Voir t. Il , p
± Voir Héfélé, Histoire des conciles, l. XI, p. 274-76.
1433 et suiv. relations avec rome et bale. 333
alors, en faveur de cette doctrine, un entraînement presque universel : les esprits les moins hostiles au Saint-Siège ne craignaient pas de s'en faire les champions.
tlne des questions qui menaçaient de rallumer le conflit était celle de la réunion de l'Église grecque. C'était pourtant un des grands résultats qu'on avait espéré de la tenue du Concile. La plus sérieuse difficulté consistait à décider les représentants de l'Église grecque à se rendre à Bâle. Dans le cours de l'année 1433, deux ambassades du Concile furent envoyées dans ce but à Constantinople. A ce moment, Eugène IV venait (juillet 1443) de faire partir un de ses secrétaires, Christophe Garatoni, accrédité comme nonce auprès de l'empereur Jean Paléologue. Les envoyés de Bâle négocièrent, à l'insu de Garatoni, sans aboutir à aucun résultat. Celui-ci, au contraire, ne tarda pas à s'entendre avec l'empereur. Enchanté des ouvertures qu'il avait reçues du Pape, Jean Paléologue conclut un traité aux termes duquel l'assemblée projetée devait se tenir à Constantinople même, en présence d'un représentant du Saint-Siège. Il ne restait qu'à faire ratifier ce traité par le Pape ; Garatoni reprit aussitôt le chemin de Rome *.
Dans l'intervalle , cédant aux instances des envoyés du Concile , l'empereur fit partir (do vembre 1433) une ambassade pour Bâle. Elle n'arriva à sa destination qu'au milieu de Tannée 1434. Une commission fut nommée pour traiter avec les ambassadeurs grecs, et, à la date du 7 septembre 1434, on jeta les bases d'un accord. Cet arrangement devant être soumis à l'agrément du Pape, un envoyé du Concile se rendit près d'Eugène IV*.
Les négociations entamées à Bàle étaient encore pendantes quand Garatoni , revenu à Constantinople avec l'agrément du Pape, passa avec l'empereur et le patriarche un traité définitif : le Souverain Pontife devait envoyer en Orient un cardinallégat, accompagné d'une nombreuse ambassade, et muni de
1. Gecconi, StutH atoriei sul conciUo di Firtn%e, t. I (Firenze, 1869), p. 62-63/ et Dùcumentij n"» xiv, xxxi, xlii, lxxxv. Cf. Héfélé, Histoire des conciles, t. XI, p. 302, et ZbishmaD, Die Unionsverhandlung %wischen der Orientalischen ttnd der RômiscKen Kirche (Wien, 1858, in-8o), chap. iv et v.
2. Hëfëié, Histoire des condles, t. XI, p. 298-301 ; Gecconi, 1. 1. p. 65-66, et n«> xv, xvn, XXX.
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pleins pouvoirs pour traiter de runion de l'Église grecque avec FÉglise romaine ^
Sur ces entrefaites, une révolution éclata à Rome. La république fut proclamée (29 mai 1434) par TinsurrecUon victorieuse. Eugène IV, après avoir couru les plus grands périls, parvint à s'échapper, et vint demander asile à la république de Florence ^. C'est là que le trouvaJ'envoyé du Concile.
On a prétendu qu'à la nouvelle des événements accomplis^ Rome , le Concile de Bâle fit des démarches en vue du rétablissement de l'autorité pontificale. Les faits donnent un démenti à cette assertion. Bien au contraire, quand les députés de la république romaine vinrent à Bâle porter plainte contre le Pape , ils furent l'objet d'un accueil empressé '. Loin de favoriser la cause du Souverain Pontife , les Pères de Bâle ne cessaient d'agir contre sa personne et ses droits. Tantôt ils le privaient, par la suppression des annates , du produit des bénéfices vacants, qui constituait alors la meilleure part de ses revenus; tantôt ils réglaient en dehors de lui ce qui concernait l'élection des Papes , la promotion et le nombre des cardinaux, la tenue des conclaves^ etc.; tantôt ils s'attribuaient la connaissance des appels faits en Cour de Rome ; enfin , ils s'occupaient de la canonisation dès saints et ne craignaient pas d'accorder des dispenses pour les mariages. Il était aisé de voir que les Pères ne s'arrêteraient point dans cette voie : ils voulaient se mettre au-dessus du Pape et lui imposer leur loi*.
A la nouvelle de ce qui avait été fait à Bâle entre les Pères et les représentants de l'Église grecque, Eugène IV ne put retenir l'expression de son étonnement. Comment une affaire de si haute importaace avait-elle pu être traitée par le Concile en dehors de sa participation? Toutefois, après avoir entendu les explications données par ses légats Aibergati et Cesarini, vei^us vers lui presque en même temps que l'envoyé du Con-
1. Cecconi, t. I, p. 63-64, et n»* xxLii, xxxi, xu, xuv, xlv.
â. Voir sur cet évéoement histoire de la papauté pendant le XV* tiède, par Tabbé Christophe, 1. 1, p. 158-162.