Berry, p
de Ghampeaux , évêque de Laon , dont radministration financière en Languedoc avait été signalée par de graves malversations '.
Après avoir célébré à Saumur la fête de TÉpiphanie, Charles VII se rendit à Bressuire. Il s'agissait de dissoudre une véritable ligue dont La Trémoille était le chef. Le Roi envoya mettre en sa main Mareuil et Sainte-Hermine , occupées par les gens de La Trémoille ; les deux places furent évacuées, et les capitaines ne furent maintenus qu'après avoir prêté serment de ne plus molester les habitants de la contrée '. Pendant son séjour à Bressuire, le Roi donna des lettres (17 janvier), convoquant à Toulouse pour le !«'' avril les nobles et les milices du midi ^ ; il envoya en même temps aux comtes d'Armagnac, de Foix et de Gomminges , au vicomte de Lomagne et au sire d'Albert l'ordre de venir le trouver dans cette ville, à la tête de toutes les forces dont ils pouraient disposer \
De Bressuire , le Roi se rendit à Niort. Gette ville fut enlevée au duc d'Alençon, qui en avait la garde, et placée sous l'autorité royale. A la date du 24 janvier, Gharles VII rendit un acte qui atteste l'ascendant de son pouvoir. Gonsidérant que nul ne devait se mettre en armes ni tenir des gens de guerre sans son autorisation, sous peine de crime de lèse-majesté et d'être tenu pour rebelle et ennemi de la chose publique, il déclara Jacques, sire de Pons, Guiot dq la Roche, Maurice de Pluscallec et plusieurs autres, — lesquels, depuis longtemps, malgré les inhibitions et défenses à eux faites , n'avaient cessé d'avoir sous leurs ordres des gens de guerre en grand nombre et d'exercer les plus cruels ravages dans le Poitou , la Saintonge et les pays voisins, — « destruiseurs et depopulateurs de pays et crimineulx de lèse magesté » envers lui et la chose publique, les bannit du royaume et confisqua tous leurs biens.
1. Ordonnances du 31 décembre liil. — Nous reviendrons plus loin sur ces mesures.
^. Berry, p. 117.
3. D Vaisscte, t. IV, p. 496. Il résulte de lettres portant la date du 11 aoât iUi (Ms. fr. 23962, f. 2) que tous nobles et autres ayant coutume de s*armeret de suivre les guerres avaient été convoqués.
l. D. Vaisscte, l. c.
Dix jours leur étaient donnés pour se rendre à merci *. Voulant donner une prompte sanction à cette mesure , Charles VII s'avança jusqu'à Saint-Jean-d'Angely et Saintes. A l'arrivée du Roi, marchant à la tête de son armée , Jacques de Pons s'empressa de faire pleine et entière soumission; il abandonna les places que lui et son père n'avaient cessé d'occuper, prétendant les tenir en gage de la Couronne *. Mais Maurice de Pluscallec, loin de suivre cet exemple , se retrancha avec ses frères dans la ville de Taillebourg et garnit de gens de guerre les autres forteresses de la châtellenie ^. Un corps d'armée, envoyé pour les mettre à la raison, entra de vive force dans Taillebourg et les fit tous trois prisonniers. Maurice fut conduit à la Rochelle et déclaré coupable de lèse-majesté; ses gens, en punition de leurs crimes, subirent la peine capitale*.
Ayant pourvu de la sorte à la sécurité de la Saintonge, Charles VII reprit le chemin du Poitou. Le 2 mars il était à Lusignan. Par lettres données dans cette ville , le Roi prit des mesures pour assurer la bonne administration du royaume pendant son expédition dans le midi*. Charles VII se rendit ensuite à Ruffec, où il passa les fêtes de Pâques ^ Un des capi-
1. Archives, \^ 23, f. 359; [Miblié par Tuetey, Les écorchetirs en France, t. I^ p. 127, note.
2. Berry, p. 417; Promesse de Jacques de Pons d'être à l'avenir vrai, loyal et obéissant vassal du Roi. Archives, P2531, f. 208 v», et 2298, p. 1203. Jacques de Pons était neveu de La Trérooille ; sa soumission ne fut que momentanée ; il ne tarda pas à conspirer avec les Anglais ; il fut emprisonné, et alors commença un procès , pour crime de lèsen^jestë, qui dura plusieurs années et se termina par une condamnation à mort.
3. Lettres de Cbarle^ VII du 24 septembre 1442, citées par Massiou, Histoire de la Sainionge et de l'Aimis, t. III, p. 279, note, et 280, note. Le texte est aux Archives, P 2546, f. 241 vo, et P 2298, p. 1224.