La Cronique tnarlinienne , f. gclxxxv v
2. C'est sous ce titre que le bâtard d'Orléans apparaît désormais dans l'histoire ; le comte de Dunois lui fut donné par lettres du duc d'Orléans en date du 21 juillet U39.
3. « Et en continuant son propos , trouva moyen de faire venir tous les capitaines qui esloicnt venus du siège d'Avranches à Angiers ; par la venue desquels et d'aucuns d'eolx et d'autres, cuida prendre le chasteau d' Angiers, où estoit le Roy, délibéré de tuer les plus prochains et principaux serviteurs qui estoicnt entour luy. » Mémoire cité, p. 7-8.
1440 LA PRAGUERIE. 119'
« contens de la Court; s*il vous -plaist, vous me doiiuerez oougié « de leur tenir compaignie d'en dire le pis que nous pourrons. » — « Beau cousin, répondit le Roi, vous direz ce que vous vouff drez de mal* de moy, mais quant à moy je n*en diray point « devons*. » '
Peu de jours après le duc de Bourbon réunissait tous les mécontents au ch&teau de Blois. Un conseil fut tenu , en présence du duc d* Alençon , du comte de Vendôme , du comte de Danois', du sire de Chaumont, du sire de Prie*, et de plusieurs capitaines qui, au lieu de se rendre dans leurs garnisons, suivant Tordre du Roi , s'étaient arrêtés à Blois. La Trémoille , informé des menées des princes, leur avait fait dire secrètement qu'il voulait être de leur alliance, et les aiderait de sa personne et de ses biens*. Le duc d'Alençon fut envoyé vers le Dauphin, alors à Niort. Déjà Chaumont et sa femme s'étaient chargés de le sonder, et n'avaient pas eu de peine à le décider à entrer dans la conjuration *.
En même temps le duc de Bourbon conclut un traité avec le duc de Bretagne , pour « rafraîchir et confirmer, au bien du Roi et de sa seigneurie , » les anciennes a amitiés et alliances >:^ qui de tout temps avaient existé entre leurs maisons. Le 18 janvier, le duc Jean V, considérant que « toujours il avait désiré le bien , honneur et prospérité de Monseigneur le Roi et l'entretenement des amours et alliances entre lui et sou beau cousin » le duc de Bourbon, promettait de l'assister en tout ce qu'il entreprendrait concernant « le proffit, bien et utilité, état et honneur du Roi et de sa seigneurie*. » Ce qu'entendait par là le duc de Bretagne, on peut s'en rendre compte en lisant les instructions données par Henri VI, le 4 février
t. Mémoire dU, p. 10.
2. Je suis ici le récit de Beri^, qui nomme parmi les princes présents à Blois ie dur d'Alençon et le comte de Danois. Le mémoire de la chancellerie royale dit que le premier avait anssitôt été envoyé à Niort ; il cherche à pallier les torts da second.
3. Il était beaa-frëre de Pierre dWmboise, sire de Chaumont, ayant épousé Madeleine d'Amboise.
i. Berry, p. 407.
5. Mémoire cité, p. 7. — La dame de Chaumont était Anne de Bueil.
6. Lettres du duc de Bretagne. Original signé, Archives. P 1358"î, rote 595 ; éditées dans D. Morico, t. II, col. 1325.
suivant, à un de ses ambassadeurs : le roi d'Angleterre faisait remercier ce prince du « très bon et loyal vouloir » qu'il avait au « bon bien et à Tentretenement » de ses pays et de sa seigneurie, des « bons àdvertissements.» que, par diverses fois, il lui avait donnés, et des « diligences et offres » qu'il lui avait faites de joindre ses troupes à celles d'Angleterre lors du siège d'Avranches par les Français *.
Le jeune Louis était alors âgé de seize ans. On a vu de quelle sollicitude le Roi Tavait entouré , quelle confiance il lui avait témoignée en l'associant aux affaires de l'État*. Tout récemment il venait de lui donner une nouvelle marque de confiance : il l'avait chargé de se rendre dans le Poitou et la Sain^tonge pour mettre un terme aux désordres incessants des gens de guerre et agir contre tous ceux qui résisteraient aux ordonnances royales. Trois conseillers du Roi accompagnaient le Dauphin et devaient procéder juridiquement contre les coupables ^ C'est dans le cours de cette mission * que Louis ne craignit pas de trahir la confiance de son père *en se joignant aux princes révoltés ^
^ A peine le duc d'Alençon fut-il arrivé à Niort que le Dauphin congédia son gouverneur, le comte de la Marche , disant qu'il ne voulait plus se soumettre à sa direction, que l'heure était