M. Vallet en fait lui-même la remarque (p
5. Inventaire de la fabrique de l'église collégiale de Loches en 1740, cité par La Thaumassièi*e, Histoire de Bemj, p. 94, et par M. Vallel de Viriville, Recherches hjstth riques sur Agnès Sorel , dans la Bibliothèque de l'École des chartes, t. XI, p. 304.
Avant la fin de 1444, Agnès Sorel était donc à la Cour, et en possession d'un titre.
Un auteur du temps donne à ce propos l'explication suivante : « Et comme entre les belles elle estoit tenue pour la plus belle du monde, fut appelée damoyselle de Beaulté, tant pour celle cause comme pour ce que le Roy luy avoit donné à sa vie la maison de Beaulté de lez Paris * ...» Ce château , situé près du bois de Vincennes, était, paraît-il, « le plus bel et jolis et le mieulx assis qui fust en toute l'Isle de France *. »
La date de 1444, que nous fournit l'inscription de Loches, est corroborée par le témoignage d'un contemporain. Thomas Basin, évêque de Lisieux, — dont les récits, restés manuscrits jusqu'à nos jours, n'avaient pu être utilisés par l'histoire, — dit que la faveur d'Agnès commença à Vépoque des trêves e)Ure la France et r Angleterre ^. Or, nous venons de voir que le traité auquel il fait allusion fut conclu le 28 mai 1444.
Deux autres contemporains confirment le témoignage de l'évêque de Lisieux : Olivier de la Marche, racontant le voyage que fit la duchesse de Bourgogne à Ghâlons en juin 1443, écrit que le Roi a avoit nouvellement eslevé une povre damoiselle , gentil-femme , nommée Agnès du Soret *. » Et le chroniqueur officiel Jean Chartier, après s'être efforcé de laver la mémoire de Charles VII de tout reproche injurieux au sujet d'Agnès, déclare à deux reprises qu'elle « avoit esté au service de la Reyne par l'espace de cinq ans ou environ^. » Agnès étant morte le 9 février 1450, ces années ont leur point de départ, au plus tôt, à la fin de 1444.
Voilà des témoignages bien formels et tous concordants. Voyons ce qu'on prétend leur opposer.
Un historien, qui s'est donné la tâche difficile de concilier la légende avec les textes authentiques, appelle à son aide deux
1. Continuateur de Monstrelet, dans le tome III de Monstrelet, éd. de 1586, f. 25. â. Journal d'un bourgeois de Paris, p. 387.
3. < Tempore treugarum quas inter ipsum et anglicos cucurrerunt, liabuit in deliciis unam prœcipuam satis formosam niulierrulam, quam vulgo pulchram Agnetem appellabant. > Histoire des règnes de Charles VU et de Louis XI, publiée par M. J. Quicherat, 1. 1, p. 313.