RELATIONS AVEC LES PUISSANCES ETRANGERES
U35-iUi
Attitude de l'empereur Sigismond à Tégard du duc de Bourgogne. — Relations de la France avec le «duc Frédéric d'Autriche; mort de l'empereur Sigismond. — Election d'Albert d'Autriche ; Charles VII lui envoie un ambassadeur ; nouvelle ambassade au duc Frédéric.
— Mort d'Albert^ élection de Frédéric III. — Le nouveau roi des Romains écrit à Charles VII.
— Relations de l'Angleterre avec les pnncLS allemands. — Correspondance de Sigismond, duc d'Autriche, avec Charles VII au sujet de soq mariage. — Relations de Frédéric 111 *vec Henri VI et Philippe le Bon. — Qufstion de la succession du'Luiembourg ; le duc de Bourgogne s'assure l'héritage de la duchesçe de Luxembourg. — Difficultés qu'il rencontre; entrevue du duc et de Frédéric III à Besançon. — Philippe poursuit ses desseins; il fait la conquête du Luxembourg ; traité par lequel le duc et la duchesse de Saxe renoncent à leurs droits en sa faveur. — Attitude des électeurs de l'Empire à l'égard de la France. — Relations avec l'Ecosse; assassinai de Jacques I*'; situation de ce royaume; mariage d'Isabelle d'Ecosse avec le nouveau duc de Bretagne. — Relations avec U Castille; anarchie qui règne dans ce pays ; ambassades de Charles VII en Castille. — Attitude d'Alphonse V, roi d'Aragon. — Relations avec la Savoie ; le duc Louis contracte une alliance avec Philippe le Bon.
— Concours prêté par Charles VII à René d'Anjou dans le royaume de Naples ; intervention du Roi près d'Alphonse V ; échec définitif du roi René. — Le duc d'Oriéans revendique la possession d'Asti; traité conclu avec le duc de Milan et ratifié par Charles VIL — Attitude des républiques de Gênes, Florence et Venise. — Conclusion.
Parmi les motifs qui avaient détermiaé Philippe le Bon à conclure le traité d'Arras, il faut compter, sans contredit, la crainte que lui inspirait l'attitude hostile prise à son égard par l'empereur Sigismond.
On se souvient qu'au mois de juin 1434, Sigismond avait solennellement rompu avec le duc de Bourgogne, et que, quelques mois plus tard, il lui avait envoyé une déclaration do
guerre *. Le traité signé le 21 septembre 1435 allait-il apporter une modification à cette situation ? Aux termes de ce traité, Charles VII était tenu de renoncer à son alliance avec Tempereur contre le duc de Bourgogne, et à toutes alliances semblables, pourvu que, de son côté, le duc renonçât à ses alliances contre la France^. Mais l'empereur mettrait-il en oubli les griefs personnels qu'il avait à Tégard de Philippe ? N'allait-il pas s'unir plus étroitement avec l'Angleterre, qui n'avait cessé de rechercher son amitié et ne négligeait aucune occasion de lui être agréable'? Le sentiment intime de Sigismon l nous est révélé par Gilles Carlier, doyen de Cambrai, dans son Liber de Lega(ix)nibiis : l'empereur entendait mainte^nir son alliance avec la France; il estimait que la réconciliation opérée entre Charles VII et le duc de Bourgogne le laissait libre de traiter avec Philippe; il se montrait donc disposé à la conclusion d'une trêve, à la condition toutefois que le duché de Luxembourg y fût compris *. Le vieil empereur se préoccupait de la situation de ce pays : nous le voyons, au mois de décembre 1436, écrire à l'archevêque de Trêves pour l'engager à coopérer, avec'son ambassadeur Hartung van Glux, à la pacification du Luxembourg, et donner des instructions à cet eff'et^.
Cependant, à la cour d'Innsbruck, on n'avait pas abandonné le projet d'aUiance entre le jeune Sigismond" et Radegonde de France. A la fin de 1436, le duc Frédéric écrivait au duc de