‹ Histoire de Charles VIIChapitre 246 sur 340 · Épltre de li40. Ms. fr. 2701, f · texte numérisé non relu

Épltre de li40. Ms. fr. 2701, f

Thomas Basin^ à soa tour, nous montre les gens de guerre emmenant les paysans dans leurs camps ou leurs forteresses, les entassant par centaines en de noirs souterrains, leur faisant endurer de cruels supplices pour leur extorquer une rançon qa*ila ne peuyent payer. « Comme de véritables bêtes féroces, la plupart de ces brigands se faisaient un plaisir d'infliger aux malheureux paysans les plus barbares traitements *. » Ceux-ci mouraient de faim ou de froid, quand ils ne succombaient pas dans les tortures. « Les troupes n'étant ni enrégimentées ûi payées régulièrement, allaient, par bandes, sous des chefs q[u'elle8 s'étaient donnés ; elles parcouraient la France, enlevant tout ce qui était à leur convenance, ravageant et pillant villes et places fortes, et se livrant à toute espèce de crimes. C'est à ces désordres qu'il faut surtout attribuer la désolation et les ravages qui existaient de toutes parts '. » Une partie de la France était sans culture, sans chemins ; des villages entiers avaient disparu. Si l'on tentait de cultiver quelques champs, c'était seulement à l'abri des murailles des villes, et un guetteur, placé sur la plus haute tour, était toujours prêt à donner le signal d'alal*me aux laboureurs '. Telle était la fréquence des alertes que les animaux employés à la culture ou les troupeaux errants dans les champs avaient pris l'habitude de rentrer d'eux-mêmes au son de la cloche ou du cor *.

Ouvrons maintenant les enquêtes faites en Bourgogne et en Franche-Comté, dans les années 1439 et 1444, par ordre du duc de Bourgogne *. Nous y trouverons les écorcheurs peints sur le vif.

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