Mon>lrolci, t. VI, p
l'administration dk 143o a 1'i44. 453
Par lettres du 22 août 1438, Charles VII déclarait agréer llugucà le Mègre comme inquisiteur de la Foi dans la province de Toulouse : ordre était donné au sénéchal de Toulouse de recevoir son serment et de procéder à son installation*; le 13 août suivant, il nommait un procureur <f sur le fait des encours dépendant du crime d'hérésie dans la sénéchaussée de Toulouse *. » De noiivelles lettres furent, à la date dU 1**^ décembre 4437, rendues contre les Wasphémateurs : nonobstant les ordonnances de ses prédécesseurs et les peines édictées, par lui , il se commettait dans le royaume d'abominables blasphèmes contre Dieu, la Sainte Vierge et les saints, « au très grant esclande de la Foy catholique, » et à sa très graiide deplaisance ; le Roi ^ voulant avant toutes choses que le saint Créateur et Rédempteur, sa glorieuse Mère et les saints soient révérés, après grande et mûre délibération des princes du sang et des membres de son grand Conseil, renouvelait les pénalités contre les blasphémateurs, et ordonnait la stricte observation des édîts rendus contre eux; la présente ordonnance devait être solennellement publiée dans tout le royaume, afin que nul n'en pût prétendre ignorer, et ne fût si hardi , après cette publication, « de dire, faire ou proposer les sermens, blasphèmes, despitemens, maugréemens et reniemens dessusdiz '. »
Des lettres d'exemptions de tailles, aides ou autres subsides sont octroyées au clergé du diocèse de Béziers (22 avril 1437), aux Célestins de Paris (20 septembre 1440), aux religieux de Saint-Jean de Jérusalem (20 juillet et Ib septembre 1441), au chapitre d*Évreux (janvier 1441).
Plusieurs ordonnances sont données pour confirmer les privilèges des églises et monastères : nous citerons les lettres en faveur du monastère de Saint-Jean TÉvangéliste à Poitiers (novembre 1438), de Tévêque de Mende (S octobre 1437), du monastère de Sainte-Croix de Poitiers (20 avril 1438), de l'abbaye de Saiht-MonceMes-Pont-Sainte-Maxence (juillet 1441),
1. Lettres Visées dats les lettres du sénëchai de Toulouse du 13 octobre U38. Qairambault, fiO, p. 11.
2. Pièces originales y 296 : Berexguier. 1i. Orffonnnnrrx, t. Xllf, p. 2i7.
de révéque et du chapitre de Montauban (janvier et mars 1443), de TabJ^aye de Saint-Pierre de Moissac (février 1443), du monastère de Figeac (avril 1443). Des lettres portant concession de certains privilèges sont accordées à l'église de Poitiers (juia 1440), et à réglise Saint-Martin de Tours (mai 1444).
Des lettres de sauvegarde sont données à Téglise collégiale de Saint-Maxime de Chinon (21 septembre 1436), aux Quinze- Vingt de Paris (20 septembre 1437), aux religieuses de Lon* champs (23 novembre 1437), aux religieux de la Trinité de Poitiers (23 juin 1438), à l'abbaye de Gandeil i27 avril 143»), àr Tabbaye du Bourg-Dieu (mai 1440), à Tabbaye.de Marchiennes (Il août 1440), à Tabbaye deChaaUs (5 octobre 1441), à Tabbaye de Maubuisson (16 octobre 1441), à Téglise de Gabors (lévrier 1443), aux religieux de la Grande-Sauve (février 1443), à Tabbaye de Bonneval (l?"* mai 1444).
Des lettres d'amortissement sont données à Téglise d'Angers (2 décembre 1435), aux religieux de Saint-Denis (29 septembre 1439), à Tabbaye de La Celle-lesrTroyes (18 janvier 1441), au monastère de Cadouin (janvier 1443), à l'église de Chartres (mars 1443), aux religieuses de Saint-Sauveur d'Évreux (décembre 1443).
Des lettres portant autorisation de fortifier leurs maisons sont ilonnées à l'église de Saint-Martin de Tours (13 janvier 1438), au couvent de Beauzerais (23 août 1438), aux religieux de Gluny (mars 1443); à l'abbaye de-Montierneuf (26 mai 1443), aux religieuses : de Sainte-Groix de Poitiers et à Tabbé de Nouaillé (mai 1443), à l'évêque d'Albi (7 mai 1444).
