Œuvres de Georges Chastellain, t. Il, p
loyales , une connivence coupable avec les chefs de bande en révolte contre Tautorlté royale , voilà par quels nouveaux exploits Charles de Bourbon se signalait*. Quand, au lendemain de l'occupation de Paris , Charles VU avait voulu mettre sa capitale à l'abri des routiers , il avait dû composer avec le duc de Bourbon, de q^i dépendaient tous les capitaines des places voisines. . Un traité en (orme avait été passé, déterminant les conditions auxquelles ces places seraient remises au Roi *. Le duc avait demandé que la garde lui en fût confiée ; il fut très courroucé de se voir préférer le bâtard d'Orléans. A ce propos il eut avec le Roi une vive altercation, et de « grosses paroles » furent échangées ^
Le duc de Bourbon n'en resta pas moins à la Cour, avec le rang dû à sa qualité de prince du sang et à son titre de grand chambrier. Il y comptait, nous l'avons vu, d'anciens et fidèles amis parmi les conseillers les plus influents^. Mais bientôt, condamné à un isolement qui blessait son orgueil et contrariait ses plans ambitieux , il se lança de plus en plus dan» l'intrigue et ne craignit pas de désobéir aux ordres du Roi. Il entretint des relations avec le duc de Bretagne , toujours prêt à passer d'un parti à l'autre ; avec le duc d'Àlençon, ruiné par la guerre et pressé de refaire sa fortune ' ; avec le vieux comte de Yendôme qui , à de nobles qualités , mêlait , paraît-il , un grain de folie • ; et même avec le bâtard d'Orléans , auquel il s'efforça de persuader que le Roi ne désirait pas la délivrance du duc Charles. Le duc avait en outre, au sein du Conseil, deux
i. Mémoire publié parmi les Preuves de notre édition de Malhieu d*Esconchy, p. 5-7. Ce mémoire, rédigé à Montfernmt, en pleine Praguerity et destiné à être plaicé sous les yeux des princes, est écrasant pour le duc de Bourbon.
2. 1,500 écus pour la Bastille, qui devait être livrée le i*^ janvier 1437 ; 6,500 écus pour Corbeil, le Bois-de-Vincennes , le Pont-de-Charenton, Brie^omte-Robert et le Pontde-Saint-Cloud qui devaient être évacués un an plus tard. Ces renseignements nous sont fournis par le Mémoire de Louvet, déjà cité, qui, se trouve aux Archives de Torjn.