et 9 mars 1443. Proceedings, t. V, p
5. Wenlok est envoyé au duc d*0rléans ; Bidan va en Guyenne avec une mission pr^ des villes de Bordeaux, Bayonne et Dax ; autre mission de Tliomas Wert Prœeedinat t. V, p. 238 et 248-49.
6. Des lettres de rémission, en date du mois de mai 1446, mentionnent les ravages commis par les routiers après l'expédition de Guyenne (Archives, JJ 177, n« 201). \|| mois de juillet précédent, des lettres données à Toulouse, le 26, à la relation dn Conseil et adressées aux sénéchaux et viguiers de Toulouse, Carcassonne, Beaucaire, Qnercy, Rouergue et Agenais, faisaient défense de livrer passage à plusieurs nobles et aolres gens de guerre de la compagnie du Roi, du comte du Maine, du connétaMe, des comies de la Marche et de Foix et du vicomte de Lomagne qui, après avoir suivi le Roi jusqu'à Tartas, avaient abandonné son ost et siège, sans permission, s'étaient débandés, e^ se répandaient dans le pays, où iîs commettaient une foule de désordres (D. Yaissete, t. IV, p. 497). La même défense fut renouvelée par lettres du 11 août (Ms. fr. 23962, f. t). Voir les plaintes foimulées par les États de Languedoc (D. Vaissete, p. 499).
garde de ces princes. Depuis plusieurs années, le Roi en poursuivait la restitution. En vain, lors de son passage à Toulouse, en mai 1442, avait-il envoyé aux comtes de la Marche, de Foix et d'Armagnac un ajournement pour comparaître devant lui. Jusqu'ici, le comte d* Armagnac et le comte de Gomminges avaient résisté à toutes les injonctions. Les quatre commissaires étaient chargés en outre de poursuivre la mise en liberté de la comtesse de Gomminges, que son époux tenait étroitement enfermée, et de la conduire à Toulouse. En cas de refus, ils devaient employer la force *.
Marguerite, comtesse de Gomminges, avait, dès 1419, épouse en troisièmes noces * Mathieu de Foix , auquel elle avait, par contrat de mariage, apporté son comté en dot. Elle avait alors environ cinquante-six ans ; son mari n'en avait guère que trente-quatre. La mésintelligence ne tarda point à éclater dans ce ménage peu assorti. Maltraitée par Mathieu de Foix, qui n'avait eu en vue que son héritage, la comtesse fut enfermée dans le château de Saverdun ; tout le reste de sa longue vie s'écoula dans les murs d'une prison. Elle venait d'être transférée du Béarn dans une des tours du château de Foix.
Charles VII avait résolu de faire cesser un état de choses aussi révoltant. En même temps qu'il prenait des mesures pour faire respecter sa volonté , il convoqua à Toulouse , à la date du 15 février, rassemblée des États de- Gomminges.
Gette affaire le préoccupait depuis plusieurs années. Se trouvant au Puy, en mai 1439, il avait reçu une députation des États de Gomminges , le sollicitant de faire mettre la comtesse en liberté. Gharles VII avait chaîné le Dauphin, qui venait d'être investi des fonctions de gouverneur du Languedoc, de suivre cette affaire ; mais le brusque départ du jeune prince avait forcé d'ajourner la solution.
Le Roi n'était point encore arrivé à Toulouse quand les États
1 . « Et si plenière obéissance oe nous est faicte audit pays de ComniiDges/ disait le Roi dans les lettres de commission du 17 janvier 14i3, nous manderons et ferons venir de Bos gens d^ar&ies pour y procéder par voie de fait et mettre en nostre main la dame, le pays et les forteresses dUcelui. » D. Vaissette, t. IV, p. 499.
S. Marguerite avait épousé : !<>, en 1378, Jean m, comte d* Armagnac ; t^ en 1885, Jean d^Âmagnac, vicomte de Fezensaguet.
s'assemblèrent; il se iSt représenter par des envoyés, munis de ses instructions. En vertu des ordres du Roi et d'une délibération des États, le comte d'Astarac se rendit à Muret, près du comte de Gomminges (21 février). Celui-ci promit d'obéir, mais demanda un délai, afin de.poiivoir se rendre près du Roi et d'obtenir de lui un arrangement. Charles VII était bien décidé à ne tolérer aucun attermoiement. Le 24 février, il donna ordre aux États de Gomminges de rester assemblés. Le 26 , à peine arrivé , il reçut la soumission du comte de Gomminges. Le 9 mars, un traité mit fin à cette épineuse affaire : le comte s'engageait à remettre immédiatement la comtesse aux mains du Roi ou de ses représentants; la jouissance des places du comté de Gomminges était partagée entre la comtesse et son mari, leur vie durant, conformément aux stipulations énoncées dans l'acte ; le comté devait rester au survivant; il serait ensuite réuni à la Couronne; enfin abolition générale était donnée pour tout ce qui avait eu lieu dans le passé*.
L'exécution suivit de près : la comtesse de Gomminges, alors dans un âge très avancé, fut amenée à Toulouse, et conduite à Poitiers ; le 6 juin suivant, elle signait dans cette ville un acte par lequel elle déclarait renoncer à toutes appellations faites en son nom. La vieille Marguerite ne jouit pas longtemps de sa liberté : elle mourut dans le cours de cette même année.
« Cette justice hardie donna beaucoup à penser à tous ces seigneurs du midi, jusque-là si indépendants ^ » Le jeune comte de Foix étant venu faire hommage au Roi,. on lui demanda de quel droit il s'intitulait comte « par la grâce de Dieu, » et on lui fixa un délai pour produire ses titres'. Dès l'année précédente, défense avait été faite au comte d'Armagnac, par des commissaires royaux désignés à cet efiet, de s'intituler de la sorte. Loin de se soumettre , Jean IV en avait
1. Berry, p. 422-23; D. Vaissele, t. lY, p. 498-99, l. V, p. 3, et Preuves du t. IV, col. 463 ; Gastilion, Histoire des populations pyrénéennes, t. II, p. 70 et 363.