n avait alors neuf ans, étant né le 26 octobre
296 * HISTOIRE DE CtlARLES VII. 1436
Lorraine (Reûé d'Anjou), le chargeant de l'excueer auprès du Roi de ce qu'il n'avait point encore envoyé d'ambassadeurs pour conclure le mariage *.
A ce moment, Charles VII songeait à l'exécution d'un plan destiné à procurer « l'affermissement et l'accroiss^nent des maisons de France et d'Autriche. » Il s'agissait d'un double mariage : !• entre Jacques de France, alors âgé de cinq ans, et Anne, fille aînée d'Albert, duc d'Autriche; 2*» entre Charles d'Anjou et Catherine, seconde fille d'Ernest, duc d'Autriche. Un mémoire ftit rédigé et porté, au nom du Roi, à Frédéric, pour faire valoir les avantages résultant de ces alliances. On insistait en particulier sur les belles espérances que donnait déjà le second fils du Roi, à l'égard duquel l'empereur Sigismond avait, deux ans auparavant, montré de si favorables dispositions"; on faisait valoir les qualités personnelles de Charles d'Anjou, « prince brave, véritable homme de guerre, doué d'une beauté remarquable ; » on rappelait les brillantes alliances de la Maison à laquelle il appartenait, et les grandeurs de a cette race des fils de France qui prospère partout où elle s'établit, qui a produit Robert, roi de Sicile, Loui's, roi de Hongrie , Philippe , roi de Navarre , et donné des rois à l'île de Chypre. » Dans la pensée du Roi, ces deux mariages devaient vraisemblablement être le point de départ d'autres alliances entre les maisons de France et d'Autriche. Si le duc Frédéric jugeait à propos que le Roi envoyât des ambassadeurs à l'empereur et au duc Albert, le Roi le priait d'en donner avis à Bâle à l'archevêque de Tours, ou, en l'absence de ce prélat, à l'archevêque de Lyon \
Qu'advint-il de ces ouvertures ? La mort de Jacques de France, survenue le 2 mars 1437, empêcha sans doute dy donner suite. ^
Sur ces entrefaites, l'empereur Sigismond fut sollicité par
1. Lettre du 19 dëcembrc 1436, publiée par Bi'andis, Tirol unter Friedrich twi Œstetreich, p. 574.