‹ Histoire de Charles VIIChapitre 321 sur 340 · I. Original. Archives de Tournai · texte numérisé non relu

I. Original. Archives de Tournai

faites entretenir lesdictes trêves sans aucune manière attempter au contraire, c^r tel est nostre plaisir, et en ce vous veullés si prudemment et paisiblement gouverner que ce soit à nostre honneur et descharge, à la vostre aussi, et au gré et bon contentement de nous et de nostredit cousin , qui si avant s'est voulu et veult du fait dudit traitié entremetre et embesongner. Car faire le contraire seroit assés cause de toute rou^ture, et s*en pourroient ensuir inconveniens irréparables.

Et combien que nostredit chancelier eust arresté avecques vous» à son partement, que, dedans le quinziesme de ce mois, auriés nouvelles de nous pour vostre fait et appointement et celuy de vos gens, tant en paiement que en loigeis et autrement, toutes voies est-il impossible de si hastivement* y donner la provision, pour cause de l'absence de tous nos chefs de guerre, et mesmes de toutes nos gens de finance, qui en divers lieux sont tous espars et embesoignés pour le fait du levement de ce siège de Meullent^ dont la journée est emprise au vingtiesme de ce mois. Et pour ce vous prions très singulièrement que veuilles, par quelques moyens que ce soit, entretenir sur le pais de par delà vos dictes gens jusques à la fin de ce dit mois, pendant lequel terme aurés pour tous délais nouvelles de nous, et vous ferons donner tel et si bon appointement, tant en vostre fait et celluy de vos dictes gens que sur vos autres mémoires que nous avés envoies, que vous en serés biea content; et par homme propre que pour ce vous envolerons, vous ferons scavoir ce que y aurons appointé, avecques toutes nouvelles, et en ce n'aura point de deffaut. Et sachiés certainement que s'ainsi le faites, nous le congnoistrons envers vous en telle manière que bien apparcevrés le plaisir et service que reputerons nous avoir esté en ce par vous fait.

Donné à Bourges, le septiesme jour de février.

PiCART *.

i. Copie moderne. Collection Do^t, vol. 9, f. 268 (d'après roriginal, aux Archives de de Rodez).

1423 PIÈCES JUSTIFinATIVKS. 493

Le roi au maréchal de Séverac

Bourges, 24 avril 1423.

A nostre amè et féal cfievallier et mareschal le sire de Sevei^ctc, ou à son lieutenant en la frontière de Masconnois et Charrolois,

De par le Roy.

Nostre amé et féal, nous avons receu vos letres, par lesquelles vous excusés de prendre et accepter la charge de la frontière de Masconnois et Charrolois, en nous requérant que veuillons envoyer par delà aucun des nostres, à ce par nous commis, à qui doiés bailler et délivrer les places d'icelle frontière que devrés recouvrer de beau cousin de Savoye. Sur quoy vous faisons savoir que, veue vostre response et excusacion, nous avons délibéré que lesdictes places vous bailliés et délivrés, ou faites délivrer par ceulx qu'il appartiendra, au seneschal de Lion, que nous avons à. ce commis et ordonné jusques autrement y ayons pourveu. Si le faictes ainsi sans diûculté ou delay, car tel est nostre plaisir; et se faulte y avoit en serions très desplaisans^ et vous en demourroit la charge.

Donné à Bourges, le vingt et quatriesme jour d'avril.

CHARLES

PlGART*.

Le Roi aux habitants de Lyon

Bourges, 2 août 1423.

A nos chiers et bien amez les gens d^egtise, bourgoys et habitans de la

ville de Lyon,

Dk par le Roy.

Chiers et bien amez, nous avons eu nouvelles comment les Angloys nos ennemis ont eu aucune destrousse sur noz gens qui estoient à siège devant Cravant, et que ladicte place est demeurée auxdiz en-*

i. Copie moderne. Collection Doat, vol. 9, f. 283 (d'après Toriginal aux Archives de Rodez, lequel est aigoaràhui aux Archives de Tarn-et-Garonne, série C, non inventorié).

