Lettres sans date dans le ms. fr. 5909, f
3. Thomas, Les Étais provinciaux de la France centrale sous [Charles] VII, t. I, p. 230 et 244 ; Relation , dans Uuplès-Agier, l, c, p. 212.
des États d'Auvergne*. Là furent prises d'importantes résolutions. Dans un conseil auquel assista le duc de Bourbon, le Roi trancha, contrairement à Tavis de ce prince et de ses partisans, la question, depuis longtemps restée en suspens, de la reprise des négociations avec l'Angleterre ; puis il décida que les routiers, appartenant en bonne partie au duc de Bourbon, qui guerroyaient en Lorraine et en Allemagne, seraient immédiatement rappelés, et qu'on les enverrait assiéger Meaux ou Creil. Un des familiers du Roi partit aussitôt pour les faire venir directement, sans leur permettre de traverser les terres du duc de Bourgogne'.
Après avoir célébré à Riom les fêtes de Pâques ^ Charles VII partit ][)our le Puy, car il aimait à visiter en pèlerin le sanctuaire de Notre-Dame*. Il présida dans cette ville les États de Languedoc , et y passa près d'un mois , recevant les doléances de ses sujets. Sur la demande des États, il investit le Dauphin de la lieutenance générale en Languedoc*. Le jeune Louis fut aussitôt envoyé à Toulouse, assisté d'un Conseil où figuraient son gouverneur le comte de la Marche, les évêques de Toulouse et de Poitiers, Hugues de Noé, les sires de Gamaches et d'Estissac, et Régnier de Bouligny. Charles VII avait convoqué les États du Dauphiné à Vienne, où il comptait se trouver le 12 mai : la peste, qui sévissait dans la contrée, ol)ligea de transférer la réunion à Lyon. En se rendant dans cette ville, le Roi rencontra une troupe considérable de gens de guerre; cette bande revenait de Lorraine et d'Allemagne, et venait le joindre à Lyon, en traversant les terres du duc de Bourgogne, au lieu de se diriger sur Meaux, comme il l'avait prescrit. Un grand nombre étaient sans armes, démontés, malades, dans le plus piteux état. Touché de leur misère , le Roi s'empressa de leur