‹ Histoire de Charles VIIChapitre 334 sur 340 · Original sur parcbCmin. Archives de Reims · texte numérisé non relu

Original sur parcbCmin. Archives de Reims

que besoing nous est, avons ordonné icelle somme estre empruntée sur les plus puissans et aisiez de ladicte ville, soient gens d*eglïse, nobles ou autres, sans nul espargner, et les presteurs eâtre restituez des deniers dudit aide ou impost. Et pour ceste cause envoions présentement par delà nostre amé et féal conseillier maistre Jehan le Damoisel, avecques puissance de faire lesdiz empmns. Si vous prions très acertes, sur tant quQ vous amez le bien et recouvrement de nostre seignone et sur tout' le service et plaisir que faire nous desirez, que en ce vouç, vu/BiUez, chasQua en 891) endroit, employer et estendre, par manière que hastivement et prestement puissions avoir et recouvrer ladicte somme, ainsi que besoing nous est. Et pour ung si grant bien, et <}ui tant tpucbe le bien, de nous et -de noz subgiez, ne nous vueiUoz de ce faillir; et créez nostre dit conseiller de ce qu'il vous dira sur ce de nostre part.

Donné en nostre siège devant Monstereau, le cinquiesme jour d'octobre.

EtoON*.

Le Roi à rpfficial de Reims et autres

' MMitereftu, 5 octobre 1487.

A nox ôhi^t^ et bien amez i'ofjieial de Reims, M^ Jehan de Gomoni,' M^ Gerari de MorUfaulcon, et Geesonde Chaahn, et à chatfèun d*evAx,

De par le Rot.

Ghiers et bien amez , nous vous prions bien acertes que vous vueiUez tant faire par devers noz chiers et bien amez les gens d'église, bourgois et habitans de Reims, qu'ilz entretiennent en nostre siège et service les canonniers, arbalaistriers, et autres gens qullz y ont envoyez, et qullz y soient et demeurent jusques au xx"^^ jour de ce présent moy s d^octobre ; et de ce lez priez et requérez de par nous, et qu^ilz leurs escripvent et facent savoir que, jusques audit jour, ilz ne s'en despartent, et vous et eulx nous ferez }?e$

1. Original sur parchemiD, avec traces de cachet. Archives de Reims.

• 1437 PIÈCES JITSTIFinATIVES. 523

grâQl service et plaisir, lesquelz nous vous recongnoistrons 1res voulentiers.

Donné en nostre (lit aiège devant Mondtereau, le v<n« jour dudit moys d'octobre.

A. DU Bbup ^

Le Roi atut habitants de Reims

Montereau, 17 octobre U37,

A nos ôhierê et bien amez les gouverneurs, hotirgots et habitans

de la ville de Reims.

B& pjui LB Bot.

Chiers et bien amez, les compaignons que avez envolez devers nous en ce présent siège nous ont fait remonstrer que dès pieçà leur paiement est faiUy, et qu'ilz n'ont de quoy Hz puissent plus demourer icy, en nous requérant que leur voulsissions donner congié» ce que n^avons pas volu faire, pour ce que encores avons à besqngner d*eulx, et qu'ilz nous ont f)ien servi, dont nous sommes bien contons de vous et d'eulx. Et pour ce que les autres villes qui semblablement ïi6tiâ* ont ènvoré dei^ gens, lés ont tousjours paiez et entretenuz jusques cy, nous vous prions tiasacertes que vous pourveez au paiement desdiz compaignons, et les entretenez jusques à la fin de ce mois, en manière qu'ilz n'aient cause d'eulx départir; et en oe vous nous £erez un très grant plaisir.

Donné en nostre dit siège, le xvn« jour d'octobre.

CHARLES

Dijon •.

f . Original sur papier, avec traces de cachet. Archives de Reims. S. Original sur papier, avec traces de cachet. Archives de Reims.

526 msToiRt: de t.iiarlks vu. 1437

Le Roi aux habitants de Reims

Montereau, 23 octobre 1437.

A noz chiers et bien âmes les gens cFeglise, eschevins, bourgois

et habitans de la ville de Rekna.

De par le Roy.

