Monstrelet, t. V, p
tèrent de ce côté les progrès de rennemi. Mais, autour de Paris», les garnisons anglaises de Gisors, de Pontoise, de Creil, de Meaux, sans cesse renforcées et ravitaillées,, ne cessaient de parcourir le pays et portaient leurs ravages jusqu'aux portes de la capitale, où la peste continuait à sévir*. A la fin de décembre, un arrangement fut pris çntre le comte de Dorset, d'une part, et le duc d'Alençon et le comte du Maine, de l'autre, pour mettre les possessions de ces princes à l'abri des apatis, ou contributions de guerre levées sur les habitants ^
Les gens de guerre français rivalisaient d'ailleurs avec l'ennemi, et les habitants de Paris avaient cruellement à se plaindre de leurs excès'. Certains capitaines se donnaient d'étranges licences : Saint- Aignan , en plein Berry, eut à subir un siège; il fallut que le Roi réunît une armée pour délivrer la place*. Les caj)itaines qui commandaient cette armée trouvant, à leur arrivée, le siège de Saint-Aignan levé, n'eurent garde de perdre une si belle occasion. Le comte de Vaudemont était alors en guerre avec le roi René; ils prirent le chemin de la Lorraine (novembre 1438), et chacun s'enrôla à son gré sous l'une ou sous l'autre des deux bannières. Charles VII dut intervenir en faveur de son beau-frère, et enlever d'autorité au comte de Vaudemont ses auxiliaires français*; mais ceux-ci se firent solder à deniers comptants le prix de leur retraite. Puis, quand la guerre de Lorraine fut terminée (février 1439), les capitaines, dont le nombre ne s'élevait pas à moins de vingt-cinq, allèrent ravager l'Alsace, où ils commirent les plus effroyables excès ; après une tentative infructueuse sur Bâle, où siégeait encore un
i. Monslrelet, l. V, p. 342 ; Journal d'un bourgeois de Paris ^ p. 3i2-43; Charlier, l. I, p. 246. — Voir sur le ravitaHleinent des garnisons, Archives, K 64, n*» 24 bis; Bibl. nationale, Montres, H,noM339, 1322, 1323, 1339, 1341, 1344; 12, no« 1359 et sttiv.; Clairambault, 183, p. 6692 et 94 ; 185, p. 6871 ; D. ViUevieille, Titres originaux, 25, no» 67 et 68, etc.
2. Ce traité fut passé à Harcourt le 20 décembre 1438. Voir le texte dans Léonard, Recueil des Traiter, 1. 1, p. 457, et Du Mont, Corjys diplomatique, t. lil, part. II, p. 60.