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Inslruclions au doyen de Vergy

2. Le S5 octobre 1442, le duc de Bourgogne faisait donner six tasses d^aigent, du prix de 108 fr., à Georges de Leschaitro, écuyer du Dauphin, qui lui avait présenté deux lévriers de la part de son mailre. Le 31 mars 1443, Louis de Manimes, écuyer tranchant du duc et son maître fauconnier, était envoyé au Dauphin pour lui présenter deax faucons et deux chiens ; il avait aussi à Tentrelcnir d* « aucunes choses et matières secrètes. » Archives du Nord, B 1975, f. 174 ; 1978, f. 69-70.

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La reprise des négociations avec l'Angleterre préoccupait toujours le duc de Bourgogne ; il avait envoyé un de ses secrétaires au duc de Bretagne ', et ne tarda pas à faire partir Toison d'or, chargé d'une mission près du cardinal de Luxembourg et du duc d'York *. Le Pape était également très désireux de procurer une paix qui, en pacifiant les deux plus puissants royaumes de la chrétienté, permettrait de tourner leurs armes contre les Turcs, alors très menaçants; il venait d'écrire à l'évêque de Brescia, son nonce en France, pour lui enjoindre de travailler à la paix'. La chose était d'autant plus souhaitable que le duc de Bourgogne, cédant aux instances du Pape, venait * de décider l'envoi d'une expédition contre les Turcs et qu'il levait des troupes dans ce but*.

A peine Charles VII fut-il installé à Poitiers (25 mai) qu'il vit arriver le duc d'Orléans et le nonce du Pape. Le 9 juin, jour de la Pentecôte, il les admit à sa table'. Le Roi avait autour de lui le Dauphin, le roi de Sicile, le comte du Maine. L'affaire de la paix fut mise aussitôt en délibération ; le duc d'Orléans fut autorisé à faire agir le duc de Bretagne auprès du gouvernement anglais. Pendant son séjour à Poitiers, Charles d'Orléans reçut une pension de dix-huit mille livres •. En même temps qu'il décidait la reprise des négociations avec l'Angleterre , le Roi s'occupa de secourir Dieppe : le Dauphin reçut le gouvernement des pays situés entre la Seine et la Somme, et fut chargé, avec l'assistance de Dunois et de Gaucourt, de conduire une armée pour faire lever le siège ^.

Au mois de juillet le Roi se transporta à Lusignan, en compiignie de la Reine. Marie d'Anjou était grosse ; elle revint en

1. Le 13 février i4tô, le duc faisait partir Nicolas le Bourguignon, pour aller trouver le duc de Bretagne. Arcliives du Nord, B 1978, f. 69.

i. Toison d*or partit au mois de juin, et fut employé à cette mission jusqu'au 11 juillet. Arcliives du Nord, B 1978, f. 152.

3. Voir la longue et fort belle lettre du Pape à Tévêque de Brescia, nonce apostolique en France, en date du 18 des Calendes de février U43. Raynaldi, ann. UU, § 5.

i. Mandement du 96 juin \US. Voir Ganat, p. 435.

5. Compte de Jean de Rosntvinen, détruit dans Tincendie de la Bibliothèque du Louvre.

6. Archives, K 67, n» 24. — Pendant son séjour à Poitiers, le duc d'Orléans iiîpuI du Roi un cheval en présent. Comptes de 1442-44. Pièces originales, 2178 : Orléans.

7. Berry, p. 429 ; Charlier, t. II, p. 38 ; Monslrelet, t. VI, p. 77.

litière*, et alla s'établir à Tours, où, le l'^'' décembre, elle devait accoucher d'une fille. De Lusignan le Roi se rendit à Chinon, et de là à Saumur, où il établit sa résidence (septembre); il était ainsi mieux à portée de suivre les négociations entamées par le duc de Bretagne. Ce séjour fut employé en outre à opérer d'importantes réformes administratives, sur lesquelles nous nous arrêterons plus loin.