Ghiers et bien amez, pour ce que, à l'aide et par la grâce de Nostre Seigneur, nous avons recouvré noz ville et chastel de Monstereau, nous avons donné congié aux compaignons, gens de guerre et autres de vostre ville que envoiez nous aviez, lesquelz nous ont bien et grandement servi en nostre siège, et en sommes très contens de vous et d'eulx, et vous en mercions de très bon cuer, en vous priant que des gaiges à eulx deuz du temps qu'iiz ont esté en nostre dit siège, vous les vueillez paier et contenter sans y faire aucune faulte.

Donaé devant Monslereau, le xxiir jour d'oclobre.

CHARLES

Dijon * .

Le Roi aux habitants de ReiiDS

Orléans, 25 août U39.

A nos chiers et bien amez les gens d'église, bourgois et fmbilans

de la ville de, Heimji.

De par le Roy.

Gkiers et bien amez, vous avez assez peu savoir la convencîon nagueres faicte, près de Gravelingnes et Calais, d'aucuns des seigneurs de nostre sang, de nostre chancelier et autres prelas et notables personnes de nostre grant conseil, commis et députez de nostre part, et d'autres seigneurs et ambaxeurs, députez et commis de la part de nostre adversaire d'Angleterre, et comment icelle convencion a esté faicte tant à la requeste et f)ourchas de nostre très

1. Original sur papier, avec traces do rachet. Archives de Reims.

chier et très amé l'rere et cousin le duc d'Orlieos que par le moyen de nostre ires chiere et très amée suer et cousine la duchesse de Bourgongne, desirans que, par leur moyen, peine et travail, aucun bon appointement de paix final, ou autre se peust trouver et contracter entre nous et nostre dit adversaire, affin de éviter l'efusion du sang humain et les autres grans inconveniens qui autrement seroient taillez de advenir à roccasion de la guerre et division des deux royaulmes. Et pour ce que, par nos diz commis et députez, avons sceu et par eulx nous ont esté apportez et monstrez aucuns advis et articles faiz à ladicte convencion par nos diz frère et suer pour pervenir oudit appointement de paii, en cas que Tune partie et l'autre aura iceulx advis agréables, et que sur ce nous convient, dedans certain brief terme pour ce pris et arresté, faire response et signifier nostre entencîon et voulenté au lieu de ladicte assemblée, ce que en si haulte matière, qui tant touche et regarde nous et tout le fait de nostre royaulme et seigneurie, ne vouldrions ne entendons faire ne aucunement y procéder sanz sur ce avoir premièrement, comme Le cas bien le requiert, le bon advis et conseil des seigneurs prochains de nostre sang, et aussy des plus notables de nostre dit roiaulme, tant prelaz et barons que ceulx des bonnes villes, nous, pour ceste cause et pour avoir meure deliberacion sur la response que avons à faire en ladicte matière, avons advisé et conclud de mander à ceste fin et faire assembler devers nous en nostre ville de Paris*, au xxv® jour du mois de septembre prochain, desdiz seigneurs de nostre sang et autres gens notables, tant prelaz, barons que autres de nostre dit royaulme, en bon nombre. Pourquoy vous mandons et enjoingnons bien expressément que ausdiz jour et lieu envoiez et faciez de par vous eslre et assister par devers nous deux ou trois des plus notables d'entre, vous, atout povoir souffisant pour estre presens à debatre ladicte matière, et nous donner sur icelle vostre conseil et advis, et de ce faictes bonne diligence, caria chose ne peut sanz rompture souffrir long delay, et par le porteur de cestes nous certiffiez du jour de la recepcion d'icelles. Donné à Orléans, le xxv® jour d'aousl.

GOURTINELLES*.

1 . Les mots nostre et Paris remplacent d^autres mots qui ont été grattés.

2. Original sur parchemin, avec traces de cachet. Archives de Reins.

02>< HISTOJHE DR CHARLES VII. I43t»

Le Roi aux habitants de Lunel

Angers, 8 décembre 1439.

A nos chiers et bien atnés les consuls et habiians de Lunel,

Db par le Rot.

