Journal d'un bourgeois de Paris, p
A. Le délai pour la reddition de la place ëtait de trois semaines ; mais elle Ait évacuée dès le A octobre par le mar(^cbal de Rochefort et les capitaines français.
5. Berry, p. 391; J. Ciiartier, t. I, p. 179-83; Journal d'un bourgeois de Paris, p. 306-308; Monstrelet, l. V, p. 184-87. — La prise de Saint-Denis fut la demi&re affaire où des sujets du duc de Bourgogne combattirent dans les rangs ennemis. Monstrelet nous 4\i que les Picards, déjà avertis de la signature du traité d'Arras^ s*empressèrent de prendre congé des capitaines anglais.
Les Anglais se disposaient à assiéger le Pont de Meulan, quand arriva la nouvelle que les Français occupaient Verneuil'. Déjà Gisors avait failli, par trahison, tomber entre leurs mains*. On craignait de les voir s'avancer sur Évreux ou Cîonches; des mesures de défense furent prises : rendez-vous fut donné à Évreux (27 octobre) à tous ceux qui étaient en état de porteries armes, afin de former un corps de troupes sous les ordres.de Willoughby et de Scales'. Bientôt on apprit que le bâtard d'Orléans* était à Chartres ety rassemblait de nombreux gens de guerre*. Le bruit courut que Rouen allait être attaqué. On redoubla de vigilance dans cette ville ••: pendant plusieurs mois on fit des rondes de nuit, et deux fallots restèrent allumés au Palais, afin de se mettre à Tabri de toute surprise'.
Dans la Haute-Normandie , les Anglais étaient à la veille de subir un grave échec. Le maréchal de Rochefort, voulant prendre sa revanche de Saint-Denis, alla joindre un vaillant capitaine, Charles des Maretz^, qui méditait une entreprise sur Dieppe. Un vigoureux assaut, donné le 28 octobre, au point du jour, mit la ville entre leurs mains*. L'occupation de Dieppe fut le signal d'un soulèvement général dans le pays de Caux, où les Anglais avaient commis l'imprudence d'armer le peuple*®. Sous la direction d'un simple paysan, nommé Le Garuyer, et avec l'assistance de La Hire, Floquet et Jean de Grouchy , les Cauchois
i. Voir quillances des27 et 31 octobre et 18 novembre. Ms. fr. 20060, n<>» 2657, 62, 72.— Les Anglais employaient souvent des femmes comme espions : ce furent deux femmes qui allèrent d'Ëvreux à Chartres. Courviile et environs s'informer des mouvements des Français.
2. 21 octobre 1435 : exécution de Jean Bardouf, écuyer anKiais, et d'un autre, de la garnison de Gisors, « qui avoient cuidé livrer aux ennemis du Roy nostre sire, par traîson, le chaslel et ville de Gisors. d Ms. fr. 26060, n» 2654.
3. Ms. fr. 26060, n« 2662; cf n* 2676, et Archives. K 64, w> 1".
4. II est désigné sons cette simple appellation : le hastart, dansnne quittance du 19 novembre 1435. Ms. fr. 26060, n» 2679.
5. Deux femmes forent envoyées pour prendre des informations. /(/., ibid.
6. Document du 13 décembre 1435. Ms. fr. 26060, n» 2694. Cf. au 12 janvier suivant, B» 2720, et Fr. 26427, m 49.— 28 janvier : Cme de la garnison. Montres, 9, n«>» 1053 et 1054 .
7. Mss. fr. 26060, n^ 2694, 2720. 2757, 2760, et 26061 , n« 2809.
8. Voir sur ce personnage une notice de M. Hellot, dans son édition des Cronicques de Nortnendiey p. 258-74. — J*adopte ici Torthographe que Giiarles des Maretz employait dans sa signature. C'est à tort qu'il a été appelé (t. II, p. 53) capitaine de Dieppe.
9. Chartier, t. I, p, 174; Chronique du Mont Saint-Michel, t. 1, p. 36; Monstrelet, t. V, p. 104; les Cronicques de Normendie, p. 82.
10. Voir les Cronkques de Normendle, p. 82, et la note p. 253.
réussirent à secouer le joug ennemi. En moins de six semaines, Pécamp, Harfleur, Montivilliers , Tancarville, Lillebonne ouvrirent leurs portes aux Français; à la fin de 1435, toute la contrée , sauf Caudebec et Arques , avait reconnu l'autorité de Charles VUS
Jamais la puissance anglaise en Normandie n'avait été aussi profondément atteinte. Une véritable panique régnait dans le Conseil siégeant à Rouen. En vain, au delà du détroit, s'efforça-t-on de le rassurer par des promesses de secours, par la déclaration solennelle, faite au nom du jeune roi, qu'il était bien résolu à ne jamais abandonner la partiel A vrai dire, on n'était pas moins inquiet à Westminster qu'à Rouen : on craignait en Basse-Normandie un soulèvement analogue à celui qui venait d'éclater dans le pays de Caux*. Ces terreurs, hélas! furent passagères. L'absence de discipline, le manque de cohésion chez les vainqueurs , et surtout l'énergie et l'habileté déployées par Talbot et lord Beaumont amenèrent un prompt revirement : la^ plupart des places conquises retombèrent presque ausàitôt au pouvoir des Anglais. Le Pont de Meulan et Vemeuil furent également repris*.
Des contemporains repi'ochent à Charles VII d'avoir négligé de soutenir les Cauchois*. Ils oublient que l'attention du gou-
i. MoDstrelet, t. Y, p. 200-203 ; Berry, p. 392 ; Grue!, p. 379; Thomas Basin, t. I, p. 111-113; Lm CrotUcques de Normendie^ p. 82-85. Il faut 111*6 dans ces Cronicqties le curieux rëcil de Téchec éprouvé devant Caudebec. Les milices communales voulurent engager l'action malgré les capitaines français : c Cette semaine, disaient ceux-ci, nous avons « pris sur nos ennemis Harfleur, Lillebonne, Tancarville et autres places; aujourd'hui il te est Dimanche, il nous faut louer Dieu, n — n Vous êtes traîtres, répondirent les mi- « lices ; nous y voulons aller. » Et un désastre s'ensuivit.
2. c Non obstant les villes de Dieppe, Harefleu, Monstre villier et autres places nadgaîrs prinses par les ennemyes, et Icure dite pursuite, ne leurs aidaus et confortans, n'est pas noslre entencione , ne ne serra, de riens habandonner par delà la mère tant que Dieu nous donrra vie. n Lettre de Henri YI au chancelier de Luxembourg et à son Conseil en France, en date du 28 janvier 1436, dans Stevenson, t. I, p. 424-29. — Cf. un curieux document (mal daté par M. Stevenson et qui se rapporte, suivant nous, au 21 janvier de Tannée 1436 et non 1450) dans lequel le i*oi d'Angleterre fait un appel désespéré à certains grands seigneurs et prélats, 1. 1, p. 510-12. Yoir aussi deux lettres en date du 16 janvier. Lettres de rois, etc., 1. 11, p. 435 et 437.
3. a Namly dispose hem to approdie oure towne and castell of Cbirborowc and other places in the Basse Nprmandie. » Stevenson, 1. 1, p. 510.
4. Sur le siège du Pont de Meulan, fait par les Anglais à partir du 24 octobre, voir Ms. fr. 26060, no» 2764 et 2789; Clairambaull, 160, p. 4539, et 165, p. 6001 ; Montres, vol. 9, n" 1017 et 1033; vol. 10, n» 1067 ; Archives, K 64, n» 1».