BUDÉ
Le Roi à Antoine de Helande, capitaine de Reims
ChinoD, 8 février 1432.
A nostre arné et féal escuier Anthome de Heiande,
eappitaine de Reins,
Db par le Roy,
Nostre amé et féal, nous avons sceu que nostre très chier et très amé cousin le duc d'Ostric)ie envoyé présentement en nostre service, aide et secours nostre très cbier et amé cousin le duc de Branszwicb, acompaigné de mil combatans, et que desjà lui et sadicte compaignie sont ou pays d*Auçoys, près des duchiez de Bar et de Lorraine, parmi lesquelles les convient passer pour venir en nostre royaume. Pour quoy nous, qui sommes très joyeux dudit aide et secours, et qui nous est très neccessaire pour le recouvrement d^auctmes villes, cbasteaulx et forteresses que noz anciens ennemis les Angloys et leurs alliez tiennent et occuppent tant en noz pais de Ghampaigne, des places d'Angleure et Pleure et autres, comme ailleurs, es parties de par deçà, vous mandons, commandons et expressément enjongnons que nostre dit cousin de Bronszwich recueillez et faictes recueillir gracieusement en nostre dit pais de Ghampaigne, en lui donnant et faisant donner par noz subgie^ toute faveur, conseil et confort, et ouverture de noz villes et places
1. Origioal sur purcheniin, avec tracos de cachet. Ai'chivcs de Ileims.
o20 HISTOIRE DE CHARLES VIÎ. 1432
de pîir delà, et jusque^ ad ce que aiez autres nouvelles de nou« le faîcles employer avecques noz vassaulx et subgez dudU païs de Champaigne et des marches voisines, en nostre service, à rencontre de nosdiz ennemis les Angloys, et mesmement au recouvrement des places et forteresses qu^ilz occuppent en seignorie de par delà. Et tant en faictes et tellement vous y gouvernez, ainsi que en vous en avons singulière confiance, que nostre honneur y soit gardé et que de plus en plus vous en doyons avoir en espeeiale recommandacion .
Donné à Ghiaon, le huitiesme jour de lévrier.
CHARLES
Froment*.
Le Roi aux habitants de Reiois
Crissay, iO février 1432.
A fioz ohiors ei bien amez les bourgois, manatis et habitans
de nostre ville et cité de Reins,
De par le Roy.
Ghiers et bien amez, nous avons sceu que nostre très chier et très amé cousin le duc d^Ostriche envoyé présentement en nostre service» aide et secours nostre très chier et amé cousin le duc de Bronszwich, son frère, acompaigné de certain grant nombre de chevaliers, escuiers et autres gens de guerre, paiez pour trois moys et plus, et que desjà nostre dit cousin de Bronszwich et sa dicte compaignie sont ou païs d'Auxoys , sur les marches des pais de Bar et de Lorraine , par lesquelz les convient passer pour venir et entrer en nostre païs de Champaigne. Pour quoy nous, qui dudit aide et secours sommes très joyeux, car nous le pensons brief em* ployer avec jioz autres vassaulx et subgiez au recouvrement d'aucunes noz villes, chasteaulx et autres places que noz anciens ennemis et adversaires les Ângloys occuppent de présent tant es marches de noz païs et seignories de par delà comme autre part en nostre royaume, et mesmement à la vuidange des places d^Angleure. Pleure et autres, estans en nostre dit païs de Champaigne, qui, ou content des trêves et abstinances de guerre prinses entre
1 . Original sur parchemin, avec traces de cachet. Archives de Reims.
1432 y PIÉGER JUSTIFICATIVES. 321
nous et nostre cousin le duc de Bourgoigne, se sont tournées et mises en Tobeissance desdiz ^ngloys, en quoy faisant, et aussi pour l'adresse et conduite de nostre dit cousin de Bronszwich, qui oficques maiz ne fu en nostre royaume, par quoy est besoing que noz chiefz et cappitaines de guerre estans par delà voisent à rencontre de lui et le acompaignent honnourablement, ainsi que à son estai appartient, conyendra faire de grans fraiz, missions et despenses, vous mandons, commandons et expressément enjongnons, sur tout le plaisir et. service que faire nous desirez, et si chier que amez nostre honneur, que nostre dit cousin de Bronszwich et sa dicte compaignie recevez et recueillez le plus honnourablement que vous pourrez, en lui faisant pleine ouverture de voz villes, citez et places, en manière que nostre honneur y soit gardé et que nostre dit cousin ait cause de soy en louer à nous, car le service, plaisir et honneur que lui ferez nous le reputerons fait à nous mesmes. Et oultre vous prions très affectueusement et tant que plus povons, et neantmoins mandons et commandons très estroîctement que, pour aidier à soustenir et supporter les grans fraiz, missions et despenses que faire convendra à nosdiz chiefz de guerre et cappitaines à l'occasion des choses dessus dictes, et aussi pour les charrois, voictures et conduite des vivres, canons, artillerie et autres habillemens de guerre qui seront neccessaires pour lesdictes places redduire ou mectre par main armée en nostre main et obéissance, vous leur aidiez et secourez prestement et sans aucun delay d'aucune somme d'ai^ent telle que par les gens et officiers de nostre justice de par delà et vous sera advisé, et aussi leur aidiez de bombardes, canons, pouldres, couleuvrines, vivres, gens, et autres choses qui leur seront neccessaires pour le fait, redducion et prinse desdictes places occuppées par nosdiz ennemis, et aussi pour le reboutement d'iceulx et autrement. Et tant en faictes, et en ce tellement vous gouvernez que aux entreprinses de nostre dit cousin, par vostîe coulpe ou négligence, n'ait aucune faulte. Et, en ce faisant, nous ferez ung des grans et agréables plaisirs et services que jamaiz faire nous pourrez, lequel nous vous recongnoistrons en temps et lieu, en manière que bien en devrez estre conlens.
