Monstrelet, t. Y, p. 308-316; Berry, p
5. Monstrelet, t. Y, p. 311-12. «c II s'excusa devers ledit duc de lui armer, disant qu'il avoit encore à renvoyer le sairement qu'il avoit fait aux Âçglois , et que bonnement ne se povoit armer contre eulx. > — Voir le pompeux éloge fait de ce personnage par le trop complaisant Georges Chastellain (t. II, p. 172-73).
jusqu'en 1439 *. Une autre calamité prenait d'effroyables proportions : nous voulons parler de Yescûrcherîè, ce fléau si ancien et si invétéré dont la France avait eu à souffrir dès le temps de Charles V, et qui, sous des formes multiples, s'était perpétué au milieu des guerres et des discordes civiles. Les gens des garnisons, comme ceux du plat pays, ne vivent que c< de rapine et de proie*. » Les « Compagnies » se multiplient dans une proportion effrayante : les escorxhetirs , comme on les appelle si justement^ sont dans le Hainaut et le Gambrésis, d'où il faut qu'une armée, réimie à Douai, vienne les chasser*; ils sont dans l'Auxerrois et le Tonnerrois,.où Forte-Épice, un des plus redoutables routiers, s'empare de Mailly'; ils sont en -Picardie , où le duc de Boui^ogne envoie contre eux des troupes pour venger la mort d'un de ses plus fidèles serviteurs*; ils sont dans le Bourbonnais , où ils tuent dans ime embuscade le bailli de Berry, Giraud de Goulard'; il sont sur la frontière du Maçonnais, où ils ravagent la contrée^; en Barrois, semant la terreur dans les terres du roi René^; en Normandie, d'où ils se répandeût dans le Vimeu et le Ponthieu et organisent une expédition que Jean de Croy est chargé de repousser*®. Partout mêmes désordres , mêmes pillages , mêmes cruautés : c'est une véritable émulation de rapines et de meurtres, à laquelle les plus célèbres capitaines et même des grands seigneurs ne restent point étrangers : Ghabannes , les deux Blanchefort, Brusac, La Hire, le bâtard de Bourbon, Louis de
1. MoDstreiet, t. Y, p. 319-20 et 339; Journal d'un bourgeois de Paris, p. 3i1 et suiv.
2. < Tout le tournoiement du royauloie de France estoit plain de places et de forteresses, vivans de rapines et proie, i» Olivier de la Marche, édition publiée par MM. Beaune et d'Ârbaumont pour la Société de Tliistoire de France, 1. 1, p. 243.
3. c Et la cause pour quoy ilz avoient ce nom , si estoit pour tant que toutes gens qui estoient rencontrés d*eu]x, tant de leur parti comme d*aultre, estoient desvestusde leurs habillemens tout au net jùsques à la chemise. Et pour ce, quand ycenix retoumoient ainsy nuds et devestus eh leurs lieux, on leur disoit qu'ils avoient esté en les mains des Escorcheurs, en eulx gabant d'e leur maie advenlure. » Monstrelet, t. V, p. 317-18.
•i. (^at, L c, p. 376.