‹ Histoire de Charles VIIChapitre 157 sur 340 · D. Vaissele, t. IV, p. 500, et t. V, p · texte numérisé non relu

D. Vaissele, t. IV, p. 500, et t. V, p

1443 LA CAMPAGNE DE GUYENNE. 2fi8

appelé au Parlement *. Le moment n'était pas éloigné où l'attitude douteuse que, depuis longtemps, il gardait à l'égard de la Couronne allait se transformer en révolte ouverte.

Le comte d'Armagnac n'avait point obéi aux injonctions du Roi relativement à la remise des places de la comtesse de Comminges. A la nouvelle de la mort de Marguerite, il prétendit que celle-ci lui avait fait récemment une donation secrète , et se saisit de son comté.

Une telle conduite appelait un châtiment : ce châtiment ne se fit point attendre. Après avoir vainement fait sommer le comte de renoncer à ses prétentions et de rendre les places qu'il détenait injustement, Charles VII ordonna au Dauphin de marcher contre le rebelle. On a vu plus haut que cette expédition se termina par l'arrestation du comte et la confiscation dé ses possessions *.

Cet épisode est comme le dénouement de la « journée de Tartas » et de la campagne qui lui succéda. Si les Anglais ne furent pas cette fois définitivement vaincus , la haute féodalité du midi fut abattue sans retour. Désonnais il ne pouvait plus y avoir de place pour ces intrigues que l'habile vigilance du ^gouvernement royal avait su déjouer.

Pendant le séjour du Roi , la ville de Toulouse fut témoin de fêtes brillantes. Tout d'abord on assista à l'entrée solennelle de la Reîne. Elle était en croupe sur un cheval blanc monté par le Dauphin, et s'avança sous un magnifique dais aux armes de France et d'Anjou , porté par les capitouls. Son costume consistait en une robe bleue , doublée d'hermine , avec une coiflfe de toile ou de gaze blanche, rehaussée de chaque côté et formant comme un croissant au-dessus de sa tête'; elle regut pour « sa joyeuse et noble entrée » la somme de cinquante marcs d'argent*. Bientôt on vit arriver (vers le 19 mars) le roi René, débarqué en Provence au mois d'octobre , où il avait été

1. Acte (l'appelbUon du 19 mars 1442. Les commissaires royaux étaient Tévéque de Maguelone et le bailli de Soissons. Doat, 217, f. 145.

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