Raynaldi, année U
I43î^ RELATIONS AVEC ROME ET BALE. 371
inunication et la déposition de tous ceux qui faisaient partie du conciliabule et annulait leurs décisions *.
Le 5^ novembre suivant, les Pères de Bâle nommaient un Pape, et leur choix se fixait sur le duc de Savoie, Amédée VIII. Charles VII fit aussitôt savoir par ses ambassadeurs que le Roi très chrétien, à l'exemple de ses ancêtres, voulait bien écouter TËglise lorsqu'elle était légitimement assemblée, mais qu'il ne reconnaissait point au Concile le droit de déposer le Pape et de lui nommer un successeur; il entendait donc persister dans l'obédience d'Eugène IV, jusqu'à ce qu'il eût été instruit pins à fond sur la matière par un Concile œcuménique , ou par l'Église gallicane dont il entendait provoquer la réunion. Le Roi fit en même temps connaître au Pape sa décision '.
Eugène IV n'entendail point laisser à ime assemblée, quelle qu'elle fût, la faculté de décider entre lui et l'antipape; pourtant il écrivit à Charles VII pour le remerqier de ses bonnes dispositions et désigna des ambassadeurs pour se rendre à la réunion projetée. Dans la promotion de cardinaux faite le 18 décembre 1439, le chancelier de France Regnault de Chartres fut élevé à cette dignité *.
L'assemblée du clergé de France avait été convoquée à Bourges pour le 15 octobre; mais, absorbé parla tenue des États généraux, le Roi prorogea la réunion au 20 novembre *. Une ambassade du pape était à Angers, près du Roi, à la fin de cetle année'. Une autre ambassade, à la tête de laquelle était l'archevêque de Crète, se rendit en France dans l'été de 1440 : elle avait pour mission d'inviter le Roi à poursuivre son œuvre de pacification , à rompre ouvertement avec le conciliabule de Bàle, et à rappeler ses ambassadeurs *.
Retardée par la Praguerie, l'assemblée du clergé de France
i. Hardouin, t. IX, coi. lOGi; Raynaldi, § â9.