‹ Histoire de Charles VIIChapitre 2 sur 340 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

iSViniEMENTS MILITAIRES DEPUIS LE TRAITÉ D'ARRAS > JUSQU'A LA TRÊVE AVEC L'ANGLETERRE

Perta d« Saint-Denis; reprise de Dieppe; aouièvemenl da pays de Ceux, bientôt reconquis par les Anglais. — Occupation de Paris par le connétable de Richemont. — Campagne infraetueuae en Normandie. — Siège de Calais par le duo de Bourgogne; Glocester en Flandre et le duc d'York en Normandie. — Triste situation de la France ; divisions dans le Conseil d*Angielerre. — Tentatives des Anglais sur Paris , où un complot éclate. — Siège et prise de Montereau. — Succès des Anglais en Normandie; nouvel échec du duc de Bourgogne devant Le Crotoy. — Maux du royaume : la peste, la famine, lV«oorcAan«. — Recouvrement de Moniargis et de Dreux; expédition en Guyenne. — Le comte d'Eu, investi de la lientenanœ en Normandie, arrête de ce cAié les progrès de l'ennemi. — Tristes exploits des éoorcfaeurs; leurs campagnes en Lorraine, en Alsace, en Bourgogne; les reUmdêwrt» — Prise de Meaux; campagne du Dauphin en Guyenne contre le. comte d*Hnntingdon. -> Siège d'Avrancbes par le connétable ; tes Anglais profilent de la Pragueri0 pour assiéger Harflear, qoi tombe entre Leurs mains. — Recouvrement de Louvîers et de Concbes. -^ Prise de Creil, do Pontoise et d'É^reux; les Anglais sont définitivement chassés de l'Ile de France. — Campagne de Charles VU en Guyenne; journée de Tartas; tonquétedu pays des Landes et de l'Agenais. '^ Désarroi des Anglais en Normandie ; Talbot compense leurs pertes en reprenant Conches ; il fait le siège de Dieppe ; une armée commandée par le Dauphin le force à ievcr le siège. — Nouvelle invasion des écorcheurs en Bourgogne; ils sont repoussés par les gens du duo. — Descente du duc de Somerset en Normandie; il échoue misérablement. — Brillante campagne du Dauphin contre le comte d*Armagnac«

Le congrès d'Arras n'avait point entraîné la suspension des hostilités. A ce moment même, l'un des plus célèbres capitaines anglais, Jean Fastolf, grand maître d'hôtel du duc de Bedford, adressait à son maître un mémoire sur la direction à imprimer à la fois au gouvernement et aux opérations militaires*. Après avoir donné son approbation à ce mémoire , Bedford s*empressa de le transmettre aux ambassadeurs anglais siégeant à Arras.

1. Voir ce curieux mémoire, rédigé en anglais, dans le recueil de M. J. Stevenson, l. H, p. [575-585].

Pendant le cours des négociations , et conformément au plan de Fastolf, le sire de Willoughby, assisté du bourguignon L'Isle- Adam, maréchal de France et gouverneur de Paris pour Henri VI, vint au mois d'avril mettre le siège devant Saint- Denis, rentré le l»»" juin précédent sous l'obéissance royale. Le bâtard d'Orléans, laissant dans la place le maréchal de Rochefort, alla demander du secours au Roi. Il fut décidé qu'une diversion serait faite en Normandie, et qu'un corps d'armée, sous les ordres du bâtard et du duc d'Alençon, se porterait dans cette province. Au commencement de septembre, les princes parurent devant Verneuil. L'assaut fut tenté, mais sans succès*. De là, le duc d'Alençon marcha sur Séez, tandis que le bâtard d'Orléans se rapprochait du cours de la Seine, dans le dessein d'intercepter les communications de l'ennemi par ce fleuve. Bien que les Anglais fussent sur leurs gardes', le Pont de Meulan fut (24 septembre) pris par escalade*.

A peine en possession de cette place, le bâtard apprit que la garnison de Saint-Denis , pressée par la famine et le manque d'argent, venait de capituler (24 septembre)*. 11 n'était plus possible d'empêcher la reddition de la ville. On se borna à dresser une embuscade où tombèrent Thomas Kyriel et Mathieu Gough , venus , à la tête de six cents combattants , pour tenir la « journée » de Saint-Denis. Surpris durant la nuit, les Anglais furent culbutés et Gough demeura prisonnier*. Le bâtard d'Orléans alla ensuite joindre le connétable, qui, à la nouvelle de la capitulation , s'était avancé jusqu'à Senlis. Ayant reconnu l'impossibilité de marcher sur Saint-Denis, les princes ne tardèrent pas à se séparer.

1. Voir quilUnces des 7 et 8 septembre 1435. Ms. fr. 26059 (Quittances, 68), n<» 2612 à 617; Lettres de Charles VII da 26 septembre, visëes dans une quittance du bâtard d*0rlëans en date du 28 octobre. Ciairambault, 1122, n» 53.

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