Mémoires, t. Il, p
3. Dans une lettre des ambassadeurs anglais chargés d'une miss
d'Armagnac, en date du 22 décembre Ui2, on lit : «Et insuper msgor quispiun a lafere partis adverse, qui aiunt omnia régit. t> Bekynton's Officiai Correspondence i u p. 233. * •
i. Au mois de décembre 144i, à Nancy, le Roi fit don à Brezé des chàteaa châtellenies, terres et seigneuries de Nogent-le-Roi , Anet, Breval et Monlchaovet Les lettres rappellent les services de Brezé : « Nostre dit chevalier et chambellan ensuivant les vertueux et louables faiz de ses diz parens et prédécesseurs, nous a, dès le commfiii> cément de son jeune âge, fait, sans espargner ses personne et propres biens, mais icculx continuellement exposant et employant en nos guerres à rencontre de nos anciens ennemis les Anglois et autres nos adversaires, tant en plusieurs voyaiges, années sièges et entreprises qu'auslres faiz de guerre en nostre compaignie et ailleurs en diverses mtlies de nostre royaume , et mcsmement à la prinse et recouvrement de la cité d'Évr^uT
faveur d* Agnès sont deux faits qui ne sont pas sans une étroite et secrète connexité. Nous verrons plus loin Brezé, parvenu au plus haut point de sa puissance, exciter Tanimosité des gens de Cour ; nous les entendrons murmurer entre eux à voix basse : « Ce sénéchal gâte tout, détruit tout; il tie>it le Roi en « sitjétion au moyen de cette Agnès qui est auprès de la a Reine * ; » nous lirojis dans un rapport secret qui paraît avoir été adressé en 1447 au duc de Bourgogne : « Ledit Se [neschal] s'entretient merveilleusement avec le [Roy], en partie par le moyen de V [Agnès], de laqi^lle il a ce qu'il veult^. »
Il nous suffit pour le moment d'avoir appelé Tattention des lecteurs sur ce point; nous n'insisterons pas davantage, et nous nous contenterons d'avoir établi, sur des preuves qui nous paraissent indubitables, d'une part que la fameuse légende est une fable, de l'autre que la liaison d'Agnès Sorel avec le Roi ne peut être antérieure aux premiers mois de 1443.
lors occupée par lesdiz ennemis... plusieurs senices...; à roccasion desquelles choses conduites et exercées par les bons moyens , conduite , prudence et vaillance pour le bien de nous et de nostre seigneurie et le reboutement de nosdiz ennemis et aux.'., périls, peines et travaux de sa personne..., il luy a convenu faire cl porter plusieurs grans fraiz et dépens...; ayant aussi regard aux grans, bons, loyaux, honnourables et profitables services que falz nous a noslre dit chevalier» conseillier et chambellan, en quoy il persévère toosjoiirs de bien en nneulx, et pour lesquelz il a envers nous desservy singulière faveur et bienvueillance... » Archives, P 2298, p. 1389.
1. Déposition de Guillaume Benoist (27 octobre 1446), dans le recueil de Le Grand, vol. VII, f. 44.
2. Procès de Mariette, dans les Preuves de la Chronique de Mathieu d*E8couch% p. 268.