Voir H<^félé, Hwtoire des conciles, t. XI, p
A. Voir Hém, l. c, p. 3i5-350 et 364; Histoire de l'église galUeane, t. XX, p. S89- 89 et 296-98.
elle, le P2q)e, par amour de la paix, consentit à donner son adhésion à la convention du 7 septembre, tout en réservant la solution définitive jusqu'à l'issue de la négociation encore pendante à Constantinople entre son nonce et l'empereur *.
L'affaire fut reprise à Bâle dans la vingt-quatrième session du Concile (14 avril 1436). Les cardinaux Albergati et Cesarini étaient revenus, en compagnie du nonce Garatoni, porteurs des pleins pouvoirs du Pape. D'un autre côté, un envoyé du Concile à Constantinople rapporta des déclarations conciliantes: l'empereur et le patriarche renonçaient à la tenue d'une assemblée à Constantinople, et consentaient à ce que cette assemblée eût lieu en Occident, dans un port de mer d'un accès sûr et facile. Les Pères prirent acte de ces déclarations, et s'empressèrent de faire publier une indulgence dont le produit était destiné à couvrir les frais de l'assemblée. Ainsi^ sans s'inquiéter des remontrances du Pape ni des représentations de ses légats, on tranchait une question très délicate et l'on portait atteinte à l'une des prérogatives du Saint-Siège '.
De vives discussions s'engagèrent au sein du Concile. Les cardinaux Albergati et Cesarini se virent attaquer avec violence; il fut même question d'emprisonner le premier. Le théologien du cardinal Albergati, iEneas Sylvius, qui plus tard devait être le Pape Pie II, voyant à quel point était poussée Tanimosité contre le Souverain Pontife et ses représentants, ne put s'empêcher de s'écrier : « Certes , ce n'est pas l'Église de Dieu qui est rassemblée à Bâle, mais la synagogue de Satan ^! »
Eugène IV ne pouvait laisser passer impunément un tel mépris de l'autorité pontificale : il envoya des nonces dans toutes les Cours, avec un long mémorandum. Le Pape exposait tout ce qui s'était fait à Bàle; il concluait en demandant aux princes chrétiens de rappeler les ambassadeurs et les évoques de leurs royaumes. La France avait une mention spé-
1. Hëfélé, /. c, p. 301; Histoire de l'église gallicane, t. XX, p. 290; Gecconi, t. I, p. 77-79, et !!•• xui, xuii.