‹ Histoire de Charles VIIChapitre 223 sur 340 · Héfélé, t. XI, p · texte numérisé non relu

Héfélé, t. XI, p

maA , caïdiuaV d'Arles , soutenu par les patriarches tFAiitioche et'd'AquUëe» les archevêques de Lyon et de Palerme et les clercs d'un ordre inférieur, voulait maintenir le choix d'Avignon ; les légats du Pape et le plus grand nombre des évêques proposaîent:de choisir Florence, Udine, ou une autre ville convenant à la fois aux Grecs et au Pape, Une session générale eut lieu le 7 mai. « Les deux partis, dit Mgr Héfélé, se tenaient en présence comme deux armées sur le point de se battre. » Il fut impossible d'arriver à un accord. De cette séance tumultueuse sortirent deux décrets contradictoires, lus en même temps au milieu du bruit : l'un, celui de la minorité, composée de la portion la plus saine et la plus autorisée du Concile , se prononçait en faveur de Florence ou d'Udine; l'autre, celui de la majorité, formée d'une foule qui en grande partie n'avait pas le droit de voter, se prononçait pour Bâle, ou, à défaut de Bâle, pour Avignon ou pour une ville de Savoie ^

La scission devint encore plus accentuée quand il s'agit de sceller les deux décrets. Celui de la minorité ne put être scellé qu'au moyen d'une fraude , en forçant la serrure du coffre où le sceau du Concile était gardé.

Le décret de la minorité fut porté au Pape, qui le conCrma par une bulle du 30 mai 1437. Le représentant de l'Église grecque déclara (7 juillet) qu'il ne reconnaissait comme Concile légitime que la minorité qui avait rendu le décret.

Dès lors la question était tranchée : malgré l'opposition de l'ombre de Concile qui restait encore à Bâle , le synode imioniste allait se tenir en Italie.

Mais les Pères de Bâle ne se tinrent pas pour battus. Sans s'inquiéter des conséquences que pouvait entraîner leur conduite, sans s'arrêter devant la crainte d'un nouveau schisme, ils publièrent dans leur vingt-sixième session (31 juillet 1437) un décret par lequel le Pape et les cardinaux étaient cités à comparaître dans le délai de soixante jours. Ce terme étant expiré, ils déclarèrent (vingt-huitième session, 1°^ octobre) Eugène IV contumace. Le 12 octobre suivant, ils supprimèrent

i. Héfélë, t. Xl,p,362.

la bulle donnée par le Pape potir la translation du Concile à Perrare. Enfin, dans leur trente-unième session (14 janvier 1438), ils prononcèrent la suspension d'Eugène IV*.

L'empereur Sigismond avait vainement cherché à arrêter les Pères de Bàle dans la voie où ils s*étaient engagés : ses avertissements furent méconnus, et la mort vint le frapper au moment où le dernier coup allait être porté.

Le gouvernement anglais n'était point resté inactif : il avait écrit aux Pères de Bâle les lettres les plus pressantes pour les engager à donner leur adhésion à la translation du ConcUe à Perrare ; il s'était adressé à l'empereur et aux princes électeurs, les sollicitant d'agir auprès des Pères; il avait écrit au Pape pour le mettre au courant de ses démarches, lui: eavoyant en même temps son entière adhésion'.

Quant à Charles VII, il ne cessa de s'employer à prévenir le schisme, et à retenir dans l'obédience du Pape ceux des grands du royaume qui voulaient s'y soustraire ; cette conduite lui valut les félicitations du souverain Pontife '. En même temps il envoya des ambassadeurs à l'empereur Jean Paléologue et au patriarche de Gonstantinople pour les engager à se rendre à Avignon. Les ambassadeurs avaient mission d'insister sur le désir qu'avait le Roi de s'entendre avec l'empereur et de travailler, de concert avec lui, à l'exaltation de la foi : car, après le secours qu'il avait plu à Dieu de lui donner en préservant son royaume de la ruine , le Roi se regardait comme tenu de faire quelque action dont il fût mémoire *. Si Temporeur vient à Avignon , le» Roi ne manquera pas de s'y trouver : « et quant il aura parlé avec luy, il mettra peine, avant que le ^ saint Concile se parte , que luy et les autres princes crestiens entreprendront de donner aide au recouvrement de sa terre, occupée par les ennemis de la Poy, et autre chose qu'il adviscront faisable. » Précisément, le duc d'Orléans est au moment de

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