Donné à Crissé, le x* jour de février.
CHARLES
COINGNET*.
i. Original sm* parcbemio. ArchîTes de Reims.
Le Roi aux habitants de Lyon
Vienne, 26 avril 1131.
De par lb Rot.
Ghiers et bien amez, nostre très chior el amé cousin et connestable le conte de Richemont nous a donné à entendre que, à cause de Taide à nous octroyé ou mois d'octobre mil luic xxv, lui devez la somme de deux mille deux cens livres tournois pour reste d'une assignacion de plus grant somme à lui faicte sur le receveur dudit aide, de paier laquelle somme de ii™ iic livres vous avez esté refhisans, soubz umbrc de ce que dites en avoir eu d^enae de nous; et pour ce nous a requis que par vous lui en vueillons faire faire paiement. Si vous mandons bien expressément que, nonobstant toutes deffenaes qui de nous ou d'autres pourriez avoir eues au contraire, vous paiez à nostro dit cousin el connestable ladicte somme, afin qu'il s'en puisse aidier à conduire la charge que baillée lui avons oultre les rivières de Seine et Yonne, et gardez ,que faulte n'y ait, autrement nous lui donnerons sur ce la provision telle qu'il appartiendra.
Donné à Vienne , le xxvi" jour d'avril.
PiCART » .
Le Roi aux habitants de Reims Montereau, ti septembre 1437.
A noz 1res chiers el bien amez les fjens (Veijiisc, bouvgois et
habilans de bi ville de Reims.
De par le Rot.
Très chiers et bien amez, il est 1res grant faulte de pouldres en nostre siège de Monstereau, et ne s'en puet recouvrer par deçà aulre part que en nostre ville de Paris, de laquelle nous en avons fait et faisons venir tout ce qui se y en est peu et puet trouver. Et
1. Original sur parchemin, avec traces do caciiet. Ai-ctiives de liyon, AA àâ, f<»l. 46.
pour ceste cause et autres, envoyons hastivement par delà maistre Jehan Courtinelles, nostre secrétaire. Si vous prions et mandons, sur tout le service que faire nous desirez, que incontinent, en toute haste, nous en vueilliez envûy<er jusques à quatre milliers, ou plus se plus 's'en puet trouver en vostre ville, et vous nous ferez très grant plaisir et service, comme par nostre dit secrétaire pourrez plus à plain savoir, lequel vueilliez croirre de ce qu'il vous en dira, et sur ce faire toute la grant diligence que vous pourrez, et aussi de faire paier voz gens qui sont en nostre dit siège, le paiement desquelz est flailli.
Donné en nostre dit siège, le xxi^ jour de septembre.
CHARLES, r Fresnoy K
Le Roi aux habitants de Reims
MoDtereau, 5 octobre 1437.
A noz chiers et bien amez les gens d'église, bonrgois et habitans
de la ville de Reims.
De par le Roy.
Chiers et bien amez , après ce que nous avons fait remonstrer aux gens des trois estaz de noz pais de par deçà les rivières de Seine et d'Yonne les grans charges et afDaires que avons à supporter à l'occasion de la guerre, et mesmement pour le fait du siège de Monstereau et l'entretenement et conduite de nostre armée et entreprinse , pour lesquelles mener à fin nous est besoing et neccessité de recouvrer hastivement finances de toutes pars, ou autrement serions en aventure d*en cheoir en inconvénient irréparable , nous avons ordonné certain aide estre présentement mis sus en nos diz pais et es bonnes villes d'iceulx , à cause duquel la ville de Reims est imposée et tauxée à la somme de deux mil deux cens livres tournois, c'est assavoir les ^ens d^eglise à deux cens livres, et les autres, habitans à la somme ie deux mil livres tournois; et pour ce que ladicte somme ne pourroit pas estre si tôs]» imposée et levée