Beaurepaire, l. c, p
i Chartier, t. I, p. 235 ; Journal d'un bourgeois de Paris , p. 332 ; Grue), p. 387.
5. Voir sur cette conspiration, la chronique ms. de Du Chesne, f. i0i-i04 v», le Journal d*ùn bourgeois de Paris y, p. 330-31, et quelques lignes de Monstrelet, t. V, p. 279-80. C'est par en*eur que, dans une note de son Histoire de Charles Vfl{t. II, p. 400), M. Vallet place le fait en 1438.
France, n'aurait pas dû, ce semble, laisser s'aggraver de la sorte. Le Roi se mit aussitôt en campagne.
Les hostilités s'ouvrirent au mois de juillet, par la prise des villes de Chamy , Ghâteau-Landon et Nemours. De là l'armée se porta sur Montereau, où, comme on le verra, le Roi fit noblement son devoir. La place fut emportée d'assaut (10 octobre); quinze jours- après le château capitula. Par ses résultats militaires, par le prestige qu'en reçut le représentant de la royauté, ce brillant succès devait entraîner d'incalculables conséquences* A Paris et dans tout le royaume éclata la joie la plus vive* : on sentait qu'une impulsion nouvelle allait être donnée à la direction du gouvernement.
La guerre n'avait point cessé en Normandie. Au printemps, La Hire et Saintrailles tentèrent un coup de main sur Rouen, où ils s'étaient ménagé des intelligences. Mais les Anglais étaient sur leurs gardes : il fallut battre en retraite ; les deux capitaines n'échappèrent qu'avec peine aux poursuites de Talbot et de Kyriel*. Durant le siège de Montereau, l'ennemi fit de grands préparatifs pour attaquer le château de Tancarville, resté, avec quelques autres places de la basse Seine, au pouvoir de Charles VIL L'absence de direction retarda un moment cette entreprise. Le duc d'York venait d'être destitué ; le comte de Warwick avait accepté (26 avril) la lieutenance en France , dont il fut investi par lettres du 16 juillet 1437', Retenu par diverses circonstances et par les vents contraires , Warwick ne s'embarqua que le 6 novembre; à son arrivée, il trouva Tancarville aux mains des Anglais^, ainsi que deux autres places de moindre importance. Le nouveau gouverneur passa
1. « La dicte place d« Montreau prinse, toute la compaîgnie du Roy fut moult en joye. Si furent Paris et toutes les autres bonnes villes de robeissance du Roy et tout son peuple. » Chronique d'Alençon, dans Du Chesne» f. 106 v».
2. Monstrelet, t. V, p. 281. Il y a dans le chroniqueur un double récit de cette expédition ; cf. p. 297. On voit par des lettres du 26 janvier li37 que les Anglais étaient sur leurs gardes et tontes les nuits faisaient faire « les escoutes y par quatre Anglais, hors des portes de Rouen. Stevenson, t. II, p. 286.
3. Rymer, t. V, part. I, p. 42. Cf. Proceedings, t. V, p. 17 ; Stevenson, t. II, p. lxvi.
4. Fioquet, capitaine (Je Tancarville, était venu à Montereau demander du secours au Roi, qui lui en avait promis; mais il capitula un mois avant le moment fixé pour l'envoi de ce secours.
en revue ses gens de guerre à Rouen, et fit voter par les États une imposition de trois cent mille livres*.
Au milieu de sa lutte avec les Brugeois , qui venaient (novembre 1437) de mettre le siège devant L'Écluse, le duc de Bourgogne fit assiéger Le Crotoy, pris naguères par les Anglais grâce à son assistance*. Le duc vint à Hesdin et parut im instant sous les murs de la place. De grands préparatifs militaires furent faits pour la secourir* : Talbot et d'autres capitaines s'avancèrent à la tête de cinq mille hommes. Tandis que Philippe se tenait à Abbeville, l'armée anglaise occupa l'abbaye de Saint- Valéry, envoya ses coureurs devant Le Crotoy, et se répandit dans toute la contrée. Cette simple démonstration suffit pour faire lâcher pied aux chevaliers picards , qui levèrent honteusement le siège. Les Anglais ne trouvèrent plus d*ennemis à combattre, et si les capitaines français du pays de Caux n'avaient, au retour, harcelé leurs flancs, ils seraient rentrés à Rouen sans avoir eu à tirer l'épée*. Un fait significatif se produisit durant cette expédition : l'ancien lieutenant du duc de Bourgogne dans ses luttes contre la France, Jean de Luxembourg, comte de Ligny, refusa de combattre les Anglais. Ce fut l'origine d'un profond dissentiment entre Philippe et son puissant vassal, qui moumt peu après, toujours fidèle à la cause de Henri VI*.
L'année 1437 se termina àous de, tristes auspices. La peste faisait, sur divers points du royaume, d'affreux ravages; partout la famine sévissait et la cherté des vivres allait croissant. Monstrelet nous apprend que cette « pestilence » dura
1. Berry, p. 39&-97 ; les CrotUcques de Normendiet p. 86 ; Chronique d'Alençon, dans Du Chesne, f. 107; Beaurepaire, /. c, p. 64-65.
2. C'est à tort que, d*accord avec M. Vallet.(l. II, p. 338), nous avons dit plus haut (voir notre t. II» p. 53) que, au commencement de 143^, Le Crotoy fut pris sur les Anglais, en même temps que Rue, par Charles des MareU. Le Crotoy était depuis le mois de mars- 1424 aux mains de Tennemi.
3. Voir les montres en date des 26, 29 et 30 novembre : Montres, vol. 11 , n*" 1273 à 1277; voL 12, n* 131 ; cf. aairambaull, 170, p. 5475, et 171, p. 5477.