Voir cbapitre i, p
6. « Mit telle provision à Saint-Denis et ailleurs que les Anglois n'osèrent secourir iceluY Marché. >^ Berry, p. 403. Cf. Monslrelet, t. V, p. 389-90, et Gruel, p. 388-89.
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de Languedoc devait se tenir à Paris , le 25 septembre , pour trancher la question de la paix avec l'Angleterre, qui venait de se poser aux conférences de Gravelines. Le Roi ne voulait point résoudre un si grave problème sans le concours des trois États de son royaume *. 11 arriva dans sa capitale le 9 septembre; mais la ville était dans une situation si précaire, qu'il dut renoncer à y tenir la réunion projetée. Dans le cours de Tannée 1438, cinq mille personnes étaient mortes de la petite vérole , et la disette avait succédé à l'épidémie : les vivres atteignaient un prix exorbitant ; à chaque instant les loups pénétraient dans la ville et y faisaient d'affreux ravages -. Les Parisiens , mécontents de l'administration du connétable , qu'ils accusaient d'épargner les Anglais et qu'ils qualiflaient de « très mauvais homme et très couart', » étaient loin d'être favorables au Roi. Ils prétendaient qu'il ne tenait pas plus compte de l'Ile-de-France, de la guerre, ni de son peuple que s'il eût été prisonnier des Sarrasins*. A vrai dire, ils avaient à se plaindre , non seulement des courses incessantes des Anglais, qui rôdaient sans cesse autour de la ville, mais des désordres auxquels se livraient impunément les garnisons des places voisines'. Car le Roi était plus impuissant que jamais
1 . Voir aux Pièces justificatives les letlrcs de convocation en date du 25 aoûl. Cette réunion avait été annoncée à Gravelines (voir chapitre iv) comme devant se tenir à Paris ou dans les environs. Jouvenel des Ursins qui, dans son ÉpUre de 1440, constate que, convoquée à Paris, elle fut transférée à Orléans, s'en fait un grief contre Charles VU. Ms. fr. 2701 , f. 9 v^-lO.
2. c( Item en celui temps, especialment tant comme le Roy fut à Paris, furent les loups si esragez de menger cher de homme, de femme ou d*cnfens que, en la darraine sepraaine de septembre, estranglerent et mangèrent quatorze personnes, que grans que petiz, entre Montmartre et la porte Saint-Anthoine , que dcdens les vignes que dcdens les mares; et s'ils trouvoient ung tropeau de bestes, ils assailloient le berger et laissoient les bestes. La vigille Saint-Martin fut tant chassé un loup terrible et orriblc, que on disoit que lui tout seul avoit fait plus des douleurs devant dictes que tous les autres ; celui jour fut prins, et n'avoit point de queue; et pom* ce fut nonuné Courtaut; et parloit autant de lui comme [on fait] d'un larron de bois ou d'un cruel cappitaine; et disoit-on aux gens qui alloient aux champs : a Gardez-vous de Courtaut! » Journal d'un bourgeois de Paris, p. 348.
3. L'auteur du Journal d'un bourgeois de Paris, qui parait être Jean ChufTart, chanoine de Notre-Dame , s*est fait l'écho de ces plaintes , et a formulé lui-même un jugement très sévère à Tégard du connétable. Voir pages 340-41 et 346-47.