Thomas, 1. 1, p
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Le changement qui , en Languedoil , s'opéra d'une manière définitive à partir de 1440, ne s'étendit pas au Languedoc. Dans cette province les sessions d'États continuèrent à se tenir avec régularité.
Les États de Languedoc avaient été convoqués à Narbonne pour le l''^ février 1440, afin de prendre des mesures contre les routiers qui ravageaient la province. L'assemblée ne fut tenue que le 16 mars; elle se réunit sous la présidence de l'évêque de Laon, et vota une somme de seize mille deux cent soixante livrea Cette somme devait être employée à « contenter » le bâtard d'Armagnac, Jean de Salazar et autres Capitaines qui avaient promis de déloger moyennant finances, et à solder les troupes assemblées pour repousser les routiers. Le vicomte de Lomagne, capitaine général en Languedoc, reçut deux mille livres *.
En septembre 1440, les États de Languedoc se réunirent à Montpellier. Ils votèrent une somme de cent vingt mille livres, et donnèrent en outre trois mille livres au Dauphin ^.
En février 1441, la réunion des États eut lieu èi Béziers. Une somme de cinquante-cinq mille livres ^ fut votée, tant pour l'entretien de l'armée de Normandie que pour tenir lieu d'une aide de cinq sous par pipe de vin, imposée parle Roi ; en outre quinze mille livres furent votées pour la suppression de cette .aide, dix-sept mille livres pour le comte du Maine en raison de sa nouvelle entrée au gouvernement du Languedoc, six mille livres à titre d'épices pour les commissaires royaux qui devaient représenter le Roi à la prochaine réunion d'États ; enfin xme somme non déterminée fut octroyée pour obtenir l'évacuation du château de Cabrières*.
1. D. Vaissete, t. IV, p. 493-9i; Mss. fr. 26067, n« 4022; 26069, qo 4522; Pièces originales, 594 : Carcassonne.
S. D. Vaissete, t. IV, p. 495 ; Ms. fr. 25968, n« 695 ; Pièces mginaUs, 475 : fiou-
SAN6UET.
3. Plusieurs des documents cités ci- dessus ne portent qu'à 49,000 1. la somme votée.
4. b. Vaissete, t. IV, p. 495 ; Mss. lat. 1702i, f. 54, et 17024, f. 71; Mss. fr. 20582, f. 44; 26069, n<» 4412 et 4478; Fonlanicu, 117-118, au 20 février 1441 ; Quittence signée de Tévéque de Maille;eais ; Cabinet de Fauteur. Cf. avec Pièces originales, 2922 : Viaut; 93 : Armagnac, n« 118, et Clairambault, 172, p. 5587.
448 HISTOIRE DE CHARLES Vil.
Voulant à tout prix se débarrasser d'itue imposition qu'ils estimaient fort onéreuse, les États de Lan^edoc, dans la session tenue à Montpellier au mois d'octobre 1441, offrirent au Roi un don annuel de quatre-vingt mille livres pour obtenir l'exemption du paiement des aides. A cette assemblée, les commissaires royaux demandèrent, en raison des frais de la guerre, le vote d'un impôt de cent soixante mille livres ; les Étals, faisant valoir la pauvreté du pays, n'accordèrent que cent vingt-six mille livres ; entre autres sommes supplémentaires, cinq mille livres furent votées pour les frais d'une ambassade chargée d'aller trouver le Roi et de lui présenter un cahier de doléances*.
C'est à la suite de cette ambassade que fut prononcée la destitution de l'évêque de Laon, sur laquelle nous reviendrons. Le 17 juillet suivant, par lettres données à Toulouse, à la relation du Conseil, le Roi ordonna la mise à exécution des demandes présentées par les États du Languedoc et auxquelles il avait fait donner réponse *.
Une réunion d'États eut lieu à Montpellier aux mois d'avril et de mai 1442; le Roi s'y fît représenter par son chancelier et son premier maître d'hôtel, Jean de Chambes. On lui accorda une somme de cent mille livres'; en outre, on vota : deux mille livres pour la Reine, autant pour le Dauphin, autant pour le comte du Maine, quatre mille livres pour les commissaires royaux présents à l'assemblée, enfin trois mille livres « pour les dépenses faictes et à faire pour empescher que les gens d'armes n'entrent oudit pais ^ »
La nouvelle session fut tenue à Béziers aux mois de sep-
1. D. Vaissele, t. IV, p. 495-96, et 594; Ms fr. 26427, n« 159. — Nous n'avons pas ce cahier de dolëances, lequel ne contenait pas moins de quarante-deux articles.
2. Lettres visëes par Aymar, Titres et privilège$ du Puy, L c, t. XV, p. 638.
3. « En ce compiins touttesvoyes la somme de trente quatre mille livres tournois que leur demandions de Taide précèdent, de laquelle, quant ilz firent Toclroy dudil dernier aide, ils se soubzmistrent à nostre bonne voulentd. » Lettres du 5 mai 1442, citées cidessous.
4. Lettres du 5 mai i442, données à Montpellier, à la relation du chancelier, dans FonUnieu, 117-118; Ms. fr. nouv. acq. 3642, n» 809, et D. Vaissete, t.' IV, noteXXIlU, p. 594. — Une quittance signée d'Otto Castellain, en date du 28 juin 1443, faisant partie de notre Cabinet, et plusieurs des documents cités ici placent rassemblée au mois de mai ; mais les lettres ci-dessus prouvent qu'elle commença en avril.
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tembre et d'octobre 1442. Le chancelier de France, Geoffroy Vassal, archevêque de Vienne, Tanguy du Chastel et Jacqiies Cœur, argentier du Roi, présidèrent aux délibérations en qua: lité de commissaires royaux. Une somine de cent mille francs fut votée le 24 septembre, mais sous certaines réserves et conditions; on vota en outre diverses sommes pour la Reine, le Dauphin, l'amiral de Çoëtivy et les commissaires royaux; douze mille livres furent encore votées pour subvenir au paiement de la rançon du duc d'Orléans, et quatre mille livres pour les frais d'une ambassade à envoyer au Roi pour lui faire des représentati07is relativement aux affaires du pays*.
Les doléances des États portaient sur les commissions extraordinaires données par le Roi, dont on demandait la révocation, sur Tadministration de la justice et le rétabli^ement du Parlement de Toulouse, sur l'abolition des aides en Languedoc, sur les désordres commis par les gens de guerre, sur l'exemption de tailles et subsides pendant un certain temps, aGn de soulager la province accablée sous le poids des impôts. Les États demandaient enûn au Roi de conserver le pays en ses privilèges, et notamment de lui maintenir la faculté de tenir ses assemblées d'États *. Par lettres données à Toulouse le 10 mars 1443,1e Roi déclara approuver les requêtes présentées par les États'; mais, en raison des nécessités de la lutte et des besoins urgents auxquels il avait à faire face, il n'autorisa ni la suppression des aides , ni le dégrèvement demandé. Pourtant, afin de soulager son peuple, il promit de réprimer certains abus qui le grevaient de charges excessives. En ce qw concernait la tenue des Etats, il déclara, que pour épargner la dépense, il ne réunirait les États que le plus rarement qu'il pourrait \
f . D. Vaissete, t. IV, p. 497-98, ^1, 593-94. La date du 24 septembre est donnée par des lettres du 13 octobre 1442 : Charles royales^ XV, no> 154 et 155; Archives, K 67, n^ 16 et 16 bis. Cf. Pièces ùriginales, 2248 : Petit, dossier 50962, et quittance de La Hire, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, t. XX, p. 511.