‹ Histoire de Charles VII (volume 3)Chapitre 76 sur 367 · Gniel, p · texte numérisé non relu

Gniel, p

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ils avaient dans leur suite plusieurs capitaines et « gens de grand'façon, » entre autres le maréchal de Boussac '.

Bientôt arriva à Chinon une ambassade du Roi. Elle se composait de Philippe de Coëtquis, archevêque de Tours, et du sire de Gaucoiirt. Les princes répondirent par l'envoi d'une autre ambassade; mais aucun accommodement' ne sortit de ces pourparlers. La saison d'hiver était venue; on ne pouvait songer à commencer immédiatement les hostilités : la prise d'armes fut ajournée.

Si nous cherchons à démêler quelles étaient, au milieu de ces rivalités aboutissant à une guerre civile, les dispositions personnelles de Charles VII , nous constaterons tout d'abord, qu'après avoir, pendant deux années, subi avec résignation le joug du connétable; après avoir, durant cette période, fait preuve d'une longanimité qu'il est impossible de méconnaître, il en était arrivé k ressentir à son égard un insurmontable dégoût. Le meurtre de Le Camus de Beaulieu, auccédant'à l'enlèvement et à l'exécution de Giac. avait achevé de révolter le Koi. Quelle que fût la placidité de sou caractère, quelque disposé qu'il se montrât à accepter, avec une singulière facilité, le fait accompli, il avait trop le sentiment de son autorité et le souci de sa dignité personnelle pour subir plus longtemps une domination non moins humiliante qu'odieuse. L'arrivée aux affaires de La Trémoille, coïncidant avec l'éloignement momentané du connétable et la retraite de la reine de Sicile, le livra sans réserve à des influences hostiles; et La Trémoille, profltant avec habileté de ces dispositions, sut bien vi^ s'insinuer dans l'esprit du Roi et se rendre maître de la situation. D'ailleurs, les événements qui venaient de se produire, l'attitude prise par le connétable étaient de nature à ruiner définitivement son influence. Charles'VIl pouvait-il oublier que Richemont, au lieu de conduire au secours de Pontorson cette armée rassemblée au prix de tant d'efTorts et de sacrifices, s'était arrêté devant les conseils intéressés de son frère le duo de Bretagne, et renonçant à tenir la journée sur laquelle comptaient les

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