Lettres du 18 novembre
S- « CoDsiderans la grant lojiutd et entière volonU el alTeciioD que nostre dit cousin a tousjours eue, et dès sou enfance , à feu nostre très chiei' seigneur el pcre , dont Dieu ayt l'ame, à nous, et à la couroimc de Pj'ance, et les grins, nolables et prulitables services par laj tiis à feu noslve dit seipeur et père et i nous . tant ta fait de nos guerres comme autrement en plusieurs et diverses manières , specialemenl tanlost après nostre partemeol de Paris et du temps de noslre régence, au t^couvremenl de nostre pals de Languedoc que aucuns occupaient et lenoienl sous fausses et exquises voyes, couleurs et occaïions, en rébellion et désobéissance , i i'enconlre de nous ; lesquels , par son sens , ti avail , peine , Taillence et dil^jence, il jella liors de noslre di( pais de Laiguedoc, et tccluy nous rendit el debïra en bonne et vrayc obeis.«ance , comme encores il est de présent; considérant aussi la fervente, cordiale et singulière amour qu'il a i noslre personne,..., lesquelles choses devons elbien les toulons envers lui recognoistre. » Doat, 311, f. U9 v.
9. Au comte de Vendôme (6 janvier 1116)-, i GmlUmne, seigneur de Gamacbos (11 jauTier); i Le Camus de Beaulieu (18 janvier).
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la « provision des affaires du royaume » qu'au fait de la guerre, n au bieu du royaume et de tout le peuple, > et avoir sur toutes choses leurs avis et couaeils '. Bientôt Charles Vil se transporte [29 janvier] à Issoudun, non pour l'assemblée des Ëtats, qui ne fut poiat tenue, mais pour un véritable rendez-vous militaire. Du chapitre des cions nous passons ici au chapitre des retenues : retenue du comte d'Àstarac pour servir en la compagnie du comte de Foix, avec soixante hommes d'armes; retenues de Jean de Bonnay, du sire de Coarase, du sire de Montlaur, pour servir chacun avec cent hommes d'armes; retenues de Bernard de Coarase et de Jean, seigneur de Mau< léon, pour servir avec cent hommes d'armes et cinquante arbalétriers ; retenues des sires de Grignan et de Saint-Bemesy, avec soixante hommes d'armes et vingt-cinq arbalétriers, et payement de mille livres; retenues d'Antoine et Àntoinet Hermentier, avec chacun cinquante hommes d'armes, cinquante sacquemans et cinquante arbalétriers; retenues de Guy d'EstEùng, de Seuffre Léonart, de Thomas Moras, de Lancelot Rogre, d'André Bedos, de Pierre de Cabassolles, de Guillaume, b&tard de Valentiuols, de Moreton de Perelade, du bâtard de Champeaux, etc. Toutes ces lettres sont du 18 février 1426, et débutent par la formule suivante : « Comme pour résister aux grans entreprinses de nos anciens ennemis et adversaires les Anglois et' autres noz rebelles et desobeissans, et îceulx, à l'aide de Dieu, extirper de nostre seigneurie dont ils ont jà occupé partie, soyons délibérez nous mettre sus ceste saison nouvelle à grant puissance, et faire venir par devers nous, pour emploier en ce que dit est plusieurs de nostre sang et lignage, et autres nos vassaulx, subgiez, bien vueillans et allez*... »
Cette prise d'armes devait se faire sous le commandement du comte de Foix, et l'on espérait porter aux Anglais un coup décisif. A ce moment, il était question du retour en France - de liouis m, duc d'Anjou, après sa malheureuse expédition de Naples : des lettres du 22 février portent paiement de dix mille livres à la reine Yolande, pour l'aider à supporter les frais
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122 HlSTOnŒ DE CHARLES VII. 1426
qu'elle aura à faire à l'arrivée de boq âls '. Ed même temps, le connétable se préparait à eâtamer les hostilités eu basse Normandie. Uq snctiès de Richemont aurait saas doute déterminé un mouvement en avant. Mais ou ne tarda pas à apprendre qu'il avait éclioué sous les murs de SalBt-James-de-Beuvron j le projet de campagne fut abandouDé avant même d'avoir reçu un commencement d'ezéoution. D'issoadun, la Cour se transporta à Montluçon (23 mars}, où fut tenue une nouvelle réunion d'États. Charles VII était eu brillante compagnie : dans sa suite figuraient la reine de Sicile, les comtes de Clermont, deVenddme, de Foix et de Comminges, lu chancelier, le comte Dauphin d'Auvergne, l'archevêque de Toulouse, Je maréchal de la Fayette, le sire de Giac, etc. Le séjour de UoqUuçoq se prolongea jusqu'au 12 avril. Puis le Roi reprit le chemin de Mehun, où il était revenu le 24 avril.
