‹ Histoire de Charles VIIChapitre 312 sur 340 · D. Vaissete, t. V, Preuves, col · texte numérisé non relu

D. Vaissete, t. V, Preuves, col

l'administration de 1435 a 1444. 479

Roi, de son pays de Languedoc et de ses sujets ; qu'il a conimis « plusieurs crimes, abus, excès et concussions» dont rénumération se trouve dans l'acte royal; qu'il a fait tort au Trésor d'une somme de six à sept cent mille écus et a distribué à sa fantaisie des sommes montant à trois millions et demi ; qu'en outre il a participé à « aucunes conspirations et alliances, » au préjudice du Roi et de sa seigneurie. Malgré tous les avertissements qu*il a reçus, ce prélat, profitant de ce que le Roi était occupé à la défense de son royaume , a continué ses malversations ; il s'est refusé à obéir aux mandements royaux, et s'est vanté de résister, même par voie de fait, aux ordres royaux. Le Roi le déclare suspendu de ses fonctions de président de la Chambre des comptes, et ordonne que le temporel de son évêché et tous ses biens propres seront saisis*. Deux commissaires royaux eurent mission d'examiner et d'apurer les comptes des receveurs du Languedoc *.

Le moment était venu de procéder à la réorganisation complète de l'administration. Durant son séjour à Saumur, dans l'automne de 1443, le premier soin du Roi fut de s'occuper de la réforme financière : ce fut l'objet de la grande ordonnance qui porte la date du 25 septembre '.

Il était c< besoing et grande nécessité de pourveoir au fait et gouvernement des finances, » car les recettes s'étaient tellement amoindries que de grands inconvénients en étaient résulté et en résultaient encore chaque jour. Le Roi n'avait pu pourvoir au fait de ses guerres ; il n'avait pu subvenir au paiement de ses gens d'armes et de trait, lesquels, privés de solde régulière, avaient vécu et vivaient sur le pays, à la totale destruction de la Couronne et du peuple. Désirant de tout son cœur remédier à cette situation, donner bon ordre au fait de ses finances et réprimer les abus qui se commettaient journellement sous ce rapport, au mépris de ses ordonnances , le Roi, par l'avis et délibération de son Conseil, prenait les résolutions

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