 1. ; de framls blancs (10 d.), de petits blancs (5 d.). de doubles noirs (î d.) , de petits deniers et de petites mailks. — Les rojani de "0 an mare, de 30 s,, ne devaient |dus valoir que 33 s. 6 d. ; les grands blancs de 15 d. que 10 d. ; cam de 10 d. que 8 d., les petits blancs de 8 d. que i d., etc. Ardùres de Grenoble, B 3827, f. 1S5 v. a UHres des générau mallres des monnaies dn 8 décembre, dans Uorin, p. 335, note 1.
3. Lettres dn pravmieur dnOaupbinéen date dnlSoctobre 1433, indqiries parborn, p. 338, et antres documents cités dans U note 3.