Ghiers et bien amés, combien que, par autres nos lettres et pour les causes contenues en icelles vous eussions par exprès escript el mandé venir et assister à la journée et convocatioù par nous derrenierement faite des gens des trois estats de nos pays de Languedoil et Languedoc en la ville d'Orléans, au xxv« jour du mois de septembre dernier passé, pour avoir vostre conseil et advis tant sur le raport de nostre ambaxade notable qui, pour le fait de la paix générale d'entre nous et nostre adversaire d'Angleterre, avoit esté par nostre ordonnance à la journée et convention pour ce tenue près de Calais, comme sur la conduite des autres grans affaires de nous et de nostre royaume , neantmoins ce que , à la dernière assemblée d'Orléans, aient souffisamment et en bien notable nombre esté et comparu tous les mandés de nostre dit pays de Languedoil, tant deçà que delà les rivières de Loire et de Seine , vous , ne ceulx de nos autres bonnes villes, n'y estes venus ne autrement envoyé, qui a esté très grant faulte, de laquelle n'ayons esté comme aussi estre ne devons contons; et pour ce que la matière, pour la grandeur et conséquence d'icelle, et pour autres considérations, n'a esté à ladicte assemblée du tout déterminée, ains, pour plus meurement'et seurement y délibérer et prendre final appointement, avons repris et assigné autre journée sur ce, c'est assavoir au xv« jour du mois de février proucbajin venant, auquel jour nous avons ordonné et enjoint à tous ceulx qui ont esté à ladicte première assemblée estre et retourner de rechief par devers nous en nostre ville de Bourges, nous vous mandons et enjoignons et commandons, sur la loyaulté et obéissance que nous devés, que, toutes excuzations cessans, vous députés, envoyés e^t faites venir et assister à icelle journée deux ou trois des plus notables et souffisans d'entre vous, pour nous donner vos conseils et advis sur ladicte matière de paix , et lesquels vos commis et depputés aient pouvoir de nous faire et accorder, pour et au nom de vous, tout ce que à icelle journée sera advizé, conclud

et arrestéf tant pour le fait de ladiçle paix que autrement, et gardés comment que soit, sur tant que enveVs nous povés mesprandre, que faulte noyait, car autrement oonguois trié» qu'il nous en desplairoit.

Donné à Angiers, le huitiesme jour de décembre Fan mil cccc trente et neuf.

CHARLES

CHALIGAUT^

Le Roi aux habitants de Reims

Amboise, 24 février U40.

A nos très chiei's et bien âmes les capitaine ou son lieutenant, et les gens d'église, bourgois et hahitans de la ville et cité de Beim^,

De par le Roy.

Très chiers et bien amez, nous estans derrenierement en la ville d* Angiers, afin de garder que les gens d'armes ne passassent la rivière de Loire et ne retournassent sur noz païs faire les pillëries qu'ilz ont acoustumé de faire, eussions appoinctié avec les capitaines desdictes gens d'armes de les logier'ès frontières de Normandie pour faire guerre aux Anglois, lesquelx nous promirent et firent serement d'y aler, et pour ce leur feismes paiement d'un mois entier, montant de xxviii à xxx*» frans , ce que avions recouvré , tant du nostre propre comme par emprunct de noz officiers, serviteurs et autres, à bien grant peine, et encores faisions toute diligence d^assembler leur paiement du mois de mars, en attendant la provision que avions espérance y estre donnée pour le seurplus du temps, par l'advis des gens des trois estaz de nostre royaume, lesquelx, comme vous savez, avons mandez et ordonné estre assemblez en notre ville de Bourges , en ce présent mois de février, tant pour le fait et union de l'Eglise, comme pour la paix générale de nostre royaume , de la délivrance de nostre très cbier et très amé

i. Copie moderne. Ms. latin 911$ (Collection de D. Pacotte), f tô (d'après l'ongina! aux archives de Thôtel de ville de Lunel).