Enfin, parmi les églises et monastères qui sont Fobjet de concessions et de faveurs , nous citerons encore : l'abbaye de Sainte-Catherine du .Val-des-'Écoliers à Paris (20 mars 1437), les religieuses de Gîteaux (9 juillet 1437), le chapitre de Notre- Dame de Paris (4 novembre 1437), le couvent de la Saussayè (novembre 1437), les religieux de Saint^Denis (novembre 1487), les religieuses de Notre-Dame de Moncé (4 janvier 1438), les religieux de Saint-Germain des Prés à Paris (3 marsi438), te chapitre de Saint-Aignan d'Orléans (18 juin, 27 octobre 1438 et 26 janvier 1440), la Sainte-Chapelle de Paris (10 décembre 1438\
L ADivnNisTRATian iw 1433 A 1444. 45S
k prieuré de âainULx)up de Naud (13 janvier 1439), les religîeuaes ûa convent de Bellomer (10 novembre 1440), les Char-* treûx de Saint-Jean dxi Liget (21 novembre 1440), rHôtel-Dieu de Trojes (24 janvier 1441), Féglise collégiale de la Madelaine de Verdun (4 mars 1441), le couvent de Saint-Eutrope horçi les murs de Saintes (16 février 1442), le monastère de Gomont (octobre 1442), Notre-Dame de Tournai (février 1448), Tabbaye de Gorze (6 juill^ 1443), l'abbaye de Sainte-Croix de Poitiers (18 juillet 1443).
Les universités ne furent point oublias : l'université de Paris vit ses privilèges confirmés (mai 1436) ; l'université de Montpellier fut exemptée de tous impôts et reçut divers autres privilèges (mai 1437); l'université de Toulouse obtint confiimatioa denses privilèges (14 septembre 1439); l'université d'Angers reçut une charte consacrant tous ses droits et franchises (décembre 1443).
Notons enfin que, par un acte en date du 3 janvier 1442, Charles VII, en raison de l'attitude hostile de l'évêqued'Évreux, Pasquier de Vaux, donna à Floquet et à Brezé les revenus de l'évôché, à partir du recouvrement de la ville d'Évreux ^
Nous avons exposé plus haut les difficultés que le pouvoir royal rencontra de la part de la féodalité apanagère, durant les années qui suivirent la conclusion du traité d'Arras ; nous avons montré avec quelle énergie et quelle persévérance Chartes Vil travailla à faire rentrer les princes dans le devoir et à leur imposer sa loi. II en fut de même à l'égard des sei« gneurs qui prétendaient se soustraire a son oi>éissance ou conserver dans le royaume des places fortes , véritables repaires de brigands. L'intervention personnelle du Roi mit bon ordre à cet état de choses et délivra les populations d'un joug odieux. Un exemple éclatant donna la mesure de l'énergie du pouvoir royal. Un seigneur du Périgord, Bertrand d'Abzac» chevalier, qui avait suivi le parti des Anglais^ fut fait prisonnier par Jean de Bretagne, comte de Périgord : le Roi exigea que ce seigneur
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fût remis entre ses mains. Lors de son passage à Limoges, au mois de mars 1439, il le fit décapiter K
La noblesse conserve, dans la lutte contre l'invasion, un rftle important. Le Roi ne craint pas de faire appel à son concours. En avril 1437, les nobles de la province de Languedoc sont convoqués à Pézenas pour une expédition projetée par le Roi et qui ïi*eut point lieu*. En septembre 1439,^ les nobles et les communes de la même province sont appelés à Toulouse pour marcher contre le comte de Huntingdon*. Le 2 mai 1440, pendant la Praguerle, le Roi ordonne à tous nobles et autres portant les armes de venir le joindre au premier signal*. Avaùt d'entreprendre le siège de Pontoise (mai 1441) , (Charles VII convoque le ban et l'arrière-ban dans une partie de son royaume'. Enfin, lors du voyage de Tartas, il appelle encore à lui les nobles et les milices du midi *.
1. Voir lettres du t\ novembre 1438, publiées par Thomas, les Etats protnndattx de la France eenlm/e, t. Il, p. 409; Aceord passé en date du 24 Janvier 4439 avec le comte de Périgord et le vicomte de Turenne et lettres conûrmatives du 13 février dans Doal, 245, f. 1 et 7; Lettres de Charles VIT du 11 mars 1439 (td., ibid,, f. 14) où on Ht : « Gomme nous ayons entendu que Bertrand d*Abzac, en son vivant cbevalier, lequel ce jourd'hui, en ceste nostre ville de Limoges, a esté corporellement exécuté en sa personne, pour plusieurs cas et delitx par luy commis et perpétrez à rencontre de nostre royal maoesté... » Enfin dans la Relation déjà citée dn passage de Charles VU à Limoges (dont une nouvelle édition plus correcte vient d'être donnée par M. Thomas dans la Bibliothèque de l'École des chartes, t. XLVI, p. 303-314), on lit : « In crasttnum ; vîdelicet die mercarii (10 mars) ... ante prandium fedi amputari publiée et in alto loco prope et anle pfllorium caput Bertrandi de A%at militis, proditoris, qui fecerat se anglicuni ... Et lamen multas prodiciones et mala fecerat Régi, ut dlcebatur. v