‹ Histoire de Charles VIIChapitre 141 sur 340 · Berry, p · texte numérisé non relu

Berry, p

5. Par lettres données le 2 mars, à Lusignan, des pouvoirs spéciaux étaient conférés i Simon Charles, président de la Chambre des Comptes, et à Guichard de Chissé, Tun des maîtres d*hôtel du Roi (Compte d^Ântoine Raguier, dans Le Grand , vol. VI, f. 99 v» et 153; cf. Archives, PP 110, f. 254). Dans un document en minute de la main de Simon Charles, en date du mois d'août 1442, il s'intitule « présidant en la Cliambrc des comptes et commis au gouvernement de toutes finances es pays sur et deçà les rivières de Seine et d'Yonne • (Ms. fr. 26070, no4622). — Dunois et Brezé étaient chargés de la garde des frontières du pays Cbartrainet du Maine (Monstrelet, t. VI, p. 58).

6. Pendant ce séjour à Rufiec le Dauphin faillit périr. On lit dans des lettres de Louis XI en date du 30 avril 1483 : « Savoir faisons à tous prescns et à venir que nous, coDsiderans comme sommes issus du lignage monseigneur saint Louis de Marseille, et que tOQsjours, depuis ce jour de nostre nativité , qui fut le troisiesme jour de juillet Tan mil

238 HISTOIRE DE CHARLES VII. Wvl

taines désignés dans l'acte du 24 janvier n'avait pas eacore fait sa soumission : c'était Guiot de la Roche ; un détachement fut envoyé devant Verteuil, que ce capitaine occupait avec deux cents hommes. Quand il vit approcher les bombardes et « engins volants » qui lui annonçaient une attaque en règle, Guiot de la Roche s'empressa d'ouvrir les portes, et prit l'engagement de ne jamais porter les armes contre le Roi. Par ordre royal, la place fut aussitôt démolie *,

Pendant son séjour à Ruffec, Charles VII vit arriver le comte de Dunois. Cette fois, Dunois ne venait plus comme porteur de paroles des princes assemblés à Nevers ; il était chargé d'une mission spéciale de son frère : le duc d'Orléans faisait offrir au Roi de s'employer à la remise entre ses mains de la ville d'Angoulême , occupée par les gens de Guiot de la Roche. Le Roi accueillit favorablement cette proposition; bientôt un traité, passé par Dunois , amena l'évacuation complète de l'Angoumois par les pillards *.

Sur la demande des Anglais ', la « journée de Tartas » avait été reculée du !«' mai au 24 juin. Le Roi, voulant empêcher les désordres qui pouvaient résulter de l'agglomération de ses

quatre cens vingt trois, jusqu'à présent, nostre benoist Sauveur, par Tintercession de sa très glorieuse Mère Marie, Vierge immaculée, Reine des cieux, nous a tousjours préservé et gardé de tous périls et dangers corporels; et mesmement, en allant jà pieça avec fea nostre très chier seigneur et père (que Dieu absoille !) à la journée de Tartas, nous estans à Ruffec le jour d*un saint vendredy que icelui nostre benoist Sauveur souffHt et endura mort et passion pour la rédemption de l'humain lignage, faisant en l'honneur et révérence d'iceluy saint jour jeune et abstinence , et en estant aux champs audit lieu de Ruffec, tronvasmes feu nostre oncle Charles, en son vivant conte du Maine, avec lequel et Loys de Valory, seigneur de Tillay, nous meismes en une santine sur la rivière passant audit lieu de Ruffec, et en allant le long d'icelle arrivasmes à un moulin, auquel, pour la force et inondation de l'eau qui là estoit roide et aspre, ladicte santine tourna, et tous trois saillismes en ladicte eau , en laquelle ladicte santine du tout se submergea et afondra, et de grande ardeur et haste de saillir l'eau d'iceluy moulin, qui estoit arreslé et ne mooloit point pour l'honneur dudit saint vendredy, nous jetta en bas la teste première, et lors, en ayant très singulière remanbrance et reclamant très dévotement l'aide et secours d'icelle Vierge intemerée, nous vouasme à Elle et à son église au lieu de Behuart, et incontinent nous toumasmes tout envers sur ladicte eau, les pieds premiers, laquelle, de sa force et impétuosité, nous jetta sur le milieu d'une petite grève, et promptement, en élevant la teste, vismes les gens qui à l'entour d'illec estoient... d Mss. Le Grand, vol. VI, f. % vo.

1. Berry, p. -418. — Il est fait allusion à cette démolition dans des lettres du mois de novembre 1446. Archives, JJ 178, n» 67.

Page 1