530 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1440

frère et cousin le duc d'Orléans, et autres affaires d*icellui nostre royaume. Et en nous en venant pour tenir ladicte journée d'iceulx trois estaz, à nostre venue en nostre ville de Tours, avons entendu que nostre cousin d'Alençon, atout gens d'armes, est aie devers beau filz le Daulphin eu nostre païs de Poictou où Tavions envoyé pour y faire cesser les pilleries, et né savons se, sonbz umbrede nostre dit filz, nostre dit cousin d'Alençon et noz cousins de Bourbon et de Vendosme, le bastart d'Orléans et autres, qui, comme avons sceu, ont faicte certaine assemblée à Bloys pour faire rompre nostre armée et retourner lesdictes gens faire lesdictes pilleries sur nos diz pais, comme para vaut, vouldroient faire aucuns brouilliz ou nouvelletez ou i^it de nostre seigneurie, qui eeroit la totale destruccion de nostre dit royaume, retardement desdictes union de l'Eglise, paix de nostre dit royaume et délivrance de nostre dit frère d'Orléans, et de tous les faiz et afaires d'icellui nostre royaume, et s'en pourroit ensuir inconvénient irréparable se provision n'y estoit mise, ce que nous sommes de tous poins délibérez de faire, et mesmement par Tadvis desdictes gens d'iceulx trois estaz, à laquelle ne vueillez diferer d'envoyer, se ja envoyé n'y avez, car nous y serons et la tendrons, à l'aide de Dieu, sans point de faulte. Et neantmolns vous mandons et défendons très expressément , sur la loyaulté et obéissance que nous devez, et sur tant que doabtez mesprendre et meffaire envers nous, que à nos dis cousins et autres dessus diz, ne à aucun d'eulx, ne à autres de par eulx, quelz qu^lz soient, vous ne donnez ne faitez ou souffrez donner ouverture ne obéissance, si non que aiez autres nouvelles de nous, par noz lettres patentes subsequeûs en date ces présentes, de la recepcion desquelles nous cerUffiez par le porteur d'icelles, pour quelques mandémens ou requestes que soubz quelque couleur que ce soit vous soient ou puissent estre faicles par lettres ou autrement, en prenant et arrestant les lettres et messaiges qui pour ee vous seroient envoyez, et renvoyant devers nous lesdicles lettres sans les ouvrir, et lesdiz messaiges faisant garder bien et seurement sans en faire quelconque délivrance, jusques à ce que par nous en soit autrement ordonné ; et en ce vous vueillez gouverner comme noz bons, vraiz et loyaulx subgiez . ainsi que avez fait jusques cy, et que en vous en avons nostre fiance.

Donné à Amboise, le xxiino jour de février.

Depuis ces lettres escriptes, avons sceu que nostre dit fibs le Daulphin, par seduccion, s'est joint et mis avec les dessus diz. Et pour ce

VOUS mandons et dépendons, comme dessus, que à lui ne autres de par luy pe obéissez en aucune manière. Donné comme dessus.

CHARLES

Yalenoelibk.

Au dos : « Ces présentes ont esté apportées par Jehannet Le Gentilz, chevaucheur de Tescuierie du Roy nostre seigneur, et reçeues par les gens d^^glise, lieutenant du capitaine, eschevins, bourgois et habitans de la ville de Reims, le xi« jour de mars, Pan mil cccc xxxIx^ »

Le Roi aux habitants de Reims

Cusset, 16 juillet 1440.

A not très chierêet bien am&s les gens d'église, bourgoiz^ manans et habitans de la ville et cité de Reims,

De par le Roy.

.Obiers et bien amez, beau frère le duc d'Orléans nous a fait savoir, tant par ses lettres comme par ses gens, quUl a prin^ certain appoinctement final avecques nostre adversaire d'Angleterre sur sa délivrance et venue par deçà, moyennant certaine grosse somme d'or qu'il luy convient paier et bailler à nostre dit adversaire, laquelle, comme il nous a fait remonslrer, luy seroil impossible finer sans le bon aide et confort de nous et aussi de ceulx de noz bonnes villes et des siennes, où il a grant espérance; et pour ce que, obstant la très grant charge que de présent avons de toutes pars, tant à cause de l'entretenement et conduite de nostre présente armée que pour résister à rencontre de noz anciens ennemis les Angloys et autres noz grans araires, ne povons pas à icelluy nostre frère seeourir ainsi avant que bien vouldrions, ne si prestement comme soo cas le requiert, il nous a fait requérir et supplier qu'il nous pieust avoir agréable que, en son nom et de par luy, il peust faire requérir l'aide de vous et de noz autres subgiez des citez et bonnes villes de nostre' obéissance, et que en sa faveur vous voulsissious et aux autres sur ce escrire et vous recommander luy et son fait. De laquelle chose faire, eue consideracion à la proximité de lignaige en quoy nous attient nostre dit frère, la longue prison aussi qu'il

