Gniel, l. e
en Auvei^ne , où il fiit placé aoiis la garde de Langeac. £a arrîTaot, le Vieux, conseiller rendait le sang à pleine bouche : il se crut à sa dernière heure. Le sire de Langeac, qui agissait de la sorte, était châtelain d'Usson, sénéchal d'Auvei^ne et chambellau du Roi; chose inouïe! il croyait se conformer en cela aux ordres royauï. Giac avait, en effet, trouvé moyen de faire dresser des lettres authentiques, donnant commissioa au sénéchal d'Auvergne de procéder à cette arrestation. Robert Le Maçon s'empressa d'agir pour sa délivrance : il s'adressa au Roi, qui envoya un de ses écuyers d'écurie pour le faire mettre en liberté. Mais Langeac avait des instructions du sire de Giac : il refusa d'obéir au Roi. Nouvel ordre de Charles VII , transmis cette fols par le prévôt des maréchaux. Nouveau refus. Charles, alors, écrivit au sénéchal; la Reine en fit autant, sans obtenir de résultat. Ce n'est qu'au bout de deux mois de captivité que Robert Le Maçon, ayant consenti à subir la loi de twn geélier et à verser une somme de mille écus d'or, fut mis en liberté '. Le Roi vint en aide à son vieux serviteur en payant une partie de la rançon.
Signalons ici un des traits du caractère de Charles VIL Au milieu de cette déplorable faiblesse qui lui fait tout supporter de la part de favoris devenus plus maîtres que lui, il conserve le souvenir de ses anciens et âdèles conseillers. C'est ainsi que, le 13 décembre 1425, il confirme le privilège accordé à Robert Le Maçon par ses lettres du 7 novembre 1420 •, C'est ainsi encore que, le 14 mars 1426, se rappelant que son ancien premier chambellan, l'héroïque Barbazau, est toujours dans les fers, il ordonne de lui payer une somme de six mille livres : '< Considerans, disent les lettres, les très grans, très honnorables et prouffîtables services k nous faiz moult longuement et vaillamment en noz guerres et autrement..., mesmement à
1. Ces IkJla ont été apoUa déji par M. ValleE de Viriiille d'iris une eamnuiDicttioii de M. Cnwiet {Nouvelle biographie générale, art. Le Maçon , el IllUoire de Cluirlt$ Vil, t. 1, p. 450). Les pièces vis^, el en particulier un irrél da Parieinwit en date du 9 mai 1439, se Irouvenl iiix Arclùves nationaJef , sous la cole H 450.
3, Bodin, AeeAercftea hitlori^ee mr Saamur, t 1, p. 336.
126 HISTOIRE DE CHÂBLK3 Vil. 1426
la garde et deffease de doz chastel et ville de Meleun..., lesquels il tint et garda moult longuemeEt et à aa très grant loueuge, et y exposa sa persoune jusques à ce que, par famine, fat contraint de rendre la dicte place et sa dicte personne en la maio de noz diz ennemis qui, depuis lors, l'ont tousjours détenu prisonnier à Paris en grant pouvreté et misère, sans l'avoir voulu mettre èi finance ou raençon, ne autrement entendre à sa délivrance '. » Un autre capitaine était alors captif, et son absence se faisait vivement sentir: c'était le sire de Gaucourt; par lettres du 14 avril 1426, le Roi luf fit don d'une somme de douze mille livres, pour l'aider au paiement de sa rançon'. D'autres lettres, en date du 14 mars, révèlent un don de trois mille deux cent soixante-une livres, fait — peut-, être en acquit d'une dette — au bâtard d'Orléans et au président Louvet'.