Il ne tarda pas à se remettre en route pour aller joindre le connétable en Anjou. Il était le 11 mai à Poitiers, et le 23 à Saumur, où il rendit une ordonnance en faveur du duc de Bretagne *. Nous le retrouvons le 27 mai à Poitiers, où il séjourna un instant. C'est dans cette ville que fut prise une mesure importante qui, par son caractère politique aussi bien que financier, mérite de fixer ici notre attention.
Richemont n'avait point constaté sans déplaisir que le sire de Giac lui avait, comme parle son écuyer Gruel, <i haussé son chevet devers le Roy; >> il crut remédier au mal en faisant de nouveau déclarer solennellement au Roi — par lettres données à Poitiers le 12 juin 142t>, après une délibération à laquelle prirent part, avec le connétable, la reine de Sicile, les comtes de Gierraont, de Vendôme et de Comminges (le comte de Foix était retourné passagèrement dans le Midi, où il présida à Montpellier, au mois de juin, une réunion d'Ëtats), et le sire d'Albret — que tous les dons faits jusqu'à présent sur le trésor étaient révoqués; que tous les revenus du domaine, tant
1. n revint quelques mois plus lard, en décembre 1426. Voir Lecoj, I. I, p. 50.
i- Utires ahuidomuDl au duc le proRt de la traite de 600 pipes de vin. Glairanibiult, 1!3, p. 533. Les coDsidéraaIs sont 1 noter : le Roi invoque les ( grans, plaisirs cl aides que uosire dit frère nous a lïis en plusieurs el diverses maiûires, et Fait chascuu jour. ■
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ordinaires qu'extraordinaires, étaient mis entre les mains du Roi, et qu'un conseil de gouvernement était institué, sans l'intervention duquel rien ne pourrait être fait. La mSme ordonnance désignait, pour prendre place dans ce conseil : la reine de Sicile, les comtes de Glermont, de Bichemont, de Poix, de Vendôme et de.Comminges, le sire d'AIbret, le chancelier Hartin Gouge, l'archevêque de Toulouse, les évêques de Laon et de Séez, le maréchal de la Fayette , le maître des arbalétriers Graville, l'amiral de Uulant, le sire de Giac, le sire de Trêves (Robert Le Maçon), et les généraux conseillers sur le fait des finances '.
On remarquera que le connétable n'avait point exclu le sire de Giac de ce conseil dirigeant formé par lui , et dont ia reine Yolande devait avoir la haute direction. 11 espérait encore parvenir à contrebalancer l'influence du favori. Mais son calcul fut trompé par l'événement. A peine revenu à Mehun avec le Roi, Giac ât donner au maréchal de fioussac, par lettres du 17 juillet, la garde de la personne royale, avec cent hommes d'armes et cinquante hommes de trait'. Lui-même fut, par lettres du 3 août, retenu continuellement au service du Roi',et il ne tarda pas à recevoir la charge de premier chambellan. Les auteurs contemporains, aussi bien que les documents que nous avons recueillis, permettent de constater le degré de faveur dont il jouissait', a Le Roy s'en vint après à fasoudun, dit Guillaume Cousinot — nous avons précisé la date de ce voyage, qui eut lieu en février 1426, -r et estoit avec luy le seigneur de Giac, qui estoit bien hautain j et disoit-on que le Roy l'aimoit fort, et qu'en effet il faiaoit ce qu'il vouloit, dont les choses alloient très mal '. » Le chroniqueur officiel , Jean Chartier , dit k son tour : « Pou ajprès , le sire de Giac