‹ Histoire de Charles VIIChapitre 258 sur 340 · Lettre du 18 novembre 1439. Archives de Reims · texte numérisé non relu

Lettre du 18 novembre 1439. Archives de Reims

sennent devant le Parlement. Ayant que cette formalité fût remplie, Favocat du Roi, Guillaume Jouvenel, prit la parole et dit : a Ledit de Ghabannes a tenu à Gorbueil et au Boys de Vince cennes , dont il est chief et capitaine , beaucoup de gêna de « guerre qui ont fait plusieurs maulx et pilleries, et peu d'o- « beissance. à justice. Mais qui plus est, le lieutenant dudit « de Ghabannes à Gorbueil a, de fait et de force, prins les fruiz « estans soubz la main du Roy à cause de certains procès pence dant céans. Si requiers que, avant que ledit de Ghabannes c< soit reçeu à faire ledit serement, il lui soit défendu, à grosses c< peines, que de cy en avant il cesse de faire ou souffrir faire « par sesdictes gens telz maulx et pilleries , et que comman- « dément lui soit fait, soubz lesdictes peines, qu*il face resta- « blir es mains du commissaire lesdiz fruiz que son lieutenant « a euz, et qu'il face, en oultre, en tout et partout, obéir à jus- « tice par tous ceulx qu'il appartendra. » Jacques de Ghabannes était déjà sénéchal de Bourbonnais : la Gour exigea qu'il renonçât à cet office , ne pouvant tenir deux sénéchaus- . sées à la fois. Le serment fut alors reçu, après que défense eut été faite au sénéchal , soiis peine d'une amende de cent marcs d'or, de commettre aucune voie de fait; et ordre lui fut donné, sous la même peine , de faire « obéir ses gens et subgiez à jus* tice. » Enfin on fit jurer à Ghabannes de « faire tenir, observer et garder, les ordonnances royaulx nouvellement faictes à Orléans, es trois estatz , sur le fait des gens d'armes et pilleries qu'ilz font *. »

Nous avons vu plus haut que Gharles VII se rendit à la fin de novembre à Angers, et qu'il prit aussitôt des mesures pour faire exécuter l'ordonnance du 2 novembre*. Il ne sera pas inutile de citer ici textuellement les témoignages contemporains.

a Le Roy assembla son Gonseil, dit Berry, advisant qu'à tenir tant de gens vivans sur les champs et destruisant son peuple, que ce n'estoit que toute destruction, et qu'à un chascun combattant failloit dix chevaux de bagaige et de fretin,

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