‹ Histoire de Charles VIIChapitre 325 sur 340 · Orif^na]. Archives de Lyon, AA · texte numérisé non relu

Orif^na]. Archives de Lyon, AA

Roulin de Mascon aux conseillera de la ville de Ljon

Poitidcs, 12 octobre 1425.

A mes très chie^^s et hônnourés mcsseignews les conseilliers de la

ville de Lyon.

Mes ires chiers seigneurs, je me recommande humblement à vous, et vous pleise savoir que, après ce que- je vous ay escript pat deux fois, Tune à Borges par Petrequin le diamantier, demeurant à Lion, et Tautre par Jehan Legier à Poicliers, je m'en alay à Samur en Anjo, près d'Angiers, à dix lieues, où je trouvay monseigneur le connes table, c'est assavoir le mercredi m» jour de ce moys d'octobre,-auquel je baiilay voz lettres, et lui dis de bouche ce qwd chargié m*aviez touchant le rabat du derrenier aide de Poictiers, présent Buffart, qui me présenta k lui, et à très grant peine peua-je parler à lui, pour la très grant suite qu'il avoit de toutes gens ; lequel monseigneur le connestable, avant qu'il ovrist voz lettres, me demanda se l'argent dudit aide estoit prest ; auquel je respondis que l'on en avoit jà paie une grant partie, en espérance d'avoir grâce du surplus, considérés les causes que je lui dis bien au large ; lequel tout oy me respondi qu'il ne lui touchoit riens le rabat, et qu'il estoit contant que le Roy ou autres vous en feissent tel rabat comme bon leur sembleroit, mes qu'il éust la somme qui lui avoit esté assignée sur vous ou ailleurs. Et combien que dès ledit mercredi jusques au samedi ensuivant yî^ d'octobre, j'aye sur ce fait toute diligence, tant envers mondit seigneur le connestsfble comme envers monseigneur le cbancellier, toutes voies n'ay-je peu avoir autre response dudit monseigneur le connestable ; mes sur ce vous escript par ses lettres que j'ay baillé au porteur, lequel est venuz hastivement par deçà après moy pour moy aidier à avancier, etc. Et pour ce me semble, à voslre oorrection, actendu que je n'ay peu avoir autre provision pour le présent, afin de obvier à toutes contraintes de prison et autres, que l'on lui parfeist la somme de xv<^ frans, comprins les ix< frans jà paies, jusques à ce que je voye que je porray fere, car j'en feré toute autre diligence envers le Roy et son conseil, par suppllcacions et autrement, la meilleur que je porray. Messire Teode de Vaupergue m'a parlé des xn« lxvt frans de messire le Borgne Gaqueran, et me dit

que le Roy vous en escriproit et à monseigneur le baillif aussi, et que^ se vous ne le paiez briefment, que vous seriez en aventure de paier tout sans joir d*aucune grâce que le Roy vous eust fecte ; au^ quel je respondiz qu'il estoit impossible que vpus les peussiés paier, actendu les xxiv frans de monseigneur le connestable, les ini<: frans de parlement, et les aides avenir; et mercbandasmes beaucop, par le moyen d'un bien acointé de lui et de moy, auquel j'avoye couvent deux escuz pour sa peine, et lui diz plus que je j'estoye en son parti, actendu lesdictes cbai^es et aussi les mil frans de monseigneur le baillif et toutes autres choses de quoy je me peuz aviser afin d'avoir de lui meilleur marcbié, que j'en vouldroye tenir iiip frans; et combien que sur ce mercban disse beaucop, jusques à venir à mil fran, il n*en voult rien fère^ mes me dit qu'il n'en prendrait pas une prois moins; et lors je le lessay en tel estât. Je ne say qu'il en fera, mes j'en parlay puis après à un vostre amy de nostre pais, qui est pardeça, et qui scet des besoingnes, lequel me dist que Ton ne s'en avansast jà trop, car dedans brief temps il y aura des cbangemens. Nous avons peu amis par dessa, qui nous est grant dommaige. Je feray reffaire les lettres de don dudit messire le Borgne, le mieulx que porray, de la somme qui est, se mieulx ne puis ; et au surplus que chargé m'avez, je feray tousjours le mieulx que je porray, combien que Von a peu peu besoingnier par delà à Samur, pour les causes cy après escriptes.

Le Roy arriva à Samur le mercredi iii« d'octobre, et lui allèrent au devant, une lieue ou environ, la Reyne de Cécile, Monseigneur de Bretaigne, qui eâtoit déjà par deux jours devant et' plus audit lieu de Samur, monseigneur de Foys, monseigneur d'Estampes, monseigneur de Comminges, et firent très bonne et iiere chiere les ungs aux autres. Le jeudi ensuivant au matin, iiii^ d'octobre, tous furent de rechief ensemble au chastel de Samur, faisans tous bonne chiere. Le vendredi au matin, v^ jour d'octobre, environ dix heures, le Roy oy ses deux messes, esquelles fu monseigneur de Bretaigne, et porta mondit de Bretaigne au Roy l'offrande, et puis la paix, dont chascun fu moult joyeux; et puis^ après les messes, entrèrent en conseil, où ilz eurent de beaux et notables parleis ensemble, à l'onneur et prouffit du Roy et de son Royaume, comme ay sceu par homme qui estoit présent. Et depuis, tant comme le Roy a esté à Samur, ont esté en conseil chascun jour deux fois ensemble, et comencé à besoingnier, tellement que, au pleisir de Dieu, dedans briefs jours nous en aurons bonnes nouvelles. L'on tient que mardi

