Ordonnances, t. XIII, p. 244, 322 et
Le Roi à Jean Gheron
Bourges, 19 janvier 1423.
De par le Roy.
Gheron, nous avons fait assigner sur vous nostre amé et féal conseiller et chambellan Guillaume d'Avaugor de la somme de mil livres tournois, pour restitucion d'une partie de certain grant prest qu'il nous a fait par deçà pour aucuns noz affaires, et d'icelle somme vous envolons vostre descharge par maistre Jehan Hauldry, nostre secrétaire, lequel s'en va par delà. Si vous mandons et expressément enjoignons que à nostre dit conseiller vous paiez et audit Hauldry délivrez pour lui ladicte somme de mil livres tournois, sans luy en faire faire quelconque poursuite, et gardez, comment que soit et sur tant que doublez nous courroucier, quelque finance que faire en doiez , que en ce ne faciez point de faulte, car, pour ce que nostre dit conseiller nous fist ledit prest libéralement pour secourir à noz diz affaires, esquelz s'il ne Teust fait, eussions eu grant dommaige^ et aussi que lui promismes expressément, et noz gens aussi, que il en seroit loyaulment et sanz perte restitué, nous ne serions en nulle manière contens de vous se y faisiez faulte, mais y pourverrions à rencontre de vous par telle manière que les autres y prendront exemple.
Donné à Bourges, le xix® jour de janvier.
GHARLëS.
Mallière^
1. Original sur parchemin. Pièces originales^ 152: Avaugour, dossier 3083, no;6.
Le Roi aux habitants de Tournai
Bourges, 22 janvier 1423.
De par le Roy.
Ghiers et bien amez, nous avons reçeu vos lettres par ce message, par lesqueles et autrement avons sceu votre bonne recepcion de nos gens que derrenement avons envoyé devers vous, et les bonnes manières que avez tenues et tenez es choses qu'ilz vous ont exposées en leur créance de par nous, en tousjours demonstrant une ferme et entière loyauté envers nous, dont nous sommes si contens comme plus povîfhs, saichans que, es temps avenir, le voulons recongnoistre et cognoistrons si avant que ce sera à vous et aux vostres honneur et louenge en mémoire perpétuel. Quant au fait du bailli, baillage et scellé roial, et du fait de nos monnoies, nous sommes bien contens que ainsi en soit comme vous nous escrivez et que Pavez agréable. Quant au fait des traictiez que avez encommanciez à faire avecques ceulx de la part de Bourgongne pour povoir marchander et communiquer avecques ceulx de Flandres et autres marches d'environ vous, en espérance de grant bien et de povoir vivre en paix avecques vos voisins, etc., nous en sommes bien contens et Pavons bien à plaisir, pour ce que nous savons que vous ne pensez faire ne ferez chose qui ne soit au bien de nous, de nostre seigneurie et de vous; et de ce avons en vous parfaite confiance et nous en rapportons bien à vous.
Et comme nostre entencion soit, au plaisir de Nostre Seigneur, k la venue de nos allez d'Ëscoce, que nous attendons briefmeni estre arrivez en grant armée, et d'autre part, de nous tirer brief es parties de par delà, tant pour nostre couronnement comme pour le recouvrement de nostre seigneurie, nous .voulons et vous prions que en tous traictiez, soit envers nobles, bonnes villes, pais et autrement dont vous cognoistrés que nous povons aidier et servir à nostre dit couronnement, et autres choses au bien de noatre dicte seigneurie et au recouvrement d'icelle, et à nous conforter et secourir,'^ vous vueillez vous emploier et travailler de toutes vos bonnes enlencions et povoirs, ainsi comme nous savons que y avez grant affection et que en vous en avons bonne espérance ; et tousjours de plus eu plus recognoislrons vos bons services et loyau-
tez; et pour ce que à nostre dicte alée pourrons avoir à faire de finances et afôn que en puissions mieulx recouvrer es marches de par delà, nous voulons que tout nostre seigneuriage de nostre dicte monnoye vous faictes tenir et garder en trésor devers vous, à l'emploier selon que la nécessité nous surviendroit en nos affaires vous regardans ou autrement. Et sur toutes ces choses nous escrivons à nos dictes gens estans de par delà [que, en toutes choses touchant nostre fait de par delà, ils se conseillent et facent par vous, vostre bon advis et conduit, et que ainsi est nostre plaisir.
Et le plus souvent que faire pourrez , nous faictes savoir de voz nouvelles et du bon estât de nostre bonne ville pour nostre esjoyssèment.
Donné en nostre ville de Bourges, le xxii« jour de janvier.
CHARLES «
Le Roi au maréchal de Séverac
Bourges, 7 février U23.
De par le Roy.
Nostre amé et féal, nous avons sceu la bonne diligence que faicte vous avés jusques ci en nos besoignes et affaires de par delà, et en tout ce que avés cogneu estre au bien de nous, et la peine et despence que avés prise et faicte pour Tentretennement de vos gens et de la frontière de par delà, en laquelle vous estes personnellement tenus et vous y estes, pour nous servir et complaire, grandement emploie, dont bien acertes vous mercions et vous en savons très grant gré. Avons sceu aussi, par le rapport de nostre chancelier, Tappointement par luy et nos autres ambaxeurs prins avecqpies beau cousin de Savoye sur le fait des trêves des pais de Masconnois et de Bourgoigne, lesquelles vous ont esté signifiées. Et pour ce que pas ne vouldrions que icelles trêves, qui, pour espérance d*un si grand bien comme du traictié et paix final, ont esté, comme avés peu savoir, prises et accordées, feussent de nostre part enfraintes ne violées, et que par ce nous fust imputé charge de la roupture dudit traitié, nous vous prions et mandons, sur tout le plaisir et service que nous désirés faire, que en toute fermeté entretenez et par tous les vostres