Le duc de Bretagne avait continué les traditions de son père : il était demeuré l'allié de Henri VI ; il avait même conclu avec ce prince un nouveau traité de « paix finale*. » Aussitôt informé de la décision prise à Poitiers , il fit partir pour l'Angleterre son jeune frère Gilles', qui, élevé à la cour de Henri VI, était plus Anglais q^e Français. Gilles de Bretagne était accompagné d'ambassadeurs bretons. Mission leur était donnée, tout en présentant certaines requêtes personnelles à leur maître*, de faire savoir que le duc était disposé à s'employer au bien de la paix générale entre les deux royaumes, et de demander si le roi d'Angleterre voulait accepter sa médiation.

Nous avons la réponse faite à cette communication; elle porte la date du 26 août 1443 \

Le roi d'Angleterre remerciait le duc de Bretagne de son bon vouloir; il désirait que ce prince et tous les princes catholiques eussent en mémoire comment le roi son père avait, durant toute sa vie, poursuivi le bien de la paix; comment, depuis, lui-même, marchant sur ses traces, n'avait cessé de travaillera la paix. Toutes les fois que, par son adversaire ou par d'autres,

1. Mandement de la Reine en dale du 6 septembre. Ms. fr. ^O^ilS, f. 17.

2. II est fait allusion à ce traité dans un Mémoire publié dans Proceedings and ordi' nanceSy t. VI, p. 11-12, cl dans une lettre de Heni'i YI au duc de Somerset en date du 17 décembre 144-3. Proceedings, t. VI, p. 22.

3. Il résulte du compte du trésorier et receveur général du duc qu*au mois de juin liiS, Gilles de Bretagne était à Dinan, sur le point de passer en Angleterre. D. Morice , t. 11, col. 1371.

i. Les ambassadeurs devaient demander la mise en possession du comté de Richemont, dont le duc de Bretagne feraiC hpmmage par procureur; ils devaient également présenter des réclamations relativemient aux actes d'hostilités commis par des sifjets anglais sur les Bretons. — Il faut dire que le gouvernement anglais se plaignait de son tôté de faits analogues , à la cliarge des Bretons. Proceedings and ordinances , t. V, p. 283 et 297.

5. Le texte est dans D. Morice, t. 11, col. 1360, et dans Procetdings and ordinmees, U VI, p. 3.

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des ouvertures lui ont été faites, il les a accueillies d'une manière effective, envoyant à diverses reprises des princes de son sang et de notables conseillers, munis de pouvoirs suffisants pour arriver à une conclusion ; il n'a donc tenu ni au roi ni aux siens que la chose n'ait pu jusqu'ici parvenir à bonne fin. Néanmoins, le roi, persévérant dans son saint et louable propos, en révérence de Dieu, et pour éviter l'effusion du sang humain et les autres inconvénients qu'entraînent les guerres de longue durée, était et serait toujours, comme prince catholique, prêt à entendre au bien de la paix par bons et raisonnables moyens; il était donc très joyeux que le duc de Bretagne se portât médiateur, sans toutefois vouloir exclure ceux qui déjà avaient offert ou qui offriraient leur concours en cette qualité. Si quelques ouvertures étaient faites par la partie adverse, le roi demandait au duc de le lui faire savoir, en tout temps, avec la plus grande diligence. Le roi était, d'ailleurs, encore disposé à envoyer très prochainement en France de notables ambassadeurs, lesquels pourraient lui déclarer plus au long l'affection et le parfait vouloir qu'il avait au bien de la paix. Si la divine miséricorde permet que la paix puisse se faire, le roi s'arrangera pour que le duc y soit compris dans de « bons et honorables termes. »

Les choses semblaient favorablement disposées pour la reprise des négociations. L'Angleterre, il est vrai, tentait à ce moment un dernier effort sur le terrain militaire * ; mais , pour elle, la 'i:)rolongation de la lutte devenait chaque jour plus difficile. L'épuisement des finances , les divisions dans le Conseil privé, la lassitude universelle, les révoltes qui, au sein même du royaume, menaçaient Tautorité royale, tout se réunissait pour imposer l'obligation de mettre fin à une guerre désormais sans but et sans issue. Réduits depuis longtemps à la défensive, les Anglais se voyaient enlever peu à peu leurs conquêtes, et la Normandie ne subissait qu'avec peine un joug de plus en plus odieux.

Quand il fut informé par le duc de Bretagne des dispositions

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