On connaît très imparfaitement les intrigues de la Cour à cette époque; mais le peu de renseignements qu'on possède suffit pour montrer que les rivalités y étaient non moins violentes qu'avant la retraite des conseillers congédiés. On s'explique avec peine comment la reine Yolande, si prompte à agir contre les anciens serviteurs de son gendre , assistât impassible aux désordres dont le château de Uehun était alors le thé&tre. Ce n'étaient, autour du Roi, que querelles et altercations. Tous ces seigneurs du midi, venus à la suite du comte de Foiï, arrivaient à la Cour avec leur tempérament fougueux et leurs vindictes personnelles. Le maréchal de Séverac, qui,
1 . n but rapprodier de ces lettres , données au Bourg^Dieu , et dont l'origioal ae trouve dans le do9»er BarbazjIN (Plicti oHginalet, 167], d'autres lettres du mânie jour portant don de 200 1. 1. i Gailkrdet de Sorea, écuyer, « serviteur de nostre ajjié et féal conseiller el premier chambellan le sire do Barbaun, > pour l'ùder  supporter les frais qn*!! a eus K en pourchassant ta finance dudit premier chambellan. > Cabinet des titres, Sore*. — Btrbaian donna, le tS juin suivant, quittance de 3,000 t. sor les 6,000.
9. Les lettres soot i. Londres, au British Uuséum, AMUUmaal Charttn, n° 3S94 (voir Bibliolhàiat dé l'École de* charlti, t. VU, p. 141); elles sont visées dans ime quittance de 8,000 livres, donnée par Gaucourt le 3 juinl4ST. PUett originala , 1292 ; GAttcauHT.
3. Lettres du 14 mars ii!B , portant reçu de U,000 livres du duc et de U ducbesst d« Bouton, el contenant l'indication de l'emploi de cette somme. Archives, P 13S7<, cote 1U7. — Par lettres du IS février 1426, le Roi conanuait, en bveur de la dame de Mirudol, ses lettres du 20 Hvrier US5, qui n'avaient point refu d'eiëcution. Piéet» origtnolei, 1763 : Louvsi.
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en reparaissant sur la scène en décembre 1425, avait très largement fait rémunérer ses services, était depuis de longues années en lutte avec le sire d'Arpajon, lequel, après avoir Qguré en 1417 dans le conseil du Dauphin, était accouru, à la tête de ses hommes , à la Bouvelle du désastre de Verneuil. Marié à Jeanne de Séverac, le sire d'Arpajon était neveu du maréchal ^ La querelle personnelle de ces deux puissants ^seigneurs menaçait de s'étendre à leurs possessioos : le Roi leur interdit toute voie de fait, et- les ajourna l'un et l'autre devant le Parlement *. Ils résidaient à la Cour pendant que l'affaire se plaidait à Poitiers. Charles VII et plusieurs de ses conseillers s'employèrent à les réconcilier, mais sans y parvenir. Enfin, un jour, Séverac sortait de la chambre du Boi, quand Arpajon, qui ignorait sa présence, vint pour y pénétrer. « Et se rencontrèrent l'un l'autre, dit un chroniqueur, se heurtèrent des poitrines , et s'accolèrent et baisèrent soudainement, pleurons à chaudes larmes, et pardonnèrent l'un k l'autre tous maltalents'. » Le 27 décembre 1425, le sire d'Arpajon déclara que si, comme on le prétendait, il avait écrit une lettre accusant le maréchal de Séverac d'avoir trahi le comte d'Armi^nac, t ce ne pouvoit estre que par chaleur; qu'il en estoit très fâché, et qu'il prioit le maréchal de vivre en ami avec lui, ainsi que de bons parens le dévoient. » Acte de cette réconciliation fut dressé, en présence du comte de Glermont, du connétable, du comte de Foix, du sire d'Albret, du chancelier, du connétable d'Ecosse et de l'amiral de Culant*.
Nous avons la trace d'un autre différend entre Jean Poignant, chevalier, et Pierre Gueho, écuyer, au sujet de paroles prononcées en présence de Charles VII : le Parlement renvoya
1. n avtil époiuj Jeanne de Séterac, flUe de Guj, baron de Sjvenc, frère atné du maréchal, et de Jeanne Dauphioe d'Auvergne. D. VillevieiUe , Ttéiot giiUatugiqiu , ï\ , ' f. SSr.
S. Voir Aiïiiives, X*- 18, f. S »>>; 9191, f. 273 v", K6, 308 Ï--309.