‹ Histoire de Charles VIIChapitre 68 sur 340 · LES CONFÉRENCES DE GRAVELINES · texte numérisé non relu

LES CONFÉRENCES DE GRAVELINES

Nous avons les réponses faites par la chancellerie royale à chacun des articles; elles sont pleines de modération, et témoignent du désir qu'on avait de ménager le duc et d'éviter les conflits. Le Roi accède à la nomination de commissaires qui régleront les questions en litige; il consent à interdire au Parlement de connaître des affaires soulevées par la récente guerre de Gand; il donne satisfaction au duc sur un grand nombre de points de détail *.

Un projet de mariage entre le fils du duc Philippe et une fille du Roi paraît avoir été mis en avant dès le lendemain du traité d'Ârras ^ Il fut repris dans le courant de l'année 1438. Jacques de Crèvecœur, qu'un chroniqueur qualifie de « moult sage et prudent seigneur •; » Etienne Armenier, président du Parlement de Bourgogne, et Philippe de Nanterre, niaître des requêtes de l'hôtel du duc, furent les négociateurs de ce mariage , destiné à « entretenir l'alliance , amour et affection » que le duc et la duchesse portaient à monseigneur le Roi et à sa maison, et à les « augmenter et accroître. » Leurs pouvoirs sont du 8 septembre*; mais, dès le mois de juillet, ,ils s'étaient mis en route pour aller trouver le Roi", qui les accueillit avec empressement •. Pendant près de trois mois il y eut un perpétuel échange de communications entre le duc et ses ambassadeurs, auxquels fut adjoint le célèbre Hugues de Lannoy ^. Après de loùgs pourparlers fut signé à Blois (30 sep-

1. Copie contemporaine sans date, Archives de la Gôte-d'Or, B 11904; autre copie, incoDipiète an début, 11906. — Ce document a été utilisé par le continuateur de D. Plancher (t IV, p. 229), qui le place à Tannée 1436, sans s'apercevoir qu'il y fait allusion à la gnerre de Gand. Nous croyons qu^il se rapporte à l'ambassade de février 1438.

2. C'est au moins ce qu'affirme Saint-Remy (t. II, p. 366), qui devait être bien informé.

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