L EXPÉDITION DE CHAMPAGNE
comte devait renoncer à toute prétention sur le duché de Lorraine et vivre en paix avec René ; il devait autoriser son fils à faire hommage à celui-ci des fiefs de Vaudemont et de Moustier-sur-Saulx. Le Roi s'engageait à lui assigner, dans un délai de deux ans , des terres pour une valeur de vingt-deux mille livres tournois ; cinq mille florins lui étaient attribués pour la délivrance des prisonniers restés entre ses mains ; enfin le revenu du grenier de Joinville était abandonné au comte et à son fils, pour en jouir leur vie durant *.
Au retour de cette marche -triomphale à travers des contrées désormais pacifiées et rattachées étroitement à la couronne, Charles YII s'arrêta à Laon. Là, apprenant que les gens du comte de Saint-Pol s'étaient permis d'arrêter à Ribemont un convoi d'artillerie qui venait de Tournai et de s'en emparer, le Roi envoya La Hire, Antoine de Ghabannes et Joachim Rouault, . à la tête d'un corps d'armée, pour punir un tel attentat. Averti de cette attaque, le comte de Saint-Pol avait en toute hâte garni ses places ; mais quand ses gens virent paraître l'armée royale, ils n'osèrent résister, et évacuèrent Ribemont. La place fut aussitôt occupée par les Français. De là, ceux-ci se portèrent sur Marie, qui fut assiégé. Le comte de Saint-Pol, se voyant ainsi serré de près , sentit que toute résistance était inutile. Son suzerain, le duc de Bourgogne, lui refusait son appui ; il n'avait plus qu'à se soumettre. Sa mère, la comtesse de Ligny, venait de se rendre près du Roi pour lui faire hommage; des ouvertures furent faites par son entremise. Le comte vint trouver Charies VII à Laon et implora le pardon royal. Un acte fut rédigé, par lequel Louis de Luxembourg était mis en la bonne grâce du Roi, moyennant hommage de ses seigneuries et de celles de sa femme, la comtesse de Marie. Le comte de Saint-Pol prêta serment et promit au Roi de le servir contre les Anglais *.
Il semblerait que le voyage de Charles VII en Champagne , les mesures sévères prises contre les gens de guerre eussent
1. Leibniz, Codex diplomaticus , part. I. p. 371 ; Du Mont, Corps diplomatique, t. III, part. I, p. Mi.