‹ Histoire de Charles VIIChapitre 224 sur 340 · Bekynton's Officiai Correspondence ^ t. Il, p · texte numérisé non relu

Bekynton's Officiai Correspondence ^ t. Il, p

3. iiCttre sans date, reproduite dans Raynaldi, année li37, § 18.

4. « Car, pour ce qu*il a pieu à Nostre Seigneur de luy aidier en ses affaires , et garder sa seîgnorie, qui a esté en grant dangier, en sa jonesse, d*estre perdue, il se tient ' trop tenu de luy faire aucun service dont il soit mémoire, et de ce a très grant volenté. »

se rendre eh France pour traiter de la paix avec l'Anglelerte ; s'il plaît à Dieu que la paix se fasse, « chascun des deu^ seigneurs, avec grans gens d*armes et de tr^t , bien exercités de guerre pour povoir faire assez grant fait, passeront, et les autres royaumes aideront volontiers pour guider les gens d'armes. » Le Roi a son fils le Dauphin , qui déjà est assez grand pour s'occuper des affaires du royaume ; selon la conclusion prise, et au cas où la paix serait conclue ^ le Roi pourrait prendre les armes en personne, et le roi d'Angleterre lui donnerait des seigneurs de son sang et des gens d'armés « pour aidier à service de Dieu. » On peut espérer en outre que le Pape accepterait de venir à Avignon. Les ambassadeurs devaient dire à l'empereur que le Roi avait a très grant volenté en ces matières, pour ce qu'il estoit informé que plusieurs prophéties dient qu'il doit faire img passaige oultre mer, auquel il fera à Dieu un grant service. » Si l'empereur et le patriarche ne consentaient point à se rendre à Avignon, lé Roi en aurait très grande déplaisance, et renoncerait à se faire représenter en un autre lieu où l'on voudrait tenir le Concile, « dont grand inconvénient s'en pouroit ensuir, » car la nation de France est celle qui a mis en avant le choix d'Avignon ^

Dans le courant de l'année 1437, Eugène IV envoya au Roi l'archevêque de Crète. Ce prélat était à la cour de France au mois d'août '. C'est à la suite de cette ambassade que le Roi fit choix d'un procureur en Cour romaine : par lettres du l^»* octobre, Gilles le Lasseur fut appelé à remplir cette charge ^. Mais, tout en exprimant sa réprobation pour les mesiu^es violentes prises à Bâle , Charles VII se refusait à suivre les inspirations du chef deTÉglise. Bien plus, ayant reçu une ambassade des Pères de Bàle , il consentit à formuler une déclaration conforme à leurs vues : à la date du 23 janvier 1438, il donna des lettres patentes portant que le Concile de Bâle lui avait fait savoir

1. Ces ÎDSlnictions se trouvent dans le Registre déjà cité. Archives, K 1711. — Le 18 mars 1437, un sauf conduit était délivré par Charles Vil à l'empereur et au patriarche pour traverser ses états. Sennebier, Catalogue de la Bibliothèque de Genève , p. 91.

t.M(mumetttay t. n, p. 1019; Raynaldi, année 1437, g S5.

3. Mst fr. 20978, f. 118^; cf. Fontanieu, 117-118, au 15 décembre 1437.

qu'il avait fait choix d'Avignon comme lieu de réunion pour le futur Concile et notifié le décret par lequel était cassée et révoquée la bulle du Pape transférant le Concile à Perrare , en le requérant d'adhérer aux décisions du Concile; en consé* quence défense était faite à aucun prélat du royaume de se rendre à Ferrare *.

Chose singulière ! Dans ces mêmes lettres où il se mettait ainsi en opposition ouverte avec le Saint-Siège, le Roi déclarait vouloir de tout son cœur « l'exaltation de la Foy catholique, l'union et prospérité de nostre mère Sainte Église, et obvier aux grans esclandres et Inconveniens qui autrement advenir et ensuir s'en pourroient. »

Conformément à cette politique de ménagements et de temporisation, Charles VTI écrivit au Pape pour le prier de surseoir à toute procédure contre le Concile, l'assurant en même temps de son dévouement à sa personne et de son désir d'arriver à la pacification de l'Église.

Eugène IV fit bon accueil à cette communication, qui lui fut transmise par Thomas de Narduccio et par le procureur du Roi en Cour romaine. Mais, tout en félicitant Charles VII de ses bonnes intentions, il insista sur l'impossibilité où il était de se rendre à ses désirs avant que les Pères en révolte n'eussent renoncé à leurs entreprises contre le Saint-Siège '.

La déclaration royale du 23 janvier 1438 devait être le prélude d'un acte de la plus haute gravité, dont les conséquences devaient se faire sentir pendant de longs siècles. Nous voulons parler de la Pragmatique sanction.

Nous avons montré plus haut les tendances qui régnaient alors dans l'Église de France. Le point de départ de ces tendances nous apparaît durant la longue période d'interrègne qui résulta du grand schisme d'Occident.

Depuis la dernière moitié du quatorzième siècle, la chrétienté se trouvait partagée en deux camps : les uns tendent pour le Pape de Rome ; les autres pour le Pape d'Avignon. Charles VI,

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