494 mSTOIRK DH CITAUI.KS VII. 1423

nemis. Toutes voyes n'y avoit-il audit siège que très peu et comme riens des nobles de nostre royaume, mais seulment Escoz, Espaignaulx, et autres gens de guerre estrangiers qui avoient acoustumé de vivre sur les pays, par quoy le dommaige n'en est pas si grant. Et ce neàntmoins vous escrivons la chose comme elle est, afin que, en tout événement, et pour, le plus seuF, vous tenez de bien en mieulx sur vostre garde, en faisant tousjours bonne diligence de bien garder la ville; et ne vous troublez ou esbayssez en riens pour la cause que dessus, car. Dieu mercy, nous sommes tous confortez et assez puissans pour y donner bon remède; et aurons en brief nostre puissance ensemble , pour faire au surplus ce que Dieu nous conseillera; et desjà avons pourveu au fait des passages plus dangereux.

Donné à Bourges, le second jour d'aoust.

CHARLES

Nous escrivons aucune chose touchant ceste matière à nostre amé et féal conseillier Tarcevesque de Tholose, pour les vous dire de par nous; si le créez comme nous mesmes.

Donné comme dessus. "

PiCART*.

Le Roi au maréchal de Séverac.

Bourges, 25 décembre 1423.

A nostre amé et féal conseiller et chambellan le sire de Severac,

mareschal de France.

De par le Roy.

Nostre amé et féal, nouvelles nous sont venues que les Bourgongnons sont entrés dedans la ville de la Charité, et encores se tiennent pour nous certaines tours et pourteaux d'icelle ville, comjne vous pourrés veoir par letres que vous envoyons ci dedans enclouses. Si vous prions et mandons bien expressément que> incontinent ces présentes veues, vous vous tirés avec le plus de gens que vous pourrés finer à Gien sur Loire, et faites sçavoir au bastard de la

1. Original sur parcbemin, avec trace de cachet. Archives de Lyon, AA68.

1424 PiftOKS JUSTIFICATIVES. 495

Vausine, et ailleurs, ou vous verres qu'il sera de faire, qu'ils se tirent vers vous ; et d'autre part nous mandons aux gens des garnisons de par delà qu'ils se tirent audit Gien pour adviser par quelle manière secours pourra estre donné à nos gens qui sont dedans ladicte ville, et nous semble, mais que faciès bonne diligence, qu'ils seront bien secourus ; car il n'est pas vray semblable que les Bourguignons qui sont entrés dedans attendent qu'on soit davant eulx pour avoir à faire à ceulx des tours et portaux, et à ceulx de debors. Si faites en ce tout ce qui vous sera possible, et nous faites savoir toutes nouvelles.

Donné à Bourges, le vingt et cinquiesme jour de décembre.

CHARLES

De LucÉ^

VU

Le Roi à

Selles, 30 janvier 1424.

De par le Roy.

Nostre amé et féal, pour les grans et griefs complaintes que avons eues à ce présent Conseil de Selles, et autrement, des oppressions et dommages et autres maulx innumerables que font les gens d'armes et de trait qui sont sur les champs et vivent sur le peuple • à nous obeissans,' par quoy il est tant vexé et si travaillié que plus n'en puet bonnement soufifrir, et à ceste cause est fort indigné et ne puet plus riens paier des revenues qull doit ne des aides dont nous les chargons pour le fait de la guerre et autrement, et moins le pourroit faire ou temps advenir se il n'estoit suporté et deschargié desdictes gens d'armes et de trait, tout en nostre très grant préjudice et dommage inestimable, nous, par l'advis dudit Conseil, avons commis et ordonné nos amés et feaulx le mareschal de la Fayete, le maistre des arbalestriers, et l'admirai <, à quatre cens hommes d'armes, c'est assavoir ledit mareschal à deux cens hommes d'armes, ledit maistre des arbalestriers à cent, et ledit admirai à cent, pour chasser et faire vuider tous autres gens d'armes et de trait vivans sur nostre peuple, et tous autres capitaines, gens

1. Copie modeine, collection Doat, col. 9, p. 281 (d'après l'original aux Archives de Rodez).

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