‹ Histoire de Charles VIIChapitre 111 sur 340 · Le comte d'Eu est nommé par Monstrclet · texte numérisé non relu

Le comte d'Eu est nommé par Monstrclet

2. Berry, p. 412 ; Chartiep, 1. 1, p. 258 ; Monstrclet, t. V, p. 419.

3. Achat fait à Clérmonl de trois cents « harnois à armer. » moyennant 11,705 livres ; paiement acompte en date du 3 octobre UiO (Ms. fr. 26427, n» 105). — Arbalétriers amenés du LimQusin vers le Roi à Chartres el de là à Louvicrs ; paiement de 40 1. t., I^ar lettres du 6 décembre 1440, à Tandonnct de Fumcl, écuyer d'ccurie , qui avuit rcin|)li cette mission (Pièces originales, 1258 : Fiimel). — Le 2 novembre 1440 les génôrjux des finances font remettre, par le receveur du diocèse de Nimcs, 4,500 1. t., « pour convertir au paiement de certains liamoiz , lances et trait , pour le fuit et arinre du Koy nostre dit seigneur, à son passage pour tirer en Normandie » (Pièces oiiginales, 475': BousANQUET). Cf. document du 17 février 1442 dans le dossier Bec (Pièces originales, 259).

4. Lettres des 6 et 25 septembre 1440, aux Archives de Reims. Il est également ques> tion de cette campagne en Normandie dans des lettres patentes du 7 novembre. Ms. latin

de Dijon se préparèrent à repousser les agresseurs par les armes*. En même temps on envoya vers le Roi pour solliciter à cet égard des explications ^ Sur ces entrefaites Charles VII apprit qu'un marchand, qui lui apportait des harnais de guerre, avait été arrêté par un chambellan du duc de Bourgogne, le seigneur de Temant ; il envoya aussitôt le héraut Berry pour exiger la mise en liberté du marchand et la restitution des harnais '. L'invasion des bandes en Bourgogne fut pour le moment conjurée; mais, quand Charles VII eut quitté le Bourbonnais, le péril devint plus pressant. Au mois d'octobre, le seigneur de Jonvelle écrivait au Conseil de ï)ijon qu'une partie des gens du Roi, commandés par Messire Charles d'Anjou, Jean de Brezé, Floquet et autres, marchaient sur Goulches*. Sur cette rumeur tout le monde se mit en armes. Quand le comte de Fribourg , nommé récemment maréchal de Bom'gogne ', revint dans la province, il donna ordre aux baillis de « ruer jus et prendre » tou^ les gens d'armes étrangers et inconnus qu'ils pourraient trouver ou dont on leur aurait signalé l'approche*. Dans le Nord comme en Bourgogne, les gens de guerre français ménageaient peu les pays du duc. La garnison de Milly, qui avait pour capitaine Pierre Regnault, frère de La Hire, envahit le Ponthieu et le ravagea. Une mêlée s'en suivit, au grand donunage des Bourguignons. Philippe le Bon envoya porter plainte au Roi. Celui-ci répondit que ces excès lui dé-

1. Dès ic 1«<^ juillet, le Conseil de Dijon prenait des mesures de défense; le 15 il faisait dcrire au bailli de Nivernais « pour savoir Tintencion des capitaines et gens d^armes du Roy et du Daulphin, que Ton disoit avoir proposé et conclud dckvenir briefVenient vivre esdiz païs de Bourgogne. » Convocation Ait faite pour le 28 juillet, à Dijon, afin

' d*aviser à la résistance à opposer aux écorcheurs qui traversaient la Loire pour venir porter dommage au pays. Deuxième compte de Louis de Visen , aux Archives de la Côte-d'Or, B 1673, cité par Canat , /. c, p. 402-403.

2. Archives de la Côte-d*Or, B 1673, f. 112 vo et 114. Cf. Canat, p. 403.

3. Cette prise, disent les comptes, avait été faite, à Marcigny-les-Nonains , c par le seigneur de Temant et autres estant en sa compaignie. » (Archives de la Cdte-d'Or, B 1673, f. 116 et 118 v»; Canal, p. 404.) Il ne sera point inutile de faire remarquer que ce même seigneur de Temant était alors employé, de la part du duc de Bourgogne, à une mission secrète auprès du Dauphin, laquelle dura du 15 mai au 2 septembre 1440. (Ar- ,

1 chives du Nord, B 1975, f. 55 v.)

4. Archives de la Côte-d'Or, B 1673, f. 123 vo ; Canat, p. 404. \ 5. Le 6 mai 1440.

^ 6. Canat, /. v.

1440 l'expéditio'n de Champagne. 169

plaisaient fort, qu'il y porterait remède, et qu'en attendant il autorisait le duc à ne point épargner ceux qui s'en rendraient coupables *.

Le Gambrésis, le Hainaut, le Laonnais étaient ravagés par les gens de La Hire , en garnison près de Laon, et les comtes de Ligny et de Saint-Pol leur opposaient une vive résistance '.

Ces continuels désordres, les plaintes quils occasionnaient, et surtout l'impossibilité de faire respecter son autorité, étaient pour le Roi un sujet de vif mécontentement. Une des provinces qui avaient le plus à souffrir de cet état de choses était la Champagne : Charles VII résolut de s'y transporter. Ayant rassemblé une nombreuse armée, il s'avança jusqu'à Troyes', accompagné du Dauphin , du comte du Maine et du connétable de Richement.

A peine arrivé, le Roi reçut les plaintes de ses sujets, qui lui parvinrent de tous côtés. La contrée avait été dévastée et les gens de guerre y avaient fait la plus grande mangetHe qu'on put voir*. Les religieux de Môntier-la-Celle exposèrent que leur abbaye avait été brûlée et tous leurs édifices détruits*. Des pays voisins, les doléances arrivaient également : les gens du Conseil de Dijon envoyèrent des re^nontrances sur « les grans et excessifs dommaiges et maulx que les escorcheurs faisoient de jour en jour dans les pays de Bourgogne, » et réclamèrent « remède et provision *. » Le Roi avait mandé les capitaines de compagnie pour mettre un terme aux désordres qu'ils commettaient^; il se fit délivrer les procès-verbaux des

Page 1