qui vient, xvr d'octobre, sera la journée des trois estas à Poictiers, combien quUl y a peu gens., — Madame de Cruienne, connestablesse de France, vint veoir le Roy ledit .jeudi au soir, iin*d*octobre, de Tabbs^e de Saint-Florent près de Samur, à demi quart de lieue, où sont logiés mondit seigneur le connestable et elle. Le vendredi v« d'octobre, tous lesdiz seigneurs furent ensemble au chastel de Samur, et, comme ay oy dire à ceulx qui furent preaens, firent seremens et alliances ensemble, dont cbascun cria audit cbastei, à aulte voix, Noéi Le lundi vui^' d'octobre, le Koy parti de Samur, et le convoyèrent monseigneur de Bretaigne et ses deux iierei^piès d'ime lieue; puis s'en retornerent, et demeure monseigneur de Ck>mminges à Samur, capitaine à iiii<^ hommes d'armes. Monseigneur de Bretaigne s'en va à Angiers tenir la frontière. Mardi IX® d'octobre, le Roy arriva à Poictiers au giste, et jnoy tousjours iq)rès partout. Moy arrivé à Poictiers, je fais faire incontinent une requeste sur le rabat du derrenier aide de monseigneur le cannestable, laquelle fut baillée à un maistre des requestes pour la rapporter, lequel aujourd'ui, date de ces présentes, Ta rapportée; et finablement m*a i^spondu le conseil qu'il n'y mettront jà la main, senon de la volonté de monseigneur le connestable, lequel m'en a desja respondu comme dessus au comencement est contenu ; pour quoy je doubte que, au regart de ce, je puisse guieres faire. £t combien que j'aye' prié les generaulx qu*lbs voulsissent rapporter à monseigneur le chancellier, qui estoit présent, ce que maistre Girart Blancbet leur avoit escript toucbé ce, toutes voyes n'en ontilz riens voulu faire; mes tous m'ont revallé bien acertes, disans qu'il n'a ville obéissant en ce royaume qui tant ait tousjours demandé ne heu des dons du Eloy, ne moins payé que la ville de Lion ; et par ainsi je xi^ sais plus que faire : car monseigneur le chancellier m'a dit pourquoy nous n'alons aux esleuz de Lion, qui sont mieulx informez de ce que autres pour nous amodurer selon leur semble, et je lui ay respondu que l'on y a fait quant que l'on a peu, mes qu'ilz n*en vuelent riens faire, et pour ce Ton estoit venu au souverain remède. Quant aux ii"* v^ lxvi livres tournois de la reste de Ryon, messeigneurs de Parlement sont maulx contens de vous, et m'a dit monseigneur le premier président, en la chancellerie, et tous les autres segneurs, tant de parlement comme de requestes, Charrier, et tous autres, qu'ilz me nuyront de tout leur povoir, et si seront paiez desdiz im^ firans ; et tiens^ que vous n*aurés briefvemeiït nouvelles, se déjà qe les avez ; etm^a dit mon-

seigneur le chaneellier que rentencion du Roy n^est point que la remission de la Barbe vaille riens, pour ce qu'il taisa la forme de la première remission de Lyon, c'est assavoir que Ton n'en demanderoit plus remission ; et de fait m'ont dénié la reffasson des lettres, lesquelles, se mieulx ne puis faire, j'en retorneray, combien qu'llz les m'ayent demandé ; mes je leur ay dit qu'elles estoient à Lion ; et si m'ont dit d'autres grans parolles, qui seroient trop longues. Ledit messire Tbeode de Vauperga me dit sur cbemin, en venans de Samur, qu'il les mo feroit refTaire à ma guise, quant il seroit venu à Poictiers, dedans trois ou quatre jours, que qui le vensist veoir, et pour ce je n'ay autre espérance que en ly ; je Tactendray, en actendans la journée des trois estas, et y feray tout mon povoîr, et Dieu le surplus. Il me semble, à voire correccion, qu'il faudra complaire à mes di2 segneurs de Parlement desdiz mi« frans, et quant aux mil frans que j'ay entendu que monseigneur le connestable demande sur la reste de Ryon, monseigneur le cbancellier a dit à un qui s'en va avec le porteur de ces présentes, qui est venu pardeçà pour ceste cause, que mondit seigneur le connestable n'ot oncques assignacion sur ladicte viile dudit aide ; si ne scay s'il changera lengage. L'on dit que le Hoy s'en yra bien brief en Lyonnois ; qu'il en sera, je ne say. Je me avanceray de faire tout ce que j'ay à faire le mieulx et le plus brief que je porray, afin que, incontinent après la journée des trois estas, je m'en aille, car le temps me comence à ennuyer, aclendu que je ne foiz mie ce que je vueil. Le pourteur de ces présentes a mieulx gagnié ses gaiges que moy les miens, car il a mieulx fait ce que l'on lui chargié que moy ; et si a veu tous mes debas que j'ay eu à chascun et ma diligence. Nostre 8eigneur vous doint bonne vie et longue. Escript à Poictiers, le vendredi xn<» d'octobre, à la chandoile.

