L ADMINISTRATION DL' ROI I)F, BOURGES
en Poitou tous les marchands qui vendraient de ces denrées jusqu'à concurrence de cinq sous tournois par jour'.
On a dit que Charles VII, « irrité, aigri, rebuté « par les malheurs de sa situation, négligea systématiquement les ressources que lui ofTrait son propre royaume pour pourvoir à la dé[ense du territoire, et que son « erreur fatale » fut de placer uniquement son espoir dans des auxiliaires étrangers^. Ce n'est pas exact. L'ordonnance du 30 janvier 1424, alléguée à l'appui de cette assertion, ne fut qu'une mesure transitoire, et le gouvernement royal mit constamment à proHt l'élément natioual. Nous en avons pour preuve une autre ordonnance, déjà citée, en date du 16 mars 1424, par laquelle furent convoqués le ban et l'arrière-baD ; et l'on a vu plus haut que ce ne fut pas le seul appel adressé à la noblesse durant la période la plus critique du règne. Si Charles VU , ainsi que nous l'avons constaté , chercha dans des contingents venus principalement d'Ecosse, et aussi de Lombardie, de Castille et d'Aragon', les moyens de soutenir la lutte contre l'invasion, il ne cessa de s'appuyer sur sa noblesse et même sur ses bonnes villes'. D'ailleurs, les archers écossais, les arbalétriers lombards apportaient à son armée un élément qui y faisait défaut, car le plus souvent les villes étaient impuissantes à fournir les milices qui auraient dû composer l'infanterie. 11 faut remarquer aussi que le service militaire, tel qu'il était réglementé par la législation en vigueur, avait un caractère exceptionnel et transitoire. Or la guerre était devenue un état permanent, et les institutions devaient nécessairement subir une modification : il fallait demander à un élément nouveau les ressources que le pays , après des