‹ Histoire de Charles VIIChapitre 49 sur 340 · Saint-Remy, t. II, p · texte numérisé non relu

Saint-Remy, t. II, p

74 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1435

les Anglais n'allaient-ils pas faire place à uae hostilité déclarée f A la date du 26 septembre, Philippe avait adressé à Henri VI une lettre dans laquelle il exposait ce qui avait été fait à Arras pour la conclusion d'une paix générale , et sollicitait vivement le gouvernement anglais d'accepter les offres que, sur ses instances, les ambassadeurs français s'étaient décidés à produire *. Trois jours après , Jean le Fèvre , seigneur de Saint-Remy , roi d'armes de la Toison d'or, partait pour l'Angleterre, en compagnie du héraut Franche-Comté et d'un frère mendiant, docteur en théologie , chargé de remettre à Henri VI des lettres des cardinaux de Sainte-Croix et de Chypre en faveur de la paix *. Toison d*or avait pour mission de faire valoir les motifs qui avaient amené le duc à conclure une paix séparée : si , cédant à la nécessité , il avait consenti à traiter avec Charles VII , en lui pardonnant le meurtre dont il s'était rendu coupable, il n'entendait point pour cela entrer en guerre avec le roi d'Angleterre ; il voulait au contraire s'employer, par tous les moyens en son pouvoir, à la conclusion de la paix; il avait déjà obtenu de la partie adverse d'importantes concessions , qui n'allaient à rien moins que l'abandon aux Anglais de la tierce et meilleure partie du royaume ; les offres qu'il transmettait au roi d'Angleterre lui semblaient donc mériter d'être acceptées '.

Mais une telle mission n'avait aucune chance de succès. Un cri unanime de colère et d'indignation avait retenti parmi les Anglais , tant en France qu'en Angleterre , quand on avait vu le duc de Bourgogne séparer sa cause de celle de Henri VI et s'unir au prince qu'il considérait jusque-là comme son plus mortel ennemi. Rien, d'ailleurs, n'avait été épargné pour agiter l'opinion et pour mettre en lumière la trahison du duc. Dès le 0 septembre , avant de quitter Arras , les ambassadeurs anglais avaient rédigé un mémoire où étaient exposés les faits qui avaient précédé la rupture des négociations. Par décision du Conseil siégeant en France , ce mémoire avait été envoyé à

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