Le tout vostre serviteur,

ROULIN DB MaSGON *.

i. Original. Archives de Lyon, A A 103.

Roulin de Mascon aux conseillers de la ville de Lyon.

Poitiers, 23 octobre 1i25.

A mes très honourés seigneurs messeigneurs les conseiUters

de la ville de Lyon sur le Rosne.

Mes honnaurés seigneurs, je me recommande humblement à vous, et vouspleise savoir que naguieres je vous ay escript par ung qui s'en est allé avec Vulliquin Viq, pour ce que je n'osay bailler mes lettres audit Viliiquin, pour ce que, comme je vous ay escript, il estoit venu au contraire d'aucunes choses que m'aviez chargié; si ne «ay si vous avez eu les lettres; toutes voyes, depuis j'ay demeuré à Poictiers et poursuy le mieulx que j'ai peu; mes, pour les journées de trois estas, qui commencèrent mardi derrenicr passé, XVI® jour de ce moys, et ont duré jusques samedi derrenier passé, et tous les jours deux fois en conseil, c^est assavoir au matin jusques à une heure après midi, et après jusques à huit heures, ou chastiau de Poictiers , je n'ay guières peu besoingner. A la fin desquelles journées, le Roy accepta le don de vin*^ m frans qu'il demanda, et lui fut octroyé par ceulx du pais obéissant du Languedoil, dont les iiiicL M se paieront par taille à trois termes ou Languedoil , le premier le xv« de novembre, le ii® le premier de février, et le m® le premier de juing prouchain venant ; les c m seront sur les gens d'église, et les w^i. M pour ce que les ungs, c'est assavoir d'Angiers, d'Orliens, Bloiz, Touraine et autres vouloient des aides partie, et les autres des pais bas, jusques en Lionnois, vouloient que tout se paiast par taille, veu par le Roy la contrariété des païs, ordonna que les diz ii«L M frans se paieroient par ung xi® sur toutes denrées et marchandises par tout le païs obéissant, jusques à ung an, et non plus, et se ladicte somme estoit plus tost cueillie, plus tost ûnera ledit XI®; ausqueulx nn^^L m contribueront monnoyers et autres, comme fut dit publiquement, ledit samedi derrenier passé, en la présence du Roy et par monseigneur son chancellier. Depuis j'ay fait toute diligence que homme porroit faire ; mes au regart des xxiF frans de monseigneur le connestable, je n*ay peu obtenir que iii<^ frans, paiant* le rendu promptement, dont j'ay lettres signées dudit monseigneur le connestable. Et au regart du derrenier don de

Ryon, les lettres obtenues par la Barbe ne valent pas ung denier, mes estoient d'entencion, et le Roy et tout son conseil, que vous païssiés tout au long, attendu que vous n'en deviez plus demander rabat que le {premier obtenu à I\y<m; mes, à la très grant poursuite de messire Theode de Vauperga, Ton vous en a remis et à grant dangiers environ ix^ livres, et ainsi vous en fault paier à messire le Borgne Gaqueran xir^ l livres, et à Parlement ini^ livres, comme je pense que avez eu nouvelles que en a portées ledit Vulliquin Viq, et autre chose ne s'i puet faire. Et encoures, combien que le Roy ait commandé les lettres bien acertes, ne les ay-je peu avoir; mes je les doy avoir demain au matin, car messire Theode a la chose pour recommandée, et s*il n'estoit, je n'en araye points Je feray le mieulx et le plus brief que je porray, car le temps me desplait de tant de*mourer par deçà. Le Roy nostre sire, la Reyne, la Reyne de Cécile et tous se partent aujourdui de Poictiers, et s'en vont à Mehun sur Yevre, et de qui, comme l'on dit, à Borges, et moy après, pour m'en aler le plus tost que porray. Les trois estas de Lenguedoc se doivent tenir la sepmaine qui vient à Borges. Je pense bien que verray tout avant que je m'en aille. Autre chose n'a depuis que je vous eacris de nouvel par deçà. Nostre Seigneur vous doint bonne vie et longue.

Ëscript à Poictiers, le mardi xxm^ d'octobre.

Voslre humble serviteur,

ROULIN DE MaSCON^

Le Roi au receveur de...

Mehun sur Yèvre, 28 janvier 14S6.

De par le Roy.

Receveur, pour ce que de présent nous avons neccessairement afaire d'argent, tant pour soustenir le fait de nostre guerre et la despense de nostre hostel comme pour noz autres affaires, nous te mandons et expressément enjoingnons que, par le porteur de cestes, tu nous envoies présentement la somme de deux cens livres tour- >

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