1. Original sur parchemin, avec traces de cachet. Archives de Reims.

a tenue ei endurée pour la deffense de nostre royaume, et le désir que nous avons à sa délivrance, esperans que par icelle en vendra très grant bien à nous et à toute la chose publique de nostre royaume, avons esté contens, vous prians très affectueusement qne selon voz facultez et cbevances vous vous vueillez, en contemplacion de nous et faveur des choses dessus dictes, eslargir envers nostre dit frère, et les requestes qui pour luy et son fait vous seront faictes acomplir, en luy aidant et secoiu*ant à cestuy son besoing le plus avant que bonnement pourrez , et faisant de la somme dont aider luy pourrez et vouldrez la plus prompte finance que vous pourrez, ainsi que son cas le requiert, afin que plus brief il puisse estre du tout délivré des mains de nostre dit adversaire, et qu'il se puisse employer en ce qui sera le bien de nous et de nostre royaume et de toute la chose publique d'icelluy, comme savons qu'il y a bon vouloir; et du plaisir et courtoisie que en ce luy ferez, dont voulons par vous estre certiffiez, vous saurons très bon gré , le reputerons comme fait à nous, et en voz affaires vous en aurons pour plus recommandez.

Donné à Gucy,. le xvi« jour de juillet.

GHARIilST^

Le Roi aux habitants de Reims

Devant Pontoisc, ^ juin Ull.

A noz chiers et bien âmes les escheviiis, bourgois et habitans de la

ville de Reims.

De par le Rot.

Ghiers et bien amez,,vous savez assez comme "puis nagueres avons mis et tenu en personne le siège devant noz ville et chaatel de Oreilg, detenuz et occuppez par les Anglois noz anciens eùnémis, et iceulx avons par force recouvrez et mis en nostre obéissance, fit depuis avons semblablement mis le siège devant' nostre ville de Pontoise, où avons desjà esté par aucun temps, et avons espérance de ravoir brief, au plaisir de Nostre Seigneur, et de procéder plus avant à Texpulsion de nosdiz ennemis. Pour lesquelles choses

1 . Original sur parchemin, avec traces de cachet. Archires de Reims.

nouâ a convenu employer et despendre tout ce que avoua peu recouvrer de noz finances, et tellement que ne pourrions bonnement plus conduire ledit siège ne entretenir les gens d^artnes qui y sont, sans avoir aide de noz subgiez; mais conviendra que nostre armée se rompe et que lesdictes gens d*armes et la pillerie retournent sur vous et autres noz païs et subgiez, qui seroit à nostre très grant desplaisance, et pour riens ne le vouldrions. Et pour ce^ afin de obvier aux inconveniens qui pourroient avenir pour la rompture dMcelle nostre armée, avons ordonné la somme de trois mille six cens livres tournois estre mise sus, cueillie et levée promptement en la ville et élection de Beims. Si vous prions et requérons très acerteset neantmoins mandons que en quelque manière que ce soit, par emprunt ou autrement, vous faictes que ladicte somme soit incontinent levée et preste pour apporter par devers nous, ainsi que vous diront plus à plain noz amez et feaulx maistres Robert des Roches, maislre de noz comptes, et Ëstienne du Ban, nostre secrétaire, que pour ceste cause envoyons par devers vous. Et en ce ne vueillez faire faulte, sur tant que amez le bien de nous et de nostre seigneurie et de vous mesmes.

Donné devant Pontoise, le xxix» jour de juing.

CHARLES

Dijon*.

Le Roi aux habitants de Reims

Saint-Denis>2aoûtiUi.

A tws chiei^s et bien aniez les bourgois, manana et liabitatis de Reiins.

De par le Roy.

Ghiers et bien amez, pour ce que nous avons très oeccessairement à faire d^arbalestriers et couleuvriniers pour le fait de nostre siège que tenons devant nosU^e ville de Pontoise, nous avons chargié nostre bailli de Vermendois ou son lieutenant à Reims nous en faire venir des villes de par delà jusques à certain (sic), mesmement de la ville de Reims dix arbalestriers et six couleuvriniers, ainsi que par noz lettres de commission lui avons chargié et commis vous dire et remonstrer de par nous. Si vous prions et requérons et

i. Original sur parchemin, avec traces de cachet. Archives de Reims.

neantmoins mandons, sur la loyaulté et obéissance que nous de> vez, et sur tout le plaisir et service que faire nous desirez et que amez le bien de nous et de nostre seigneurie^ que incontinent voues ces présentes vous nous en envoyez jusques audit nombre, paiez pour ung mois, des meilleurs que pourrez finer, gamiz des meilleurs arbalestres et couleuvrines que pourrez recouvrer, et quMlz soient par devers nous dedans dix jours après la presentacion de ces présentes, de laquelle avons mandé audit bailli nous certiffier. Si ne nous y vueillez faillir à ce besoing. Donné à Saint Denis, le second jour d'aoust.

