‹ Histoire de Charles VIIChapitre 166 sur 340 · Instructions au doyen de Vei'gy · texte numérisé non relu

Instructions au doyen de Vei'gy

7. Jean Joulfroy reçut le 16 mars, à Dijon, l'ordre de partir pour aller en ambassade vers le Roi aux pays de Languedoc, de Limousin et de Poitou ; il vacqiia à ce voyage durant cent-seize jours, jusqu'au 9 juillet. Archives du Nord, B 1978, f. 69 v^, 90 v» et 99. — On voit pai' les Registres secrets de Mâcon, cités par M. Canat (l. c, p. 429 note), que le départ du doyen fut retardé par une affaire à régter avec les habitants de Mâcon, et qu'il ne s'effectua que le 5 avril.

prochainement trouver le Roi , « à Poitiers ou ailleurs où il serait, » pour l'entretenir de la paix avec l'Angleterre. Le duc chargea son ambassadeur de se rendre vers le duc d'Orléans , de l'accompagner près du Roi, et d'agir conformément à ses avis. Le doyen de Vergy était porteur de lettres pour le Roi et le Dauphin ; il avait mission de présenter des « remontrances » sur les ravages incessants commis dans les pays du duc par les gens des garnisons, sur les menaces d'invasion en Bourgogne des routiers ayant pour chefs le maréchal de Jalognes, Antoine de Chabannes et Floquet : « qui seroit chose bien estrange, » disait-il, « que d'un costé il fist par ses subgez aider et secourir le Roy, et de l'autre costé l'on lui vint dommaigier et gaster ses pays. » Le duc faisait savoir qu'il avait levé des gens de guerre pour résister aux routiers, ce qui occasionnait de grands frais pour lui et pour ses pays, qui en étaient « opprimez et foulez. » Il suppliait le Roi de faire^ défense à ses gens de venir en Bourgogne et d'y commettre aucun dommage, et en même temps de prendre des mesures effectives pour que ses ordres fussent exécutés. D'autres réclamations portaient sur la jouissance des aides et tailles dans les villes enclavées, à laquelle le duc avait droit conformément au traité d'Arras , et sur la prétention du Roi de se faire restituer dix rubis balais ayant appartenu à Anne de Bourgogne, duchesse de Bedford ; enfin l'ambassadeur devait solliciter du Dauphin l'évacuation de la forteresse de Beaulieu, occupée par des gens qui se disaient à lui et qui ravageaient la contrée ^

Le duc entretenait alors des relations personnelles avec le Dauphin. Il y avait entre les deux princes échange de présents et comme assaut de courtoisie. Le Dauphin envoyait des lévriers à Philippe, et celui-ci répondait par le don de faucons et de chiens ^.

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