‹ Histoire de Charles VIIChapitre 324 sur 340 · Original. Ai'chives de Lyon, AA · texte numérisé non relu

Original. Ai'chives de Lyon, AA

renier passé, et arrivay en ceste ville de Poictiers vendredi aussi passé au soir, et n'y ay trouvé personne à qui j'aye peu besoingnier, car il n'y a nul de Parlement pour les foyres. Tout le conseil du Roy est allé avec lui, les ungs dient à Touart, les autres a Samul. J'ai trouvé les generaulx à qui maistre Girart Blanchet a escript de l'aide de monseigneur le connestable, lesqueulx, pour ce qu'il leur en a escript bien affectueusement en vostre faveur, m'ont fait bonne chiere, et m'ont dit, par especial maistre Jehan €ba&tagnier, qu'ilz y feront pour vous tout ce que leur sera possible, mes qu'il fault parler de la chose à monseigneur le connestable, sans lequel ilz n'oseroient riens faire, car il lui appartient, lifeadiz seigneurs les generaulx partent demain lundi au matin, et moyen leur compagnie, pour la seurté des chemins, et ne fineray que j'auray parlé de la matière audit monseigneur le connestable ; et doulte qu'il ne me faille aller à Angicrs ; et sur tout sauray son bon pleisir. La journée des trois estas est continuée, jusques au x\^ d'octobre à Poictiers, et y seray assez à temps, se Dieux plait. TouGjours feray-je le mieuLx que je porray de ce qu'il vous a pieu moy chargier. L'on disait vrayment à Borges, quand j'en partis, que Madame de Bourgongne estoit morte. Monseigneur le connes^ table ne demoura en ceste ville de Poictiers que une nuyt, et enmenna le Boy, moult notablement acompagnié ; et a Ton espérance de beaucop de bien. Dieu le vueille que ainsi soit, et vous doint bonne vie et longue.

Escript à Poictiers, le dimenche derrenier jour de septembre.

Je n'ay sceu personne qui soit venu en ceste ville depuis que le Roy parly ; pourquoy je ne say autre chose de nouvel que escripre vous puisse. Je escry à mon clerc qu'il porte le procès contre maistre Estienne le phisicien à Denis Becey pour l'assouir, car la journée sera bien bréef ; à dire droit, si vouldroye bien que la journée se continuast jusques je y pousse estre, qui sera bien près de la Tousains, combien que je n'y saroye guieres faire.

Vostre humble serviteur,

ROULÎN DE MaSCON *.

Page 1