Db la Lobre^

Le Roi aux habitants de Reims

Conflans, 12 septembre iH\.

A nos chiers et bien âmes les gens d'église, bourgoys^ manans et ha-

bitans de la ville de Reims.

De par le ROY.

Chiers et bien amez, nous avons receu les lettrés que nous avez escriples par ce porteur, et sceu par icelles les grans maulx et oppressions qui vous sont chascun jour faiz par les gens de guerre qui sont autour de la ville de Reims et en nostre pais de Champaigne , et comment, pour occasion d'iceulx, tout labourage, sur quoy est principallement fondée ladicte ville, y cesse. Nous aurons, au plaisir Nostre Seigneur, brief besongné par deçà, et ce fait donnerons si bonne provision à vous et noz autres subgelz de nostre dit païs de Champaigne, que en serez bien conlens; et se ne feussent les grans affaires que avons par deçà, desjà y eussions là donné la provision ; et ï^oiez certains que des charges que avez pour le fait de nous et de nostre guerre avons bien mémoire.

Donné à Conflans Saincte Honorine lez Pontoise , le xiV jour de septembre.

CHARLES

De la Loers^

1. Original sur parchemin ; cachet en cire dans une enveloppe de papier. Archives de Reims.

2. Original sur paixheoiin ; cachet en cir» dans une enveloppe de papier. Ardiives de Reims.

Le Roi aux habitants de Reims

Saintes, 10 février 1441

A noz chiers et bien amez les esohevins, hourgoia et habitans de la

ville de Reims.

De par le Rot.

Ghiers et bien amez , nous avons présentement reçeu voz lettres par Jehan Falize, poursuivant d* armes, porteur de ces tes, par lesquelles nous requérez que, en aiant regard au contenu dMcelles, vous vueillonô faire aucun rabaiz de la porcion de Taîde de deux cens mil frans derrenierement mise sus et imposée en vostre ville et élection. Sur quoy vous signiffions que, comme autreffoiz avons dit pour le voua rapporter à Antholne de Helande, nostre varlet tranchant et vostre capitaine, Nicole Jaquemin, et autres de voz gens naguieres pour pareille cause envoyés par devers nous, tout Fimpost mis sus en vostre élection est ordonné pour le payement des gens de guerre estans en la frontière du pais de France , par quoy ne vous pourrions faire rabaiz qu'il n'y eust faulle en leur payement ; et se faulte y avoit, ilz se pourroient deppartir de leur dicte frontière et aler vivre sur vous et sur noz autres pais et subgetz de par delà, dont se pourroit ensuir inconvénient et dommaige inréparable pour nous et pour vous; et pour ce ne volons pas manière que pour le présent vous puissions bonnement faire aucun rabaiz. Si vous prions que, pour ceste foiz, vueillez porter paciemment la somme que vous avons ordonnée à cause dudit aide et le prendre en gré, car à la vérité nous ne saurions autrement comment entretenir nosdiz' gens de guerre en ladicte frontière, ne les garder qu'il ne retournassent sur vous et noz autres païs et subgetz; et se possible nous eust esté sans la rompture du paiement desdiz gens d'armes faire ce que nous avez requis, très voulentiers l'eussions fait; et une autreffoiz, quant le cas se y offerra, soiez certeins que bien en aurons mémoire, et devant autres vous y aurons pour especialment recommandez.

Donné à Xainctes, le x"»® jour de février.

Chalkjaut *.

1. Original sur parohemiki, avec traces de cachet. Archtres de Reims.

536 HISTOIRE DE CHARLES VH. 14â

Le Roi aux habitants de Reims

Limoges, 24 mai 1442.

De par le Roy.

