D. Vaissete, l. IV, Preuves, col
4. D. Vaissete, t. IV, p. 499-500. — La réponse donnée relativement aux États étaïK eUe bien celle qu'indique le savant bénëdiclin? Toujours est-il que les États de Languedoc continuèrent à se réunu* d*année en année.
A la tin de mars 1443 S fut tenue à Montpellier une nouvelle réunion d'États qui se prolongea jusqu'au commencement de mai. Le Roi y fut représenté par Tanguy du Chastel,^ Jean d*Ëtampes, Jaicques Cœur, Jean de Chambes et Etienne de Cambray. On y décida, avec l'assentiment d^s commissaires royaux, la suppression des aides, moyennant la levée, pendant trois ans, d'un droit sur la viande et le poisson jusqu'à coqcurrence de quatre- vingt mille livres. C'est ce qu'on appela l'équivalent auoo aides. Les Etats consentirent à prêter au Roi, pour la solde des gens de guerre, la somme de quai*ante mille livres, laquelle devait être remboursée sur la première taille ou aide qm serait levée '.
Les États se réunirent une seconde fois à Montpellier au mois d'octobre suivant. Us votèrent une somme de cent vingft mille livres, plus mille livres pour la Reine, deux mille pour le Dauphin, dix mille livres pour la rançon du duc d'Orléans, deux mille pour l'amiral de Coëtivy, mille pour Tanguy du Chastel, six mille pour les commissaires du Roi et douze cents pour les gages des officiers du Parlement nouvellement rétabli à Toulouse '.
Nous avons dit plus haut que le changement apporté, à partir de 1440, dans les habitudes du gouvernement royal, souleva des mécontentements. Nous en trouvons l'expression daoïs le cahier de doléances présenté en janvier 1442 p«tf les États d'Auvergne.
Les États se plaignaient de l'augmentation de la quote-part de la province et sollicitaient le Roi de donner des lettres déclarant qu'à l'avenir les États seraient appelés, quand il lui plairait de faire quelque demande aux pays de Languedoil, « pour consentir et prendre leur quotte et loyale porcion de ce
1. Voir la dissertation de D. Vaissele (t. IV, p. 59^94), établissant qu*il n'y eut pas, comme oertains historiens l'avaient prétendu, une réunion d*États à Montauban, au neis de janvier 1i43.
2. D. Vaissete, t. IV, p. 501 et 594 ; Lettres du 3 mai \US : Chartes royales, XV, n« 161 ; Lettros dii 22 janvier MU: Original, Cabinet de Fauteur; Ms. fr. 20071, n« i796.
3. D. Vaissete, t. IV. p. 501 ; Mss. fr. 2G072, n» 49i7; ^6428, n» 6 ; Piécet originales^ 950 : CuER, au 8 mai 1444 ; Ms. fr. 26073, n» 5139. La somme volée est portée à 150,000 l. dan*i une quittance du dossier 509(»i dos Pièvts originales^ 2248: Pktit.
i/administhation dis 1435 a 1444. 4ÎH
qu*ils pouppoieut porter. » Voici la réponse que reçurent les députés : « Le Roy a tousjours eu et aura en toute bonne reconimândacion les pays d* Auvergne , et est Tentencion du Roy, que toutes et quantes foiz qu'il assemblera les Troys Estaz de ses pays de Languedoil ; il les mandera et appellera comme les autres, ainsi que tousjours il a accoustumé de faire*. » C'était simplement éluder la requête, car Charles VII était bien décidé à ne plus convoquer les États généraux.
Quelques mois plus tard, le Roi eut à répondre à la même plainte , formulée par les princes du sang qui , dans leur mémoire rédigé à Nevers, s'étaient élevés avec vivacité contre l'exagération des tailles imposées tant sur les sujets du Roi que sur les sujets des églises', princes, prélats, nobles et autres du royaume, non pas seulement une fois par an, mais deux ou trois fois et voire même quatre fois par an, « et tout à volonté; » contre Tabus des impositions, gabelles et autres aides, et aussi des tributs levés sur le vin, le blé et autres marchandises, « dont, disaient-ils, les subgez de ce 'royaume, de tous estas, sont tant foulez et apovris que plus ne pevent, et pour ces causes s'en vont et absentent les pluseurs hors du Royalme, les autres deviennent mendians, querant leurs aumosnes, et en meurent les pluseurs de povreté et de faim ; et tellement que ce Royalme demeure en la plus grant partye inhabité et pays désert, si briefnïent provision n'y est mise. » Les princes avaient en outre protesté contre la façon dont ces impôts étaient levés « de volenté, et sans y appeler les princes, prelas, barons et gens de Troys Estas du Royalme , aînsy que de rayson faire se doit, et que les prédécesseurs Roys de France très crestiens ont acostumé de faire le temps passé. >^ Les princes demandaient donc que le Roi appelât à voter l'impôt ceux de ses sujets qui devaient être appelés, et se contentât de « chose modérée et raysonnable , en ayant regart aux facultez et puissance des gens, sans les travaller sy souvent comme de les tailler trois ou quatre foiz Tan..., car ce qu'il
i. Réponse aux doléances des Ktats d'Auvergne, donn<^e à Bressuire le 17 janvier 1442. Thomas, t. II, p. 150.
4o*2 HISTOIRE DE CHARLES VU.
eu âura lui Lornera à plus, grant prouftit que de le praudre par aultre. manière *. »
Le Roi répondit qu'il connaissait la dépopulation et destruction de son royaume et de ses sujets, et qu*il avait Tintentioa de tout faire pour les relever et supporter; que, quant aux tailles, aides et gabelles excessives dont les princes se plaignaient , le Roi avait plus épargné les Sujets des princes qne les siens propres, car si, dans le cours d*une année, deux tailles avaient été levées sur les derniers, les premiers n'en avaient eu qu'une à supporter, et encore le profit en avait-fl été, en bonne partie, pour les princes. Les aidés avaient été rétablies par les princes et de leur consentement. Pour les tailles, le Roi, quand cela lui avait été possible, les avait appelés ou leur avait donné avis. Enfin il ajoutait : « Combien que, de son autorité roial, veu les grans affaires de son royaume, si sourgans comme chascun scet, et meismement ses ennemis en occupent une grande partie et destrnisent le sourplus, les puet mettre sus, ce que aultre que hiy ne puet faire sans son congié. Et n'est jà nul besoing de assembler les trois Estas pour mettre sus lesdictes tailles, car ce n'est que charge et despense au povre commun peuple, qui a à payer les frais de ceulx qui y viennent. Et ont requis pluiseurs seigneurs desdiz pays qu'on cessast de telle convocacion faire ; et pour ceste cause sont contens qu'on envoie la commission aux eslus , selon le bon plaisir du Roy *. »
Les pages consacrées à la Pragmatique sanction et aux relations de Charles VU avec le Saint-Siège et les Pères de Bàle ont mis en lumière les graves difficultés que faisait sui^ir la question des rapports de l'Église et de l'État. Nous n'avons point à y revenir, et nous nous bornerons ici à examiner quelle fut la conduite de Charles VU à Tégard du clergé , durant la période qui nous occupe.
Divers actes témoignent de la volonté du Roi de maintenir l'intégrité de la Foi et de faire respecter le saint nom de Dieu.