Très chiers et bien amez, vous savez assez comme, pour la defi'ensc de nostre royaume, nostre très chier et très amé frère et cousiu le duc d^Orleans a esté prisonnier des Angloiz noz adversaires par le temps de XXV ans ou plus, et pour le fait de la chose publique d'icellui, et la grant et excessive finance à quoy il a esté rançonné ; et savez aussi comme, pour Taccident de la guerre, durant le temps de sadicte prison, toutes ses terres.et seigneuries lui ont esté et sont destruites, et par ce ses revenues tellement diminuées et ses subgiez si apouvriz que très peu s'en peut aidier ; pour quoy et pour les autres grans dommages quUl a euz et soustenuz pour ledit fait de la guerre, qui sont tous notoires, lui seroit impossible de fournir sadicte finance et rançon sans Taide de nous et de noz subgiez, lequel il nous a requis. Et pour ce nous , considerans la cause de sadicte prison , la proximité de lignage en quoy il nous attient, la destruction de ses dictes terres et ses autres dommages, et que, de bonne équité et mison, nous et noz subgiez lui devons secourir et aider en toute possibilité , par Tadvis et deliberacion de plusieurs des seigneurs de iiostriB sang et des gens de nosire grant conseil, lui avons octroyé, en ceste ville de Limoges où il est présentement venu devers nous, ung aide de viii" vnr» iXc escuz d'or, à estre levé à son prouffil en noz païs de Languedoil et de Languedoc et paie à deux termes, et d^icellui aide avons fait tauxer et porcionner la ville et élection de Reins à la somme de iii"* escuz d*or, sans les fraiz, comme il est à plain contenu en noz lettres patentes sur ce données; et pour ce qu'il est besoing et neccessité à nostre dit frère d'avoir et recouvrer le plus tost; que possible sera ledit aide, pour son acquit de sa dicte rançon, ou autrement demeurer tousjours ou dangier de nos diz adversaires, vous mandons bien expressément, sur tout le service et obéissance que faire nous desirez, et en faveur des choses dessus dictes, que vous faciez pour nostre dit frère tellement que ladicte somme de nr" escuz soit diligemment levée à son proffil.

comme vous en congnoissiez son besoing, et que par effect congnoissions voslre bon vouloir.

Donné à Limoges, le xxnii® jour de may.

CHARLES

Gharlet^

Le Roi aux habitants d'Amiens

Montauban, 26 janvier iil3.

A nos chiers et bien amez les of/iciers, bourgois, manans et habitans

de la ville et cité d'Amiens,

De pajr lb Roy.

Ghiers et bien amez, le sire et dame de Saveuse, pour la singulière devocion qu'ilz avoient et ont à Dieu et à Madame Sainte Glare, ont donné certain hoslel et place qu^ilz ont acheté en la ville d'Amiens pour faire et edeffier ung couvent de religieuses dudit ordre de Sainte Glare, laquelle maison et place, tant en faveur et * contemplacion de la bonne relacion que avons eue de sœur Golete, de la bonnesteté de sa vie religieuse et grant devocion, et aussi des religieux et religieuses dudit ordre, et que sommes bien informez que ce n'est pas religion noruvelle, mais reformacion d'icelle qui fut baillié par saint François à icelle sainte Clare, et conformé par les pappes passez, nous avons amorti, comme appert par nos lettres d'amortissement sur ce faictes. Sy vous mandons et expressément enjoingnons que lesdicles religieuses et religieux vous souffrez et laissiez entièrement edeftier et joy du contenu en nos dictes lettres, et les traictier doulcement et charitablement, tant on faveur, contemplacion de leur grant devocion et delà religieuse vie [qu'ils] mènent, comme pour consîderacion de ce que vous en escripvona^ sans leur mettre ou donner aucun empeschement en œuvre tant sainte, méritoire et favorable, et tant en faictes que apparcevons que bien nous desirez obéir et complaire.

Donné àMontauban, le xxvi® jour de janvier.

CHARLES

Ghaligaut 2.

1. Original sur parchemin, avec traces de cachet (la suscription a disparu). Archives de Reims.

î. Copie du temps. Registres des délibérations de la ville d'Amiens, vol. V, f. 180, aux Archives d'Amiens. '

LIVRE III : CHARLES VU DEPUIS LE TRAITÉ D'ARRAS JUSQU'A LA TRÊVE AVEC L'ANGLETERRE

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